07/01/2007

On s'arrête au Luxembourg?

 

 

(ce message aurait dû être posté depuis Bangkok, si j'avais eu un tout petit peu plus de temps)

 

Salut à tous,

je vous avais donc laissé le 1er janvier alors que j'attendais mon car pour rentrer sur Bangkok. J'en ai profité pour retourner faire un petit tour du côté du Marché du matin (...qui reste ouvert toute la journée) pour liquider mes derniers kips que je ne peux en aucun cas utiliser en Thailande alors que les baths thailandais sont utilisés comme seconde monnaie nationale au Laos.

Le problème de la monnaie laotienne, c'est qu'à force de dévaluer, on en arrive à avoir peur de changer plus de 20 USD à la fois. En effet, pour 1USD, on reçoit 10.000 kip et comme ils utilisent principalement des billets de 5.000, je vous laisse imaginer ce qui arrive quand, comme moi, vous changez 150 USD le jour de votre arrivée dans le pays... La bonne nouvelle, c'est que j'étais millionnaire, la mauvaise, c'est que je n'avais pas de brouette pour transporter mon fric...

Bref, le marché de Vientiane est une sorte d'énorme bazar où les rayons de fruits et légumes cotoient les cds et dvd locaux, les vrais/faux articles de confection tels que nous les connaissons en Europe, les joalliers ou les réparateurs de télés. Vous pouvez aussi y trouver des frigos, de la literie, des casserolles et tout ce que vous pouvez imaginer.

Je termine mes achats au rayon des montres dont on m'assure que ce sont des vraies. Je négocie une superbe Breitling pour 55 USD mais on coince sur ce prix alors que je ne voulais pas en donner plus de 50.

Bon, je retourne attendre mon bus à l'hotel au milieu de l'après-midi. En réservant le ticket, le gars de l'agence m'a dit qu'on viendrait me chercher directement à l'hotel. Vu que je suis dans une rue très étroite, je m'attends à être dropé par un tuk-tuk ou par un mini-van... et bien pas du tout: vers 17h05,le bus qui doit nous amener jusqu'à la frontière vient me chercher devant mon guest... comme il le fera pour la trentaine de passagers. Pendant plus d'une heure, ce grand bus va zigzaguer de guesthouse en guesthouse dans des rues beaucoup trop étroites pour qu'il puisse manoeuvrer. En plus, on s'arrête devant un tas d'hotels d'où personne ne sort finalement. En effet, après avoir fait cette tournée, on se retrouve à environ 50 mètres de mon hôtel où se trouve une sorte de check point où l'on récupère les derniers passagers. Bref, 1h30 après avoir embarqué, je suis à moins de 100 mètres de mon point de départ. Chouette organisation: ils sont quasi aussi doués que les Indiens (je parle des habitants du pays de Gandhi, pas de Geronimo) pour tout ce qui touche à l'organisation et aux horaires des transports...

En route donc pour le Pont de l'Amitié, seul passage terrestre entre le Laos et la Thaïlande jusqu'à la semaine dernière où un second pont a été inauguré. On nous débarque donc juste à la frontière où je suis à nouveau surpris par la facilité avec laquelle on passe la frontière laotienne: c'est à peine si le douanier regarde mon passeport. Par contre, son collègue qui réclame les 0,35 euro de taxe vu qu'on passe en dehors des heures d'ouverture gratuite de la frontière est vachement pointilleux. Heureusement qu'il me reste quelques kips.

De l'autre côté de la frontière, tout change: on passe d'un accompagnateur habillé de manière très simple (pantalon de toile, chemise informe et tongs) du côté laotien pour être accueillis par deux jeunes en veste en jeans et baskets avec de longs cheveux retenus par un bandana pour un des deux, du côté thaï. En plus, dans le bus il y a de la musique occidentale à fond la caisse.

Une fois qu'on est tous installés, on démarre pour moins de 3 minutes jusqu'à la frontière thaï pour l'entrée officielle dans le pays. Pas de problème malgré les attentats de la nuit précédente.

Dans le bus, alors qu'il y a un tas d'asiatique (donc de nains de jardins), je me retrouve à côté d'un allemand qui traverse la moitié de l'Asie en vélo et qui retourne à Bangkok en bus pour y récupérer sa femme. Il mesure quasi 2 mètres et on manque singulièrement de place. Comme pour nous narguer, un couple de thaï est assis juste devant nous et ils ne manquent pas de place, eux...

Bref, après la frontière, on s'arrête après 5 bonnes minutes pour manger un riz sauté dans un restoroute pour touristes; c'est pas le meilleur repas pris durant mon voyage, mais au moins ça cale pour la nuit.

On redémarre enfin. Il est 22h30, j'ai quitté mon hotel depuis 5h30 et on doit avoir fait moins de 80 kms depuis le départ. Après, heureusement, on va foncer. Pour moi, il est impossible de dormir et je m'assieds dans l'escalier entre les 2 étages de notre bus. Je suis rejoins par une hollandaise plus grande que moi qui ne sait pas dormir non plus. Elle voyage pour 7 mois et on discute de l'Asie durant tout le trajet jusqu'à Bangkok vu qu'aucun des deux ne peut dormir dans ce genre de véhicule. On est rejoint par un couple de Hollandais et par une Anversoise. Vers 1h du mat, on s'arrête dans un énorme complexe où se trouvent déjà une vingtaine de bus de nuit pour une petite pause. Ca nous fait tous penser aux départs d'étudiants pour les sports d'hiver avec l'arrêt obligatoire au Luxembourg pour faire le plein en essence, en cigarettes et en alcools divers.

 

Le bus fonce sur des routes en excellent état de sorte qu'il est 4h45 du mat quand on arrive à Khao Sand Road. Je retourne vers mon hotel de début de séjour où je précise que je paye pour la nuit suivante mais pas celle en cours. La gardienne de nut me prévient que c'est à partir de 6h00 du mat que la nuit suivante commence. Je décide donc de prendre tout mon barda et d'aller petit déjeuner en attendant 6h00. Heureusement que le quartier ne dort jamais. Sur une terrasse, je croise les nouveaux arrivants de la nuit, ceux qui sont en route pour le retour en Europe, les gars qui terminent leur nuit en mangeant des frites et en buvant une bière, les lève-tôt  et les putes qui n'ont pas trouvé de client pour la nuit. Vers 5h30, des moines passent dans la rue (perdus?) et se mélangent avec toutes les prostituées qui traînent. J'airais bien voulu photographier le mélange de ces deux mondes antinomiques mais je ne crois pas que c'était le moment....

 

A 6h00, retour à l'hotel où je prends une chambre et où je m'installe dans une chambre sans vouloir dormir vu que je veux être à 9h00 à l'ouverture des bureaux de Gulf Air. Je lutte jusqu'à 7h30 et je me lève, prends une douche et sors car je n'arrivais plus à lutter. Pour me rendre de l'autre côté de la ville, je prends une moto tax: c'est le plus dangereux, mais aussi le plus rapide. Il faut avoir rouler côte à côte à 70 kms/h entre un bus et un mur pour comprendre ce que c'est: ça vaut la peine, je vous le jure...

 

Arrivé sur place, l'employée me dit que pour le 3, le 4 et le 5 c'est full-full alors que pour le jour même c'est full. Je lui demande si je peux me rendre à l'aéroport et essayer de m'embarquer en payant le changement de billet, elle me dit que oui. Je reprends donc une moto-taxi pour rentrer, le gars fait un détour pour me montrer le lieu d'un des attentats du réveillon où des dizaines de flics sont en train de chercher des indices... au milieu des badauds et je rentre à l'hôtel. Douche et quelques achats, puis à 11h30 repas sur le pouce avant de prendre mon sac et de quitter l'hotel en leur précisant de garder ma chambre (payée!) jusqu'à 20h. Si à cette heure là je ne suis pas rentré, ils peuvent la louer. Je trouve une navette pour l'aéroport où je me rends le 2 janvier avec un billet de retour valable pour le 25 février. Une première pour moi!

 

A l'aéroport, j'attends l'ouverture du check in. La brave fille ne capte rien à mon problème vu qu'elle me dit qu'on est le 2 janvier ( je me doute qu'on est pas le 25 février, espèce d'andouille!) et elle appelle sa responsable qui finit par téléphoner à quelqu'un qui arrive 10 minutes plus tard. Je réexplique pour la 4e fois de la journée mon histoire et le gars disparait pendant 10 minutes qui me paraissent une éternité derrière son pc. Finalement, il me demande si je paye en Baths. Je lui demande de payer par Visa et il se casse avec ma carte en me disant que c'est 3500 Baths. Je suis tellement claqué qu'au lieu de diviser la somme par 45, je multiplie...ce qui me donne un chiffre astronomique bien trop élé vé pour moi. J'appelle la chef hotesse qui me rassure en me disant que ça fait environ 80 euros. Je suis gêné par ma connerie mais je suis tellement crevé que je me rends compte que j'ai plus vraiment mes derniers neurones connectés.

 

Finalement, je fais mon check-in et je passe la frontière. Je profite de toutes les installations de ce superbe nouvel aéroport, le plus grand d'Asie que certains d'entre vous découvriront certainement cet été. Par rapport à nos vieux aéroports européens, il a une qualité indéniable: il est super fonctionnel. Ca change de Roissy ou de Zaventem!

 

Finalement le retard est minime quand nous montons dans l'avion. celui vient de Honk Hong et est pleins de vieilles anglaises déchainées. En tant que "stand by", j'ai du bol: je dois prendre place au milieu du cheptel. La moitié d'entre elles me fait penser à la reine Elisabeth et l'autre moitié à Camilla. Elles passeront tout le trajet jusqu'à Bahrain à discuter sur 3 ou 4 rangées en criant de plus en plus fort. Dommage qu'il n'y ait pas moyen d'ouvrir les hublots, j'en aurais bien jeté quelques unes par dessus bord. Celle assise à côté de moi s'est levée 6 ou 7 fois sur le trajet. Fastoche pour dormir! Enfin, vu que l'avion est plein comme un oeuf, je me console en me disant que dans le tas, il y en a surement une qui a clamsé à Honk Hong et que c'est grâce à elle que j'ai pu récupéré une place. Je ne vais donc pas trop me plaindre.

 

A Bahrain, je dois me présenter dans un bureau pour faire valider la suite de mon voyage, mais comme on a 4 heures d'escale, tout roule... sauf que ma seconde nuit blanche d'affilée commence à me peser...  

 

La dernière partie du trajet est parfaite: on a enfin un avion de qualité et le service est impeccable. Donc, chez Gulf Air, tout se tient: si vous montez dans un avion correct, ous aurez un service de qualité. Par contre, si votre avion est une sorte d'épave rafistolée, dites vous bien que les hotesses sont dans le même état.

 

Arrivée à Roissy, les bagages sont annoncés avant d'être mis en attente... pendant juste une heure. Renseignement pris, l'ascenseur devant sortir les containers est tombé en panne! Je me disais bien que ça se passait trop bien!

Heureusement tout se passe finalement correctement et je peux prendre un tgv via Lille pour rejoindre Bruxelles... et mon lit. Avant de tomber dans les bras de Morphée, je suis quand même passé sur le net pour voir quelques destinations possibles pour mon prochain voyage... et surtout les périodes idéales pour s'y rendre. Alors, la prochaine destination pourrait être soit la Bolivie, soit Madagascar, soit le Népal, soit la Chine... ou éventuellement un retour au Laos pour faire le sud du pays, qui est, parait-il plus beau que le nord. Ca promet...

 

Dans les prochains jours, j'ajouterai encore un message en forme de bilan (il n'y aura que du positif... malgré Gulf Air) et je rajouterai bon nombre de photos. J'ai aussi quelques petits films sympas pris avec mon appareil photos que je vais essayer de caser quelque part avec l'aide de Terence.

 

Merci à toutes celles et à tous ceux qui m'ont suivi dans mon voyage. J'espère que vous y avez pris autant de plaisir à lire mes compte rendus que moi à les écrire. Merci encore pour tous les messages reçus, sous quelle forme que ce soit.

 

A très bientôt,

 

M.

 

01/01/2007

Adios Laos

 

Bonne année 2007 à tout le monde,

Ce petit message supplémentaire, juste pour rassurer ma famille: je n'étais pas à Bangkok au moment des attentats de cette nuit: je quitte Vientiane ce soir pour un trajet de 13 heures en bus de nuit. J'espère que tout se passera bien là-bas  et surtout que je ne m'y éterniserai pas.

Hier soir le réveillon fut tres calme: j'ai été manger au bord du Mekong (comme d'hab) avec deux petites japonaises qui étaient déjà mes voisines de chambre à Vang Vieng. Sympa mais à 21h30 elles sont parties se coucher. Reste seul je suis retourné a ma chambre pour ressortir 1h plus tard. Là, les 2 jeunes qui s'occupent de l'hotel commencaient leur repas et m'ont invité à me joindre à eux, ce que j'ai fait, plus par curiosité que parce que j'avais réellement faim. C'était cependant délicieux: de la vraie Lao Food avec les 

(ce message a été interrompu à la suite du crash inopiné des connexions internets dans l'endroit où je me trouvais. Toute tentative ultérieure de connexion fut quasi impossible et le texte que j'avais pondu, n'est jamais passé... Je vais donc essayer de le pondre une seconde fois...)

C'était donc de la cuisine 100% lao avec tous les aliments étalés sur la table. Chaque convive doit prendre une feuille de laitue dans laquelle il "emballe" du poisson (on enlève la chair avec les doigts), des noodles, du gingembre, des tomates, des piments, des petits oignons, des concombres et des tas d'épices et d'herbes succulentes (menthe, coriandre, ...). Le tout est alors nappé d'une sauce très piquante vraiment délicieuse. Il faut savoir que l'élémént de base de cette sauce, est du poisson qu'on laisse pourrir légèrement... Bon appétit!

C'est vers 23h00 que la télé locale nous a appris qu'une série d'explosions avait secoué la capitale thailandaise. Je suis finalement assez content de ne pas avoir écouté un groupe d'anglais et de danois qui m'avaient proposé de les accompagner à Bangkok pour y fêter le réveillon.

Les deux jeunes qui vivent dans le hall d'entrée de l'hôtel où ils dorment (lui par terre sur une natte devant l'entrée et elle dans une sorte de fauteuil) et étudient. En effet il s'agit d'étudiants qui payent leurs études en travaillant dans cet hotel-guesthouse dont la propriétaire est aussi sympatique qu'un échevin carolo venant de recevoir sa convocation à la prison de Jamioulx. 

Pour tout le travail fourni (ils s'occupent de tout), ces deux jeunes touchent chacun 50 USD par mois, en ayant aucun jour de congé... Finalement, on est pas si mal payés que ça en Belgique...

A 23h30, je suis parti rejoindre les berges du Mekong, où je retrouve d'autres touristes et une bonne Laobeer bien fraîche pour passer en 2007 tranquillement en regardant des dizaines de feux d'artifice se reflétant dans le Mekong.

Je crois que c'est le réveillon le plus calme que j'aurai jamais passé en Asie, mais il faut dire que Vientiane n'a rien à voir avec l'Inde ou le VietNam, question ambiance...

Finalement, je suis dans mon lit un peu avant 1h du mat... mais malgré les Boules Quiès, j'entends la sono tonitruante d'une des petites soirées privées organisées par les Lao, entre eux... bien que leur nouvel an ne soit prévu qu'au mois d'avril. De toute façon, quand on sait que la "fête" occidentale la plus prisée depuis 2 ou 3 ans, est Halloween, on n'est plus surpris de rien...

Ce premier janvier, il est donc prévu que je quitte (temporairement?) le Laos pour rejoindre Bangkok en bus de nuit. Le départ est prévu à 17h00 pour une arrivée à Bangkok aux environs de 6h00 du matin.

Profitez bien de cette nouvelle année qui s'annonce et à très bientôt,

M.

30/12/2006

Un boulanger-charcutier n'est pas un boucher-patissier

 

Salut tout le monde,

Vientiane, 30 décembre, 30 degrés... je ne crois pas que nous aurons un réveillon de Nouvel An sous la neige cette année...

Si vous n'avez pas eu de nouvelles avant, ça serait à cause d'un tremblement de terre du coté de Taiwan qui aurait foutu le bordel dans toutes les connexions Internet du coin. Bon, l'explication vaut ce qu'elle veut...

Pour le reste, ce matin au lever, tout le monde parlait de Saddam qui semble servir de guirlande de Noël (c'est la période) depuis l'aube d'après ce qui se dit...

Pour parler de choses sérieuses, je vous avais laisse à Vang Vieng où j'ai loué une moto pour aller me balader aux alentours: quel pied... J'ai fait exactement 200 Kms en remontant la route de Luang Prabang jusqu'a Kasi dans les montagnes. Au retour, j'ai flâné de village hmong en village hmong en admirant le paysage. Grosse et belle journée qui me convainc de plus en plus qu'il y a moyen de faire un chouette voyage en Asie en achetant une moto et en la revendant à l'arrivée...

Le soir, tous mes petits camarades m'ayant quittés, j'ai cherché une télé ne passant pas Friends pour suivre les matchs anglais traditionnels du Boxing Day (à cette époque, il n'y a qu'eux qui jouent).

Je me suis donc à nouveau retrouvé avec des anglais pour une très agréable petite soirée... agrémentée de 2 Laobeer (pour 1 match et deni) pendant que les angliches carburaient alternativement à la bière et aux cocktails maison. Il y en a un que je vous conseille: vodka, rum, lao-lao, red bull et pepsi. Apres ça, vous pouvez conduire 72 heures de suite sans risquer de vous endormir... 

Le lendemain, départ pour Ventiane. Mon hôtel est à 300 mètres de l'arrêt du bus mais je devais absolument attendre la navette prévue lors de l'achat de mon ticket. Bref, départ du bus prévu à 10h00, arrivée de la navette a 10h15. Il s'agit d'un pick-up qui fera encore 2 arrêts pour charger un total de 8 personnes bardées de bagages. Le bus nous a attendu, mais il est archi plein. 4 heures de trajet entre 2 hollandais ayant 9 jours de vacances (pffff...) et un couple d'allemands qui ressemblent comme 2 gouttes d'eau à Poiret et Serrault dans la cage aux folles. Dommage que je n'avais pas de biscottes avec moi. En discutant à cinq (enfin, plutôt 4 vu que "Serrault" boude parce que son t-shirt est sale), le trajet passe très vite et très agréablement. Un des Hollandais est malade et n'ayant pas de sac en plastique, il vomit dans une poche de son petit sac a dos préalablement vidée. Lui au moins, il saura quoi faire en arrivant à l'hôtel...

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A Vientiane, le bus nous largue près de l'aéroport et des tuk-tuk jumbos nous prennent encharge jusqu'au centre ville. Je fais 2 ou 3 guest pas terribles avant de trouver un truc à moitié correct pour 7 USD. Mon seul critère durant tout le voyage aura été d'avoir une salle de bain privée et je n'aurai pas dépassé les 7 USD la nuit... jusqu'a ce soir (voir plus bas).

L'hôtel est bien situé, près du Mékong dans un quartier animé... jusqu'a 21h30. On a beau être dans la capitale, ça ressemble vachement à une ville de banlieue. Il faut dire que le Laos compte 6 millions d'habitants sur la moitie de la surface de la France et que Vientiane n'a que 250.000 habitants environ. Tout est incroyablement calme: hier j'ai loue un vélo et on roule sur les "grands axes" sans le moindre problème. Celui qui doit s'emmerder ici c'est le gars qui fait le radio-guidage. "Info de 17h00, radio guidage, on nous signale 3 véhicules au carrefour de Th Lane Xang et Th Setthathilat. Prenez patience..." A partir de 5 voitures, on déclenche le plan Buffle Futé avec itinéraire de délestage et tout le bazar.

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Le premier jour, je me suis balladé à pied et hier j'ai fait le tour en vélo. Il y a quelques beaux temples et des marchés super animés et très agréables où j'ai pris tous mes repas de midi jusqu'à présent.

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C'est vraiment bon pour un prix ridicule. Je constate que de plus en plus de touristes osent manger dans ces marchés en faisant abstraction de tout ce qu'on apprend chez nous en matière de conservation des aliments: la chaîne du froid, ici, elle en prend un coup. Mais je n'ai toujours aucun problème digestif. Le soir, d'autres échoppes, quasi des petits restos mobiles prennent place le long du Mékong et proposent toutes les spécialités locales à déguster sur des tables installées le long du fleuve à la lueur de bougies placées dans des bouteilles en plastique coupées en deux. C'est vraiment sympa. Il faut dire que le climat s'y prête et que les soirées sont douces...

 

J'ai aussi retrouvé avec plaisir Hélène et Jean-Samuel avec lesquels j'ai été manger au bord du fleuve pour la dernière fois vu qu'eux (les veinards!), ils poursuivent leur voyage vers le sud du Laos... Si tout va bien, nous devrions nous revoir à Bruxelles ou à Paris très bientôt.

 

Hier durant ma ballade vélocipédique, j'ai croisé une boulangerie charcuterie au nom prédestiné: "mon petit cochon". J'ai pris une photo car je sais qu'il y en a qui ne me croiront pas... 

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Maintenant je cherche une boucherie-patisserie, mais ça va pas être facile à trouver. On voit quand même que c'est une ville d'expats: il y a pleins de restos français ou italiens, dont les tarifs ne rentrent pas dans mon budget.

 

Par contre, j'ai constaté hier soir qu'il me restait des tas de kips (monnaie locale) et vu que les activités en soirée sont restreintes, j'ai investi dans une chambre nettement plus chère pour les 2 dernières nuits au Laos: je paye 10 USD mais attention: j'ai TV, frigo et airco. Pour ce soir c'est déjà râpé car j'ai rendez vous avec une française croisée dans le bus pour Chiang Rai et revue à chaque étape depuis lors. Je crois que je vais passer mon réveillon avec elle et son groupe d'amis français et australiens.

 

J'ai mon billet pour Bangkok,: je quitte Vientiane à 17h00 le 01/01 et j'arrive a 6h00 le lendemain à Bangkok... pour filer chez Gulf Air qui m'ont dit aujourd'hui qu'ils ne prenaient pas les changements par téléphone. Ils me font vraiment chier ceux-là! Je crois que j'aurais bien besoin d'un petit immodium...

Donc, entre le 2 et le 6 janvier, je dois trouver une place dans un vol vers Bahrain. Après, il n'y a pas de problème semble-t-il...

Mon prochain message sera donc posté soit de Bangkok, soit de Bruxelles.

Pas trop envie de rentrer, mais bon...

Je vous souhaite à toutes et tous un excellent réveillon et rendez vous en 2007.

 

M. cornac cascadeur

 

PS: Terence, les photos devraient suivre, mais je vais changer de crèmerie car ici, ça ne fonctionnera jamais. Je retourne la ou je t'ai envoyé les photos précédentes, seul endroit ayant 2 ports USB accessibles...

25/12/2006

Comment réveillonner pour 2 euros?

 

Joyeux Christmas aan iedereen,

Voilà, je suis à Vang Vieng depuis deux jours et c'est donc ici que j'ai passé mon réveillon de Noël.

Le 23 à l'aube, j'ai donc quitté, à regrets, Luang Prabang après 6 journées bien remplies. Avec mon ticket de bus, j'avais droit à un tuk-tuk gratuit depuis mon hôtel jusqu'à la gare des bus. Les Lao étant vachement organisés, chaque billet donne droit à son propre transport de sorte que dans la rue de mon guestouse nous sommes une quinzaine à attendre chacun que notre propre chauffeur vienne nous chercher alors que chaque véhicule peut contenir 6 ou 7 personnes (européennes, parce que des Lao, on en met bien plus).
A l'achat du billet, on a le choix entre Local Bus, VIP Bus, Minivan VIP, VIP express, Super VIP et encore quelques autres. Vu la différence ridicule avec le Local Bus, je prends le VIP... qui est en fait un bus local avec juste un peu plus de place pour les jambes. Les fauteuils sont un peu défoncés mais dans l'ensemble, ça roule.

La route entre Luang Prabang et Vang Vieng est somptueuse. Les paysages sont vraiment à couper le souffle, mais pendant 5 heures, on roule dans des montagnes en ayant au maximum 30 mètres de ligne droite. Juste de l'autre cote de la rangée une jeune Lao commence a vomir dans un sac plastique qu'elle remplira consciencieusement durant tout le trajet. En parlant avec d'autres routard, je constate que dans chaque bus il y avait entre 1 et 3 lao malades. Tradition régionale sans doute.

Juste en sortant des montagnes on s'arrête car on a droit à un lunch (soupe de nouilles délicieuse) et comme je reste dans le bus à discuter un peu avec 2 jeunes français qui partent au Cambodge, on constate que les deux places à l'avant sont occupées par des mecs armés: ils ont chacun un kalachnikov sous le siège et un revolver à la ceinture. En fait on se rappelle à ce moment les mises en garde d'un ingénieur laotien à Pakbeng qui nous avait dit que la guérilla Hmong subsistait encore dans cette région. Les guides Routard et autres en parlent mais sans plus: on sait que jusqu'en 2002, 2003 c'était très dangereux mais que maintenant ça allait mieux. En se renseignant dans les agences de ticketing, ils faisaient bien entendu tous les étonnés: "de la guérilla? Hmong? Mais enfin, monsieur, soyons sérieux...". Bon, de toute façon, on n'a pas eu de problème donc tout va bien...

Arrivée à Vang Vieng: je trouve un chouette guest comme je les aime: familial et pas cher. En fait il y a la mère qui ne capte rien en anglais et qui laisse toute la gestion à sa fille qui doit avoir une petite quinzaine d'années et qui se débrouille très bien.

La ville en elle même est horrible: les guest ont squatté toute la vieille ville et ont obligé les Lao à déménager en créant une sorte de nouvelle cité juste à côté. Résultat: il y a guest sur guest pour des prix dérisoires et les restaurants sont collés les uns aux autres. L'horreur, c'est que chaque resto, ou presque, à une télé où ils diffusent quasi tous des épisodes de la série Friends à fond la caisse. C'est ainsi qu'installe dans un resto, on profite du sont de 3 ou 4 autres qui diffusent bien entendu d'autres épisodes. L'horreur absolue. Heureusement il y a des petits restos en dehors de cette zone et puis il y a toujours les marchands ambulants qui pour moins de 0,50 euros vous servent une brochette, une salade ou une soupe délicieuses.

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L'intérêt de Vang Vieng réside dans le site où la ville est installée: tout autour, il y a des collines et des pitons rocheux verdoyants très impressionnants. Les paysages sont magnifiques: j'en ai très rarement vu d'aussi beaux. Il y a donc ici pleins d'activités possibles et très intéressantes (visite de grotte, baignade dans la rivière, escalade, kayak, rafting...) et puis surtout, ici, contrairement à Luang Prabang, on peut louer des motos... Le premier soir je retrouve Hélène et Jean-Samuel, un des 2 couples de Français du bateau qui me donnent pleins de renseignements et m'invitent à un réveillon sympa au bord de l'eau. Rendez vous est pris...

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Le premier jour, je loue donc un vtt pour aller d'abord voir le marché local et puis pour aller jusqu'a une grotte où il y a un chouette lagon pour se baigner.

Je fais donc pas mal de Kms de piste infâme mais l'endroit est idyllique. Je grimpe tout d'abord voir la grotte (une centaine de mètres de montée dans les rochers à pic et très casse gueule) qui est superbe, mais je réussis à m'y prendre une solide gamelle d'une petite dizaine de mètres qui me laisse avec des contusions de tous les cotés. Ma hanche et ma clavicule sont bleues et j'ai mal au poignet et à un doigt. Bref rien de bien grave si ce n'est qu'en faisant mon grand écart au début de ma chute, mon pantalon s'est complètement déchiré. En fait, j'ai des baskets dont les semelles sont usées jusqu'à la corde et je n'ai évidemment pas de possibilité de prendre appui. Bon, après une petite baignade, je rentre extenué au guest et je me change (surtout le froc) pour partir réveillonner.)

On se retrouve de l'autre coté de la rivière dans un guest dont on a réservé tout le resto pour réveillonner au bord de l'eau. C'est un peu la Tour de Babel: il y a des Coréennes, un Colombien, un Brésilien, des Français, des Québequois, une Allemande et un vieux Canadien et sa jeune épouse Lao. Cette dernière s'occupe avec Hélène, grande organisatrice devant l'éternel, de commander une sorte de table de riz avec toutes les spécialités locales: on se goinfre de pleins de petits plats succulents et on découvre encore certaines préparations que nous ne connaissions pas. On termine la soirée autour d'un feu de bois que l'hôtelier a préparé pour nous. Tous ça pour moins de 2,5 USD soit environ 2 euros... boissons non comprises quand même.

Je suis au lit à minuit trente... peu avant que vous ne commenciez à réveillonner en Europe. Ce matin en me levant, j'avais un peu mal partout et surtout il me restait moins d'un dollar en kip. Heureusement Noël n'est pas férié et je change de l'argent pour prendre un bon petit dej.

Finalement, ma journée de farniente aura duré 1h30. En passant devant une agence, je vois des kayaks, je parle avec le gars et à 11h15, je m'engage pour 1/2 journée de kayak à partir de 11h45... juste le temps de s'enduire de crème solaire et d'enfiler mon maillot, je suis parti.

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Avec un guide et un couple d'allemand, nous descendons une rivière dans un cadre fabuleux en franchissant un tas de petits rapides. C'est sympa même si j'ai encore un peu mal partout, mais bon, je ne tiens pas en place et c'était une occasion à ne pas manquer.

La première partie était vraiment remarquable. Ensuite on rejoint les gens pratiquant l'activité la plus célèbre du coin: le tubing.

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Il s'agit dans une énorme chambre à air, de se laisser descendre jusqu'au village. C'est essentiellement pratiqué par les anglais qui l'agrémentent à leur manière: au départ on prend une bière Lao et ensuite au fil de la descente, des petites gargottes installées sur les berges récupèrent les tubeurs avec une perche en bambou pour leur vendre une autre bière. Les anglais adorent et arrivent souvent morts bourres à Vang Vieng. Aujourd'hui, ils ont agrémenté la descente en se coiffant de bonnet de père noël du meilleur goût.

Bref, en arrivant maintenant je suis de nouveau bien claqué et ce soir je vais tôt au lit car demain je me lève tôt pour louer une moto et partir dans les montagnes visiter les villages tout seul.

Passez une bonne journée de Noël.

N'attendez pas de nouvelles photos avant mercredi car les connexions sont merdiques ici et je dois attendre d'être à Ventiane, la capitale.

A très bientot,

M.-cornac-motard-caviste

22/12/2006

Mon elephant est bien propre maintenant

  

 

Hello everybody (c’est un dialecte lao très spécial),

Je souhaite tout d'abord avec un jour de retard et avant que je n'oublie une bonne et heureuse année aux nombreux Hmongs qui lisent ce blog avec assiduité... Voila, comme ça, c'est fait.

Bon, finalement je n'ai trouve personne pour mon tour en vélo dans la campagne montagneuse de la région, donc je suis parti tout seul me balader en suivant les conseils de Ben, le Français du Guest House. En fait il épouse la proprio du guest la semaine prochaine, mais il vit ici depuis 3 ans avec elle et leur fiston. Tous les soirs (ou presque) en rentrant, on boit notre petit verre en discutant le coup avec l’écossais qui s'incruste autant que moi. Il faut dire qu'il y a des millions de choses à faire ici en cherchant un peu et qu'on est super bien. Les seuls bémols sont le froid et les coqs. La nuit de mercredi à jeudi le thermomètre est descendu à 6 degrés pour la première fois depuis 25 ans.

Résultat, les dalles du petit couloir extérieur ont explosé (je ne sais pas pourquoi) et des ouvriers sont venus réparer. Comme les nouvelles dalles sont plus épaisses, ils ont du raboter le bas de ma porte qui frottait. Ils ont bien fait ça: maintenant je peux quasiment faire passer mon sac a dos plein sous la porte sans l'ouvrir. Enfin, tant que ça ne frotte plus...

Ici, les gens sont adorables et on a l'impression que rien, ni personne ne peut troubler la quiétude ambiante. Au Laos, même si les règlements existent, leur application est plutôt laxiste et c'est le moins qu'on puisse dire.

Deux exemples donnés par Ben:

Le premier se déroule durant la coupe du monde de foot 2006. Normalement les bonzes frappent dans leurs tambours à 4h00 du mat pour prévenir la population: "voila, on est réveilles, commencez à cuire le riz et à préparer les offrandes, nous, on va méditer un peu et on arrive" (je résume). Et bien la nuit de France-Bresil, paf, panne de courant a 3h25 du mat en plein match. Tout a coup, a 3h35, boum-boum-boum, v'la les bonzes et leurs tambours. Ben demande à Vilay, sa compagne ce qui se passe. Réponse laconique: "ben eux aussi ils espèrent le retour de l'électricité pour voir la fin du match". J'adore...

Autre exemple encore pire. Vilay et Ben sont chez des amis dans je ne sais plus quelle ville, ils boivent un verre et doivent partir en pleine nuit en moto. Feu rouge. Ben s'arrête. Comme ils doivent aller a droite, Vilay lui fait signe de démarrer et la, évidemment, la police attend. Vilay commence à s'expliquer avec le flic et Ben a l'impression qu'elle parle d'alcool et de boire. Bref il est inquiet. Finalement, le flic vient vers lui en rigolant, lui tape sur l'épaule et lui dit qu'il peut y aller. Qu'a dit Vilay? Tout simple: "Monsieur l'agent, nous étions chez des amis et on a bu beaucoup (c'est vrai) pour l'anniversaire de mon mari (c'est faux). En plus à Luang Prabang, on n'a pas de feu rouge et on ne sait plus très bien à quoi ça sert. Laissez nous partir" Et bien c'est ce qu'il a fait. Je vous déconseille de tenter l'expérience le soir du réveillon en Europe...

Revenons à nos moutons: mercredi j'ai loue un beau vélo (j’avais le choix entre rouge et mauve, devinez ce que j'ai choisi?) sans vitesses et je suis parti. J'ai fait un super tour dans les montagnes sur des chemins de terre, parfois le long de la rivière. C'était superbe... mais sans entraînement, ni EPO c'est vachement dur...

Finalement je me suis retrouve le long de la rivière près de jeunes étudiants en train de picniquer... et de boire leur alcool de riz. Ils m'ont invite à boire avec eux ainsi qu’à partager la viande qu'ils cuisaient sur un petit feu. C'était très sympa. En fait, ces gens n'ont que très peu de contacts avec l'occident: il n'y a pas de cinéma ici (il y a apparemment une loi très stricte sur les films étrangers et je ne sais pas si les Laos tournent des films), et point de vue musique, ils ne connaissent personne... sauf Elvis mais ils ont oublie son nom. C'est vraiment étrange mais vu l'afflux de touristes, ça va sans doute changer rapidement....

Après le Lao Lao, je peux vous dire que le retour fut très pénible et que je me suis écroule en rentrant. La famille du guest m'a invite a manger avec eux: c'était succulent. Pas trop épice jusqu'a ce que je goûte une sorte de tapenade à base de poisson pourri, d'un fruit proche de l'olive, de piments, d'ail et de pleins d'autres épices: succulent mais vachement fort... Apres ça, je suis parti me faire masser pendant une heure pour moins de 4 euros. On a que le bien qu'on se donne mais je peux vous dire que c'était extra. Quelle sensation en sortant de là. C'est vraiment a recommander... d'ailleurs, il y a pleins de touristes qui passent dans ces salons plus ou moins sérieux.

Pour hier jeudi, j'avais envie de bouger mais de faire un truc original, pas dans la masse des touristes... et j'ai trouve. Apres la nuit la plus froide je le rappelle, je suis allé laver un éléphant dans la rivière avec son cornac (j'ai pas lave le cornac, faut pas abuser). En fait j'ai trouve ça en fouinant dans les agences et comme j'étais le seul candidat, on m'avait dit que je partirais de Luang Prabang avec une motorcycle et un chauffeur. A 7h00, me voila donc à pied en route vers le point de rendez vous quand un mini bus s'arrête: en fait comme il a fait caillant, ils trouvent mieux pour moi de faire le trajet en véhicule fermé... sans surplus. Le minibus fera juste un aller-retour de 40 Kms sur des routes qui n'en sont pas. Je me répète, mais ces gens sont trop gentils.

Arrive sur place, les cornacs sortent de la foret pour aller à la rivière. En short et pieds nus malgré le froid, je monte directement sur la tête de l'animal et nous voila partis... moi, pas trop fier: c'est haut et instable ces bébêtes... 

A la rivière, les 3 éléphants sont plonges dans l'eau jusqu'aux yeux (moi avec le cul dans l'eau donc, vu que je n'ose pas faire comme le cornac qui se balade debout sur le dos de l'animal), et armes de brosses, nous les nettoyons pendant une bonne demi heure. L'expérience était vraiment fabuleuse...

La toilette matinale des éléphants
La toilette matinale des éléphants
La toilette matinale des éléphants

Retour ensuite au camp. Pour les photos, pas de problème: j'ai confié mon appareil photo à un jeune mec du camp qui nous a accompagné et qui a demande s'il devait faire "one photo or more". Alors maintenant je sais que "more" ça veut dire plus de 80 pour lui. J'ai déjà fait un tri mais je verrai au retour. Le problème c'est qu'il a pas vraiment capte l'utilité du zoom...

Ensuite, on doit préparer les éléphants pour les tours avec les touristes et attendre les premiers pour justement faire ce petit périple d'1h30 dans la jungle.

Finalement sans bien comprendre, je pars seul avec un cornac.

La toilette matinale des éléphants

Chouette petite balade mais rien de bien transcendant. Il y a 15 ans, à Chiang Mai, c'était plus impressionnant... peut-être parce que j'avais Rosario à côté de moi qui menaçait de vomir à tout moment...

Retour au camp et là je comprends: 13 personnes dont 7 petits enfants de 2 familles flamandes de Singapour venaient d'arriver: il n'y avait tout simplement pas de place pour moi. Problème: je dois attendre qu'ils reviennent pour partir avec eux. Je décide donc de refaire le tour... mais a pied. Au bout d'1/2 heure, un cornac descend de la tête de son éléphant et je grimpe a sa place. De nouveau une super expérience. Finalement j'ai eu droit a un tour gratuit et en plus, pas sur ces conneries de sièges qui enlèvent une bonne partie des sensations.

Apres ça, on (13 belges finalement) part en bateau sur une superbe rivière pour aller manger près de superbes petites chutes d'eau très sympa ou on fait trempette (les journées sont très très chaudes). Les gosses apprennent qu'il y a une grotte en altitude, me voila donc parti avec les 2 papa pour une escalade de colline pour trouver une petite grotte où les gamins espèrent trouver un ours... qui n'y est pas...

Ensuite, retour au bateau puis aux minibus pour rentrer. On a déjà deux heures de retard sur l'horaire mais en chemin on croise un monde fou dont des femmes superbement parées.

Nouvel an HmongsNouvel an Hmongs

En fait, on traverse un village Hmong qui fête leur nouvel an. On demande pour s'y arrêter. Le guide nous laisse 15 minutes qui se transformeront en plus d'1h20 d'arrêt. C'était extraordinaire. Il s'agissait d'une grande fête foraine avec des attractions dignes de la fin du 19e siècle et pleins de stands incroyables. En plus, avec 5 gamins blonds comme les blés, on a un joli succès. Un des gamins de 8 ans tombe en pleurs car les femmes du village viennent lui tirer les cheveux. Heureusement à moi ça ne risque pas d'arriver.

La plus âgée des enfants nous accompagnant est emmenée par des Hmongs qui lui proposent juste d'essayer leur tenue traditionnelle, sans demander d'argent (je leur dis bien clairement qu'il est hors de question qu'on achète cette tenue). Ca donne une chouette photo. Moi j'ai canarde dans tous les sens: j'ai des dizaines de photos dont je suis super content. D'ailleurs, Ben qui a un site Internet sur Luang Prabang, va en utiliser toute une série car il les aime beaucoup aussi.

Sur cette fête foraine, il y a une sorte de jeu incroyable: des dizaines de jeunes se font face et renvoient chaque fois au meme partenaire une balle de la taille d'une balle de tennis, sans donner l'impression de chercher a mettre l'autre en difficulté (on ne joue pas à balle-chasseur). L'explication est simple: on se lance cette balle et il ne faut pas qu'elle tombe au sol car ça signifierait que l'autre ne fait pas attention à vous et qu'il est distrait par quelque chose d'autre (une jolie fille, des gens qui passent,....). Donc si la balle tombe trop souvent par terre et bien c'est que ce n'est pas le bon partenaire. Incroyable non? J'ai même quelques secondes de film de cela...

Ensuite retour à la maison et je décide de retarder mon départ d'un jour: aujourd'hui je la joue cool et demain je pars en bus pour Van Vieng, avant dernière étape de mon périple nord laotien.

Hier j'ai téléphoné chez Gulf Air, mais je dois attendre la semaine prochaine. Je crois que des le 2 ou le 3 je vais m'installer a l'aéroport de Bangkok et attendre la première place libre pour partir. On verra bien.

Portez vous bien, mangez bien aux réveillons, ne buvez pas trop si vous devez rouler (les flics européens ne ressemblent pas a leurs collègues lao) et à bientôt,

 

Joyeux Noël

 

Michel

19/12/2006

J'ai retrouvé la toilette des 7 nains...

 

Sabaai-dii,

 

Voici mon second post en deux jours mais j'attends quelqu'un pour aller manger et je suis occupe à transférer des photos.

Hier soir après avoir terminé mes mails, j'ai mangé un bout dans une ruelle sur le marché de nuit. Dans cette ruelle où 4 laotiens passent de front mais ou 2 européens doivent se mettre de profil pour se croiser, des tas de gargottes s'installent à la nuit tombante avec des tas de plats préparés et on peut choisir ce qu'on veut pour une somme dérisoire. C'est vraiment bon même si on ne sait pas toujours ce qu'on prend.

Comme je l'avais dit, je voulais rentrer tôt pour me lever à l'aube voir l'aumône faite aux moines. Le problème c'est qu'en rentrant à la guest, je tombe sur le beau fils de la patronne (je croyais que c'était un touriste depuis le premier jour) qui me propose ainsi qu'a un couple d'anglais et à un écossais de partager une bouteille de Lao Khao ( Lao=alcool  Khao=riz) fait maison. Comme ma maison m'a appris que c'était très impoli de refuser les invitations, nous voila parti.

Première impression: ça débouche les sinus, ça dégage la gorge jusqu'au gros intestin et ça pique aux yeux. A part ça, une fois qu'on est certain que ce n'est pas de l'antigel, ça passe. Et comme il nous assure que ça a des vertus médicales, alors là...

Bref, je suis au lit passe minuit et comme je mets mon alarme a 5h45, je ne mets pas de boules quies. Grosse erreur vu que le coin est plein de poulets (des vrais avec des plumes, pas ceux à poils qui foutent les PV) qui n'ont pas d'horloge, ça cocoricote ( oui ça se dit) des avant 4 heures du mat. Bref, je suis largement à temps pour l'aumône. C'est vachement impressionnant de voir tous ces moinillons venir chercher leur aumône à la fine pointe de l'aube en silence et pieds nus dans un silence seulement rompu par le bruit des appareils photos des quelques touristes aussi cingles que moi. Certains se comportent comme dans un zoo pendant qu'on nourrit les otaries: ils mettent leur téléobjectif à 50 cm des moines alors que justement on nous demande du respect et de se maintenir en retrait. Il y a d'ailleurs un vieux con qui se fait empoigner par un allemand que je connais de vue car il était quasi sur le dos d'un jeune moine. 

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Apres ça retour à l'hôtel et après 1/2 heure de sieste, je repars pour la tournée des superbes temples de la ville. Ca, des temples, j'en ai vu aujourd'hui, quasiment jusqu'à l'overdose. Mais ils sont superbes. La ville est protégée et réparée par l'Unesco mais ça en vaut vraiment la peine. Normalement quelques photos devraient agrémenter ce mail très rapidement.

Des moines en tunique orange, il y en a partout. C'est dingue. Un peu comme en Inde, il n'y a pas moyen de faire une photo sans vache sacrée, ici il n'y a pas moyen d'échapper aux moines.

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 J'ai vu une bonne dizaine de temples aujourd'hui et je suis claque, mais vraiment heureux: c'était superbe. Demain, je voudrais trouver des gens pour partir tôt en vélo jusqu'à une cascade à 15 kms d'ici avant que les groupes de touristes n'y arrivent en tuk-tuk. Ce n’est pas gagné.

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 Ce midi, je me suis arrêté dans un endroit super agréable où j'ai enfin mangé une salade de papaye verte spicy. Succulent. En plus, à peine la commande passée, le gars a pris un bâton et a été cueillir une papaye dans le verger en contrebas. 5 minutes plus tard, après la commande d'une table de Hollandais, il est parti cueillir toutes les épices nécessaires à la confection de leur plat. Après ça, comment voulez vous être malades? Pourtant, il y en a. Je me suis débarrassé de mon surplus d'Imodium, Motilium et Ercefuryl auprès d'une brave fille de l'hôtel qui manifestement semble avoir de sérieux problèmes de digestions puisqu'elle ne s'éloigne pas de l'hôtel de plus de 10 minutes. Je lui conseillerais bien le Lao Khao, mais bon... 

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A part ça, les gens au Laos, ont deux caractéristiques principales: ils sont incroyablement gentils (je sais, je me répète, mais c'est l'age qui veut ça) et la seconde c'est qu'ils sont minuscules. J'ai jamais vu des gens aussi petit. Dans une pharmacie tout à l'heure, il y avait une balance et un tableau des poids suivant la taille: et bien, ça s'arrêtait à 1m68. Au-dessus, on fait du basket dans l'équipe nationale...

Tout est à leur taille: dans les bus, il est quasi impossible de mettre nos jambes occidentales et sur le slowboot venant du nord, la toilette était minuscule, quasiment ridicule: on aurait dit la toilette des 7 nains. Si vous avez un petit appart, ça peut permettre de gagner de la place en en mettant une pareille. Je connais un voisin qui avant de commencer ses travaux ferait bien d'y réfléchir...

Une dernière chose: j'ai enfin trouvé dans le routard qu'il faisait très froid la nuit ici: effectivement, si la journée le soleil tape sec, dès qu'il se couche, il fait très froid sans chauffage: il ne doit pas faire plus d'une dizaine de degrés et avec la fraîcheur du Mekong, ça n'arrange rien. Tous les imprévoyants se ruent sur les polaires au marché de nuit. Un laotien m'a dit qu'il fallait attendre mai pour que les nuits soient agréables. Effectivement à cette période les températures ne descendent plus jamais en dessous des 30 degrés... 

Bon, les esquimaux, là-dessus je vous laisse. Toutes mes photos du jour sont sur ma clef USB et mon webmaster a reçu une quinzaine de photos qui vont être rapidement sur le site (à mon avis).

Je vous salue tous et je rappelle à ceux qui veulent une carte qu'ils doivent m'envoyer leurs coordonnées. Faites pas ch... maintenant, j'ai acheté 10 cartes...

 

A+

 

M-le-templier

 

PS: a cote de moi il y a 2 moines sur internet. Ca, ça n'arrive jamais en Inde avec les vaches sacrées... :-)

18/12/2006

Luang Prabang

 

Salut tout le monde,

 

Je suis finalement arrivé à Luang Prabang hier soir vu que j'ai du renoncer à ma journée dans le nord. En effet, les tours organisés étaient vides, vu les prix demandes et le faire seul avec un guide était aussi beaucoup trop cher. Dès que j'ai vu ça, je me suis inscrit pour la descente du Mekong en bateau sur 2 jours en bateau collectif. Dans toutes les agences, en arrivant, on vous montre des superbes aménagements intérieurs de ces bateaux avec des sièges de luxe en cuir... mais en arrivant au bateau vous trouvez 2 rangées de bancs de 80cm et il est bien précise que c'est pour 2 personnes. Et il faut imaginer faire 2 fois 8 heures dans ces conditions.

Bien entendu, le bateau est archi plein et on est entassés comme des sardines. Heureusement le paysage est de toute beauté et petit à petit les gens sympathisent... vu qu'on est tous sur le même bateau.

 

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La journée passe finalement assez vite mais personne ne sait quand on arrive à Pakbeng vu que l'équipage ne parle que lao... sauf un gars qui propose a tout le monde (ou a peu près) de venir fumer de l'opium à l'arrière du navire. A un moment, il y a des rapides qu'un gamin annonce à l'avant avec une pancarte: "Be careful, rapids".

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A Pakbeng, on arrive dans une ville du bout du monde, avec de l'électricité juste le temps qu'on s'installe et qu'on mange, avec des hôtels soit très chers (pour nous) soit pourris. Je prends donc un guest foireux à 3 USD avec la télé du patron qui hurle juste à cote de mon lit. Finalement, la panne, c'est plutôt une bonne chose...

Entre-temps, j'ai quand même eu l'occasion d'aller manger dans une gargote où une gamine d'une dizaine d'années s'occupe du service pendant que sa mère cuisine. Et c'était délicieux: le lap est une spécialité locale succulente. Il s'agit de viande (ou de poulet) hache, mélangé a des piments, du citron vert, de l'ail et de la menthe. C'est servi froid et ils ajoutent des tas d'épices ainsi que du riz gluant. Un vrai festin.

 

Le lendemain, la bonne nouvelle c'est que le bateau est plus large et qu'il y a 2 plates formes où on peut s'installer pour échapper aux mini banquettes de la veille. J'y retrouve des français sympas et la journée passe encore plus vite que la première. En plus, on fait 160 kms de descente, sans voir autre chose qu'un paysage magnifique et quelques villages éparpillés le long des berges.

 

 

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On fait quand même des arrêts pour acheter des petites bestioles à peine tuées par les chasseurs. Il y a des écureuils, des sortes de ratons laveurs et des mignonnes petites biches miniatures (enfin, ça y ressemble un peu) que l'équipage négocie sous le regard un peu effraye des passagers.
 

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On est donc arrive à Luang Prabang hier soir, directement harcelés par les envoyés des hôtels mais nous partons à cinq a la recherche d'hôtels pas chers. Comme on ne trouve pas et que les 3 mecs sont prêts à prendre un hôtel plus cher pour une nuit et a repartir le lendemain pour une recherche plus cool.

Les filles nous proposent un truc super: on garde les sacs sur une terrasse super et elles vont à la recherche des chambres. On est tellement d'accord qu'a leur retour 1h30 plus tard, nous ne sommes plus trop frais et on se sent obligés de leur offrir le repas du soir... à nouveau excellent par ailleurs.

 

Les Laotiens sont très différents des Thaïs. Ici, tout est très calme, les gens sont posés et on a l'impression que le temps coule tout doucement. Ils sont vraiment adorables.

 

Ce matin, je me suis arrêté sur une terrasse pour un petit dej. Je choisi la seule table déjà au soleil et la serveuse vient me proposer un parasol.

 

Le long du fleuve, le sport national est la pétanque à laquelle s'adonnent des tas de Laotiens de tout age sur des boulodromes parfaitement entretenus. La ville est superbe: elle est classe patrimoine mondial de l'Unesco et il y a des dizaines de très jolis temples perdus au milieu de cocotiers et de ruelles très sympas. Je me suis baladé à l'aise aujourd'hui, mais demain, je crois que je vais faire le tour de tous ces temples.

En plus, on est à 600 mètres d'altitude et le climat est très agréable: il fait relativement chaud et les nuits sont fraîches. Donc, tout va bien.

 

Pour le reste, la mauvaise nouvelle du jour est que j'ai égaré mon iPod. Je me demande s'il ne s'est pas détaché en mettant mon sac sur le dos. Ca me fait bien râler car il m’avait été vachement utile jusqu'ici. Au moins, maintenant je sais quoi demander pour ma Noel...Fini donc de traverser l'Asie en écoutant à fond du Pink Floyd , du Led Zep ou Jacques Brel me rappelant qu'a Bruxelles, Jef attend sous un ciel tellement bas avec ses bonbons que cette s... de Mathilde n'arrive. Bon, c'est la vie. J'ai au moins fait un heureux: celui qui l'a trouvé

.

Je vous laisse car ce soir je vais coucher tôt vu que je voudrais me lever à 5h45 demain pour aller voir les moines dans leurs superbes toges oranges venir faire la quête de nourriture comme tous les matins à 6 heures. Donc ce soir, pas de resto interminable et surtout pas de Laobeer car la nuit va être courte.

 

Terence a reçu ce matin, enfin, je veux dire cette nuit pour vous, quelques photos qui devraient venir s'ajouter à ce blog.

D'autre part je vous signale que j'ai oublie ma superbe liste d'adresses pour les cartes postales. Donc, si vous voulez en recevoir une il suffit de m'envoyer un mail avec les coordonnées et ça sera fait dans les meilleurs délais (je ne connais pas bien la poste lao).

 

Portez vous bien, ne prenez pas froid et à très bientôt,

 

M.