13/01/2010

Poulet volant ou poulet auto stoppeur?

 Salut à tout le monde,

L'échéance de mon retour se rapproche dangereusement... et je viens enfin de trouver un café internet sérieux: il était temps...

Bon, j'en étais à mon séjour à Calcutta qui fut passionnant et enrichissant... mais surtout épuisant. J'ai donc pris un billet d'avion local pour aller à Goa passer le réveillon du nouvel an et surtout quelques jours de vraie chaleur.

On m'avait prévenu: "En Inde, il y a deux vrais aéroports (Delhi et Mumbai)... les autres, c'est l'Inde...". A bon entendeur.

Mon vol étant à 8h00, j'avais demandé d'être réveillé à 5h15 et d'avoir un taxi à 5h45. Et bien... ils l'ont fait, aussi incroyable que ca puisse paraitre.

Je suis donc monté dans un de ces fameux taxis de Calcutta et c'est là que ca a commencé: bon, que le taxi ait emprunté un sens interdit pour atteindre l'hôtel, on peut le comprendre: il y a 30 mètres et de l'autre côté au moins 300. Mais qu'en repartant, il continue dans le sens unique en klaxonnant comme un fou pour prévenir les éventuels gars arrivant dans l'autre sens, c'est déjà moins drôle. Ensuite, il sort sur le boulevard sans un regard à gauche et à droite et il traverse les abords du marche pied au plancher toujours en klaxonnant (il n'est toujours pas 6h00).

Sur le marché, premier spectacle: en fait les indiens vendent les poulets vivants et on les choisit dans des grands paniers. Ca, c'est ce qu'on voit. En réalité, le matin, il y a des maraichers qui regroupent tous les poulets dans un coin et étalent les paniers autour d'eux. Ils prennent alors les poulets un à un, l'examine en 1/2 seconde et le font voler vers un panier. Ils vont tellement vite qu'il y a toujours une ou deux bestioles en vol plané vers sa dernière destination. Nous, on traverse ca à toute allure.

Ensuite, c'est la totale: on coupe la chique à des petits camarades, on manque d'écraser 2 gars avec une charrette à bras, on évite de justesse un camion qui roule comme nous, on brule quelques feux... bref: la routine.

Ensuite, à la sortie d'un virage, on tombe sur un flic qui nous fait signe de s'arrêter. J'imagine directement le pire: vu le catalogue d'infractions, il va prendre un retrait de permis (mais en a t-il un?) et moi, je vais me retrouver à 6h du mat au milieu de nulle part avec mes bagages et un avion qui ne va pas m'attendre. Et bien... pas du tout. En fait, le flic voulait tout juste faire du stop et profiter du taxi payé par un idiot de touriste pour rentrer chez lui. Bref, il est monté et on l'a déposé 5 kms plus loin.

On est finalement arrivés vivants à l'aéroport en y rentrant par le panneau EXIT... comme ca il a commencé et fini le trajet dans un sens interdit. A l'approche de l'aéroport, on a par contre vu un taxi accidenté: les roues avants étaient perpendiculaires aux roues arrières et le toit était surbaissé de 80 bon cms. Je ne sais pas ce qu'il a foutu, mais il ne devait pas en rester grand chose.

A l'aéroport, la fiesta continue: porte principale, contrôle de l'armée... mais 2ème porte, 1m50 après, re-contrôle de l'armée. Ensuite contrôle des bagages par chaque compagnie: le tapis roulant ne roule plus beaucoup chez Spice jet, donc y a des gars qui aident un peu. Je récupère mon bagage sous l'œil vigilant de militaires armés jusqu'aux dents et je me rends au comptoir. Là, c'est le bordel total et indescriptible... bref, c'est l'Inde.

En résumé, il y a 2 guichets, pas de file mais des gens agglutines avec leurs chariots, les valises et les caisses à faire enregistrer. Moi, la veille, vu les achats déjà effectues, j'ai du acheté un nouveau petit sac à dos, juste assez petit pour être toléré comme bagage à main (maintenant j'en ai 20 des comme ca à la maison), afin que mon gros sac ne dépasse pas trop les 20kgs autorisés.

Donc, je lutte (et c'est vraiment ca) au milieu des Indiens, pour m'approcher du guichet. Il faut dire aussi qu'il y a continuellement des chariots hyper chargés qui quittent le comptoir et donc je ne pige pas directement la fonction.

En approchant, je comprends: il n'y a pas de tapis roulant à cote des hôtesses. Donc, vos bagages sont pris par du personnel de la compagnie qui les met sur des chariots et retraverse l'aéroport vers le tarmac. Entretemps l'hôtesse a sorti le truc autocollant à fixer au bagage et soit elle l'attache elle même soit elle le leur donne. Bref, je me prépare déjà à faire mes adieux définitifs à mes bagages car je les vois mal arriver à Goa... surtout que j'ai une escale à Mumbai...

Arrivé au guichet (à la fin, je pousse comme un pilier dans une mêlée de rugby), je pose mon petit sac à dos à mes pieds et voyant le truc énorme que j'ai sur le dos, la préposée me demande: Is this you hand luggage? Je crois rêver: un bagage à main de 30 kilos. Je n'ose pas lui dire oui et je vois mon sac disparaitre sur un chariot. Ensuite, contrôle des bagages à main. Là, on fait tous la file ensemble et des mecs viennent prendre le bagage et le fond passer au contrôle pendant que les passagers attendent leur tour de passer au contrôle... qui est manuel. Bref, les bagages s'empilent de l'autre cote sans surveillance. Finalement, salle d'embarquement et re-contrôle de l'armée pour voir si on a la carte d'embarquement et si le bagage à main a bien été contrôlé. Ouf...

Pendant ce temps là, des responsables de chaque compagnie se baladent de groupes en groupes en hurlant un nom de compagnie et une destination: ça, c'est le dernier appel pour l'embarquement.

On monte alors dans des bus qui nous conduisent vers les avions... et on longe l'endroit où tous les bagages sont entassés par terre et où des mecs les trient pour les mettre dans le bon container de la bonne compagnie avec la bonne destination.

Finalement, j'embarque à l'heure prévue, le vol se passe bien et, miracle, je retrouve mes bagages à Goa. Comme quoi...

Je peux donc quitter l'aéroport après le cirque habituel dû à la grippe H1-N1.

La suite pour demain, vu que c'est mon dernier jour en Inde qui va commencer.

 

A+

 

Michel, futur esquimau

10/01/2010

Les douches? Au prochain carrefour...

Salut à tous,

Après Vârânasî, ma destination était Calcutta, seule grande ville indienne pas encore visitée. Sur le quai de la gare, j'ai du attendre mon train pendant 2 heures (il venait d'Amritsar) et j'ai pu observer à la fois les singes qui passent le temps à se demander ce qu'ils pourraient piquer... et surtout si ca se bouffe et d'autre part, des gamins des rues, qui assis sur des ballots, sniffaient clairement quelque chose. En fait ils répandent du tip-ex sur un tissu et le malaxe pour en imprégner chaque centimètre. Ensuite ils le roulent dans leurs petites mains et le respire quasi en permanence. Dur dur de voir ainsi ces gosses de 6 ou 7 ans complètement shootés...

Dans le train, je me retrouve avec un chino-suisse et deux coréens dans mon compartiment. On s'amuse tellement que pour la première fois dans mes voyages, c'est une Indienne qui gueule en disant qu'il y a des gens qui veulent dormir.

A Calcutta, on partage un taxi à 4 pour se rendre à Sudder Street, quartier routard. J'ai déjà vu des chauffeurs givrés en Asie, mais les plus graves sont à Calcutta: le principe est de ne jamais laisser passer personne, ni piéton, ni autre taxi, ni quoi que ce soit. Incroyable ! Sur les 15 minutes de trajet, j'ai cru 10 fois que c'était bon. Faut dire que les bus roulent de la même façon: d'ailleurs les guides déconseillent de se déplacer en bus dans Calcutta car ce sont des dingues. Dans les jours qui ont suivi j'ai renoncé plusieurs fois à traverser une rue, simplement parce que ca me semblait top risqué. De vrais dingues.

A part ca, Calcutta est une chouette ville. Je m'y suis balladé pendant 3 jours (un avec Soojin la coréenne et 2 jours tout seul) et j'ai vraiment apprécié.

Plusieurs choses remarquables;

A Calcutta, il y a des bouches à eau un peu partout (pourquoi je dis "un peu partout", vu qu'il y en a partout) sur les trottoirs ou au bord des rues. Ce sont des bains publics où les gens viennent prendre leur douche, se brosser les dents, faire la lessive, laver la bagnole,... C'est vraiment incroyable à voir. Au début ça déstabilise de voir un mec se savonner pendant que les taxis fous le frôlent et qu’à coté une femme nettoie consciencieusement son sari. Finalement, il y en a tellement, qu'on s'habitue.

La circulation. Comme je l'ai dit plus haut, à Calcutta un taxi qui voit quelqu'un sur le point de traverser, il accélère encore, sans état d'âme. Ceux qui veulent vraiment traverser se lancent en agitant le bras pour bien dire qu'ils vont vraiment y aller. Les autres cherchent un feu rouge avec un flic qui s'assurera que la traversée se passe bien. Sidérant.

Les hommes-chevaux. Comme dans la Cité de la Joie, des hommes tirent encore leurs rickshaws à pied et ils courent dans les rues en transportant leurs passagers. Moi j'étais convaincu que ça n'existait plus mais c'est loin d'être vrai. Ca aussi c'est impressionnant à voir.

Les vaches. Et bien, c'est simple: il n'y en a pas à Calcutta. Enfin, je devrais peut être dire qu'il n'y en a plus. A mon avis, les vaches de Calcutta ont toutes été écrasées par des taximan locaux. Ca a dû être un vrai génocide et petit à petit, toutes les vaches ont fini écrabouillées au milieu de la chaussée dans cette ville tentaculaire. C'est vrai finalement: pourquoi des mecs qui ne s'arrêtent ni pour un vieillard, ni pour une femme avec un bébé feraient le moindre écart pour une vache qui n'agite même pas un bras en traversant.

A part ca, on a fêté Noel à 4 (ceux du train) et on a été manger dans un resto assez classe proposant de la nourriture locale super bonne. C'était une sorte de mix grill à la bengali. Avant ca, nous avons pris l'apéro dans un bar indien. C'est là que j'ai attaqué au Bacardi... Après le repas, nous sommes allés dans un bar à alcool qui ferment tous à 22h. Il était plus tard, mais pas de problème: le gars avait fermé la grille du magasin et les clients étaient agglutinés à cette grille... et il continuait à servir tout le monde. Welcome in India: il devait fermer à 22h et bien, il était fermé à 22h puisque la grille était baissée. Logique locale.

On est retourné sur la terrasse de l'hôtel pour y boire notre bouteille de Bacardi. On y a retrouvé pleins d'autres touristes avec la même idée. Seul problème: pas de verre. On a donc découpé le cul de bouteilles d'eau en plastique qui ont servi de supports à nos libations. Parmi nous, il y avait un Polonais qui avait acheté un pain et une bouteille de vin rouge... censés figurer le corps et le sang du christ. Nous, on a bu le vin rouge...

Mes ballades m'ont amené à visiter la maison des Sœurs de la Carite de Mère Teresa qui y est enterrée. Sa tombe est l'objet d'une véritable vénération. Il y avait une file énorme pour rentrer dans la Mission et ca n'avançait pas. En entrant j'ai compris: dans l'entrée, une crèche géante était installée et tous les indiens embrassaient les pieds du petit Jésus avant de toucher la main de la Vierge. Pas étonnant que ca prenne du temps.

J'ai aussi visité un vieux cimetière anglais, impressionnant, ainsi que les alentours du Mémorial Victoria. Y aller le 25 décembre c'était pas une bonne idée. Ce jour là est férié et tous les habitants de Calcutta se retrouvent dans le parc qui le jouxte. Tous? A mon avis, oui... et il faut savoir qu'ils sont plus de 20 millions. Oui je sais, ca fait du monde. Maintenant je le sais.

Dans mon prochain message, je vous expliquerai mon départ en avion de l'aéroport de Calcutta. Un grand moment de bonheur: je n'ai toujours pas compris comment mes bagages et moi avons réussi à voyager ensemble. Bref.

Portez vous bien, moi je retourne à l'eau.

Michel

02/01/2010

La mer, oui. Le Gange, non, pas vraiment...

Tout d'abord, je tiens à souhaiter une excellente année 2010 à tout le monde.

Varanasi, ex-Benares, la ville indienne la plus sacrée. Je m'y étais rendu lors de mon premier voyage en Inde, mais j'étais arrivé avec 2 côtes cassées et je n'avais pas réellement pu en profiter.

Cette fois ci le contexte est bien meilleur: je suis en bon état (quoi que, diront certains) et en plus il fait bon. C'est pas la grosse chaleur mais ca va, malgré des nuits un peu fraiches.

J'ai donc pris un train de nuit pour une quinzaine d'heures entre Gwalior et Vârânasî. Je me trouve avec 4 pèlerins qui vont passer 3 jours à Vârânasî. Ca sent plus la guindaille entre potes que le pèlerinage en lieu saint, mais bon, c'est pas mon problème... Durant les premières heures, ils veulent discuter, mais il n'y en a qu'un qui parle anglais, et encore, son vocabulaire se limite à 17 mots, ce qui ne facilite pas les choses. Une fois de plus, ils achètent des tas de victuailles à chaque arrêt et les partagent avec moi. La seule chose qu'ils me laissent leur offrir, c'est le chai, le thé indien que j'adore toujours autant.

J'ai une couchette en bas et je le regrette directement: le soir, mes gaillards ne sont pas décidés à aller dormir et le lendemain matin, un couple de vieux vient s'installer sur le bout de ma couchette m'obligeant à rester plié en deux.

Arrivée à Vârânasî avec 2 heures de retard, mais bon, ca va encore. Vârânasî est, avec Agra, la pire ville pour arriver en train: rabatteurs, pickpockets, trands de tout style s'y donnent rendez vous: c'est connu. Et moi, comme un con, je mets mon portefeuille avec tout ce que j'ai (roupies, euro, passeport, carte d'identité, 2 cartes de crédit,...) dans ma poche latérale, après avoir passé la nuit à dormir dessus.

Quel con: heureusement que la toile est fine et que je sens la présence d'une main car un mioche de 5 ou 6 ans est en train de me piquer mon portefeuille. Sueur froide... Je reprotège tout et je sors, escorté par une chiée de rabatteurs de tous poils. Je leur dit que j'ai loué une chambre et directement ils se cassent me laissant quasi seul (on n'est jamais tout à fait seul en Inde... ou alors on n'est plus en Inde.). Je négocie un tarif correct avec un rickshaw pour me déposer à un endroit que je connais et situé à proximité de mon hôtel.

Ce salopard part à travers une série de petites rues et au bout de 30 minutes de trajet infernal dans une cohue démentielle, il s'arrête et me montre une direction en disant que c'est par là et qu'il ne va plus loin que moyennant 20 Roupies. La somme est dérisoire mais le principe me fait chier. Je le plante donc sur place et pars vers l'hôtel. Erreur: je ne suis pas où je crois et pendant 20 minutes, je m'éloigne de mon but. Quand je m'en rends compte, je suis super loin de ma destination. Je repars donc dans l'autre sens, fou de rote, prêt à étriper à vif le premier rickshaw qui s'approche à moins de 2 mètres. Je pars dans les ruelles, je croise deux cortèges funèbres se rendant au ghât des crémations, me faufile à travers les vaches, les indiens, les bouses (des vaches, pas des Indiens... quoi que...), les pèlerins se rendant au Golden temple, les touristes, les chèvres, les chiens,...). Quand j'arrive à l'Alka, plus de chambre. Chouette journée. Heureusement, ils viennent d'ouvrir un guest house tout proche, sans vue sur le Gange mais qui s'avère très calme (denrée rare en Inde) et surtout très bien tenu: eau chaude, pommeau de douche où toute l'eau va dans le bon sens et propre, incroyablement propre. En plus, je négocie le tarif et ils acceptent tout de suite. Enfin... Mes pensées homicides à l'égard de tout ce qui conduit un véhicule destine a transporter des touristes commence à se calmer...

Je m'installe, sympathise avec une suisse et un coréen et vais faire un tour sur les Ghats, qui sont les endroits où se situent les escaliers permettant de descendre dans le Gange. Rien n'a change en 6 ans: de toute façon, à mon avis, rien n'a changé en 1000 ans ici. 

Le soir, je mange un petit truc rapide et je me couche... malade. Toute la nuit, je me dis que j'aurais du mieux négocier et ne louer qu'une salle de  bains puisque je ne passe pas 1/2 heure dans mon lit. Un peu inquiet par la situation (je ne vois pas ce que j'ai mangé de risqué), je m'attaque à ma pharmacie et je finis par dormir. Mais quelle purge incroyable. De toute façon il fallait bien que ca arrive un jour, mais ce qui m'ennuie c'est que je n'arrive toujours pas aujourd'hui à savoir d'où vient le problème alors que tant de fois en m'arrêtant pour manger et en voyant l'état du boui boui, je me suis dit "ok, cette fois, c'est la bonne" et que rien ne se passait. Ici, j'ai mangé presque civilisé. Heureusement, la journée se passe bien sans trop de douleurs à l'estomac et le soir, j'arrive même à manger. Bon signe. Le jeune français et la suisse de mon âge (donc pas toute jeune, je sais) aurant dans les deux jours qui suivent exactement les mêmes problèmes que moi, mais en plus grave et plus douloureux. Je m'en sors bien...

Vârânasî est une ville étonnante, encore plus que les autres villes indiennes. La vie se concentre sur les Ghats au bord du Gange et quand on remonte dans la ville, on se retrouve dans le Chowk qui est un enchevêtrement de ruelles plus étroites les unes que les autres et où se concentre tout ce que je vous ai décrit plus haut. Le plus remarquable, ce sont les vaches sacrées qui déambulent à leur aise et qu'il faut constamment éviter ou laisser passer. Evidemment, ces braves bêtes n'ont jamais appris le caniveau et leurs bouses jonchent le sol tous les 10 mètres (quand tout va bien). Il faut donc retrouver sa route (quasi impossible sans demander), se frayer un chemin et surveiller le sol du coin de l'œil pour savoir où on marche. C'est du grand art.

A Vârânasî, ce qui attire inévitablement les touristes en dehors des ablutions des Indiens dans le Gange, ce sont les crémations. Pour nous, ces crémations en plein air sont à la fois fascinantes et choquantes, attirantes et horribles. Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller m'y installer pendant plus de 3 heures pour en observer le mécanisme. Il faut d'abord savoir qu'en se faisant incinérer à Vârânasî les Hindous échappent au cercle infernal des réincarnations et qu'ils atteignent directement le paradis. Ca vaut donc le coup. Pour eux, le corps n'est que le véhicule de l'âme et un fois que tout le rituel a été appliqué, ce qui reste n'est plus qu'un truc sans importance. C'est là que ca devient choquant pour nous: j'ai vu les responsables d'un feu sortir un cadavre encore entier à partir des genoux et des coudes d'un bucher en glissant des bambous dans la cage thoracique, recomposer le feu et remettre le corps dessus avant de le fracasser en morceau pour qu'il brule mieux.

En général, la tête et les pieds dépassent du bucher et quand ils replient la jambe encore entière sur le corps, les touristes ont tous un énorme frisson qui leur parcourt l'échine. Pour les Hindous, ce n'est plus rien...

Les balades sans but dans cette ville hors normes sont toujours étonnantes. J'ai multiplié les photos et comme tout le monde, je me suis levé à 6h du mat pour assister aux ablutions dans le Gange.

Encore un truc inouï pour nous: les Hindous font leurs ablutions dans le Gange, boivent un coup d'eau sacrée, puis se lavent, se brossent les dents et éventuellement font leur lessive. J'essaye de me faire le plus discret possible car j'ai vraiment le sentiment de m'introduire dans leur salle de bain ce qui me gêne. D'autres touristes n'ont manifestement pas cette pudeur.

Le Gange est un des fleuves les plus pollués du monde: en plus de tout ce que je décris ci dessous, il ne faut pas oublier les sorties d'égout diverses, les offrandes qui y sont jetées ainsi que les corps plus ou moins en cendre qui y sont balancés. Bref, un joli dépotoir. En me promenant, j'ai vu un filet "d'eau" descendre de la ville devenir a un moment vert fluo. Je ne veux même pas savoir d'où ca vient... Shrek? Hulk?

Dans mon hôtel, j'ai demandé au responsable si ce que les bouquins écrivaient était vrai: pour les touristes, pas question de tremper le bout d'un ongle dans le Gange: danger mortel. Est ce exagéré? Il m'engueule presque en me traitant d'inconscient alors que je ne compte pas m'approcher de cet égout géant.

2 jours plus tard, à peine levé, il m'appelle dans le patio de l'hôtel et m'accueille avec un air triomphant: le journal local fait état d'un polonais de 29 ans qui pendant 4 jours a fait ses ablutions dans le Gange avec les Hindous. Le 5e jour il a eu mal de tête et s'est retrouvé à l'hôpital local... où il est mort 3 jours plus tard d'une infection généralisée. On aurait même retrouvé des germes dans son cerveau précise le journal. Bon, ok Lesley, je vais continuer à prendre des douches...

Là dessus je vous laisse car je vais aller faire un plouf car il fait vraiment très très chaud depuis le 31 et les deux seuls endroits où on est bien sont: le café internet climatisé et la mer...

A+

Michel

 

 

26/12/2009

10 elephants au plafond!

Salut à tous,

Je souhaite d'abord un très joyeux Noel à toute ma famille, à mes amis, mes collègues et tous ceux qui passent sur ce blog.

Depuis Varanasi, il n'est pas évident de trouver des pc ayant toutes les conditions requises pour l'envoi de messages un peu long: soit le clavier est quasi illisible et la moitie des lettres est effacée, soit certaines lettres ne fonctionnent plus, soit elles nécessitent d'appuyer 5 fois pour s'afficher. Ici à Calcutta, je crois avoir trouvé un endroit pas trop mal. On verra à l'usage.

J'en étais donc resté à mon départ d'Agra vers Gwalior. A la gare d'Agra, j'ai même eu le temps d'aller au Booking Service pour acheter en vitesse un ticket de train de nuit pour le lendemain soir de Gwalior à Varanasi. Bref, tout va bien.

Après un trajet sans histoire de 3 heures, j'arrive à Gwalior où les rabatteurs de tout poil se précipitent pour me prendre en charge en me proposant rickshaw ou hôtel. J'ai repéré un petit hôtel à 300 mètres de la gare et je décide de m'y rendre à pied. Un rickshaw me propose de m'y conduire quand même pour 5 Rps (ce qui n'est rien du tout). Je lui dis que c'est au bout de la rue et il me répond qu'il le sait bien et que c'est pour ca qu'il ne demande que 5 Rps: aah, le bon sens indien.

L'hôtel est sans charme, sans eau chaude, mais il me suffit pour une nuit. Le proprio fait le grand style pour un hôtel vraiment pas terrible. J'ai une TV dans la chambre, mais tous les programmes sont sous la neige, les tentures sont déchirées mais les vitres sont tellement sales qu'on ne voit rien à l'intérieur et puis, il y a le clou de la visite: dans la salle de bain, il y a un chauffe eau qui fait peur. Je vais en envoyer une photo à Terence pour la placer ici car il est surement dans mon top 3 depuis que je voyage: rien qu'en le regardant il risque de vous péter à la gueule. Le proprio me signale qu'il est débranché (c'est déjà ca), mais qu'il peut le rebrancher si je veux. Je le rassure, j'adore les douches froides...

A peine installé, je monte à la citadelle pour une visite et je me fais copieusement doucher: ils prévoient un jour de pluie sur le mois de décembre dans les guides: pas de bol, c'était pour moi.

Le site est plutôt sympa. Je visite une forteresse avec un guide vu qu'il y a pleins de choses à découvrir et que seul je m'y perds un peu: une sorte de téléphone entre deux châteaux distants d'un km, un système airco, un éclairage de qualité, tout ca pour le 16e siècle. Chouette visite.

Au retour, je repéré un resto dans les guides et je prends un rickshaw. Pas de bol: le resto vient de déménager et mon bonhomme me fait une visite de toute la ville avant de trouver mon resto. En plus, la pluie sur une route bien dégueulasse, ca glisse: on voit des motos par terre dans tous les sens et les nombreuses carrioles tirées par des chevaux ou des bœufs n'en mènent pas large. C'est fou le nombre. En plus, on croise des gars poussant des chariots avec tout ce qu'on peu imaginer dessus. J'en ai même vu un en train de ramener chez lui tout un salon Ikea. Incredible India.

Pour les carrioles tirées par des bœufs, ça fout un bordel pas possible en ville: les véhicules motorisés zigzaguent entre eux et ça part dans tous les sens. Tirée par un ou deux bœufs, c'est vraiment pour ceux qui ont le temps. Pour DHL, je conseillerai plutôt les chevaux, ou plutôt le cheval, car si j'ai vu des "deux bœufs", je n'ai pas croisé de "deux chevaux"...

Revenons à mon resto: très classe pour l'Inde sauf que ça ressemble à un buffet de gare, mais je mange un Pepper Chicken délicieux. Seul problème, c'est que je suis seul dans le resto avec 3 serveurs fixes en permanence à 1,5 mètres de ma table. Si je lève un sourcil, il y en a automatiquement un qui se précipite en disant "yes sir?". Stressant finalement. Dans ces restos c'est pas le personnel qui manque; un portier, un caissier et une nuée de serveurs qui n'en foutent pas une...

Retour vers mon hôtel un peu inquiet car j'ai vu l'après midi qu'ils installaient dans l'hôtel juste à cote du mien, tout le nécessaire pour un mariage. Aie aie aie. Ca veut dire nuit blanche jusqu'à ce qu'il coupe la musique. Heureusement, la pluie de l'après midi a nettoyé tout ça et a obligé les convives a se refugier ailleurs. Je me retrouve au calme à 22 heures pour une nuit excellente malgré la présence toute proche de la station de bus de Gwalior.

J'oubliais: 5 minutes après avoir pris possession de ma chambre, on frappe à la porte. Le patron et deux acolytes débarquent en me disant qu'ils viennent contrôler si l'équipe de nettoyage a bien fait sont travail. Un mec reste dehors avec un registre énorme et l'air de se demander ce qu'il fout là, tandis que les deux autres rentrent dans ma chambre et regardent surtout ce que j'ai sorti de mon sac. 10 secondes et ils constatent que l'équipe de nettoyage a bien travaillé. Content que ce soit eux qui le disent...

Le lendemain matin, le même bonhomme me propose un petit dej que j'accepte... et il envoie un mec qui était en train de frapper du linge qui ne lui avait rien fait (c'est comme ça qu'on lave ici), il se casse et va acheter mon petit dej dans l'hôtel voisin.

Je visite ensuite le palais du maharadja local vu que mon train est à 20h40. De nouveau, je constate la différence entre la richesse de ces types et la pauvreté de la population qui trouve ça normal. J'y vois des trucs incroyables: meubles luxueux, salons richement décorés, tapis tissés d'or mais avec quand même deux trucs complémentent fous.

Primo dans la salle de réception, sur la table, il y a des rails qui permettent à un train en argent massif de faire circuler parmi les convives, le brandy ou le scotch. Chacun se sert quand le train passe. Fallait y penser.

L'autre chose est encore plus dingue: dans son salon de réception, trônent les deux plus grands lustres du monde: 12 mètres, 360 ampoules et surtout 3,5 tonnes chacun. C'est impressionnant mais chez moi, ca ne le ferait pas. Le plus incroyable, c'est que les architectes n'étaient pas convaincus que ça allait tenir (logique, non?). Ils ont donc trouve un système D (avec D comme Debile ou Demesure). Ils ont fait construire une rampe de 1 km a travers Gwalior et ils ont fait monter 10 éléphants sur le toit de la salle. Comme ça a tenu, les bébêtes ont pu redescendre et les lustres ont été accrochés... et ils y sont toujours. Pas mal, hein?

Sur ce, je vous laisse car je vais aller me préparer pour aller manger ici à Calcutta où je profite du soleil. Lundi matin, je m'envole pour Goa où je vais aller passer la nouvelle année et faire le plein de soleil (il y fait 32 degrés aujourd'hui) avant de mettre le cap sur l'Europe.

Portez vous bien,

M.

 

21/12/2009

Les trous de balle de Mumbai... et d'ailleurs

Salut à tous,

De retour de mes 20 longueurs dans le Gange, je peux enfin vous livrer la suite de mes impressions de voyage.

J'ai donc quitté Orchha pour rejoindre Agra en train. Agra, j'y étais passé lors de mon premier séjour en Inde, mais j'avais fait un bref passage au Taj Mahal qui m'avait laissé un gout de trop peu.

J'ai donc pris un train pour un trajet court (5 heures de voyage en Inde, c'est rien du tout). Je me suis auto upgradé de place en cherchant le chef de train (le fameux T.T. indien qui n'est pas jaune), celui m'explique les règles de fonctionnement mais au lieu de me faire payer, me fait signe de rester bien tranquillement à la place où je suis, sans payer de supplément: peu de chance qu'il travaille à la SNCB un jour celui là...

Arrive à Agra, j'ai directement droit à la meute habituelle de rabatteurs: Agra et Varanasi ont la réputation d'avoir les rabatteurs et les rickshaws les plus collants d'Inde et ils tiennent à être fideles à leur réputation. A peine sorti du train, j'en ai une nuée qui s'accroche à moi et dont je n'arrive pas à me débarrasser. Une vraie plaie. Pour échapper aux rickshaws, je prends un taxi prépayé... mais un "convoyeur" se joint à nous: mauvaise nouvelle car ca signifie qu'il va essayer de m'aiguiller vers les hôtels où il touchera sa commission.

Et ca ne rate pas: durant tout le trajet il me bassine avec un hôtel qui facture les chambres 6 fois plus chers que ce que je paye. Dialogue de sourds: il veut me montrer "son" hôtel qui "est tout juste ce que je cherche", malgré mes dénégations. Comme prévu, le chauffeur s'arrête au pied de l'hôtel Maya (il me prends pour une abeille?) et moi je prends mon sac et fous le camp dans l'autre sens... avec le ticket "prepaid" sans lequel il ne sera pas payé. Il me poursuit et je lui assure que l'hôtel Maya lui en fera un autre... Finalement, je lui jette son ticket: c'est clair que je ne devrai plus trop compter sur les taxis à Agra.

Je finis par trouver un hôtel après 3 tentatives: le mien est crade de chez crade. Pour la première fois, non seulement je dors dans mon "sac a viande" mais en plus, je gonfle mon oreiller de voyage car celui de l'hôtel ressemble à une infection ambulante. Bon d'accord, c'est pas cher et j'ai vue sur le Taj à 70 mètres, mais je me demande si mon pote taximan n'avait pas raison: c'est combien le Maya finalement.

Le lendemain, je prends un bus local pour rejoindre Fathepur Sikrit, ville royale abandonnée après seulement 15 années d'utilisation pour cause de nappe phréatique insuffisante. Dans le genre "grands travaux inutiles"...

La visite est superbe même si durant tout le début je suis accompagné d'un "étudiant" qui me fait croire qu'il étudie la religion coranique alors qu'il a une bonne tronche de rabatteur pour je ne sais pas encore qui. Je joue le jeu jusqu'au moment ou il m'explique que c'est son grand père qui a fait la plupart des sculptures du site et que justement, lui et son frère ont une échoppe de vente de marbre taillé, juste à cote de là où nous passons. Quel heureux z'hasards, direz vous. Le seul hic, c'est que le site date du 16e siècle: on vit décidément très vieux dans la famille de ce brave garçon. Je le renvoie donc à son coran et à ses études brillantes après une belle discussion avec lui et son frère. 5 minutes après, je le croise vendant des colliers et des bracelets. Dur dur d'être étudiant.

Je passe une super journée sur ce site sous le soleil (désolé, je sais que chez vous, c'est plutôt moonboots et passe montagne). Comme d'hab, les trajets aller et retour se font dans des bus incroyables, a croire que c'est le grand père de mon nouvel ami qui les a fabriqué en même temps que la cité... mais je commence à être habitué: c'est le jour où j'aurai un bus en bon état que je serai surpris...

A Agra, je suis à 70 mètres du Taj et comme il y a un périmètre de sécurité de 100 mètres, j'ai droit a un peloton de militaires bien armés quasi sous ma chambre. C'est déjà ca.

Depuis les attentats de Mumbai en novembre 2008, l'Inde est traumatisée et comme les journaux parlent d'infiltration de nouveaux terroristes depuis le Pakistan, c'est un peu étrange: l'armée est présente partout, armée jusqu'aux dents et pas vraiment commode. Sur le site bouddhiste de Sanchi, mon petit sac à dos a été complètement vidé par un militaire pendant qu'un autre me tenait en joue. Pas rassurant. J'espérais juste qu'il ne doive pas éternuer...

A Mumbai, le week-end, les gens viennent voir les stigmates des attentats sur l'hôtel Taj Mahal et les serveurs du Café Léopold montrent les trous de balles au touristes (non Sophie P., il ne s'agit pas de notre ex-collegue hollandais et de sa collaboratrice préférée), mais des véritables impacts des tirs des terroristes. Ici à Varanasi, le Golden Temple, grand sujet de conflit entre hindous et musulmans est super protégé par des groupes de 6 à 10 militaires postés un peu partout. Pour info, je loge à 50 mètres de ce temple...

A Agra, la seule chose que je reproche à ces braves soldats, c'est que leurs beaux fusils n'aient pas été capables de faire taire ces p.... de chiens qui ont aboyé sous ma fenêtre pendant toute la première nuit. Qu'est ce que j'aurais aime entendre une bonne rafale d'arme automatique...

Deuxième jour, retour au Taj. Je me lève tôt pour voir le lever du soleil, mais en sortant de ma douche (si on peut appeler ce truc une douche), je prends un éclair en pleine face et la pluie s'abat sur Agra: bordel de merde, pour la première fois en Inde depuis que j'y voyage, il pleut en décembre, et quelle pluie. J'attends donc la fin de l'orage et malgré le prix prohibitif (on paye 750 Rps alors que les Indiens en payent 30), je retourne voir ce monument qui est sans doute, avec Angkor Vat, ce que j'ai vu de plus beau construit par l'homme en Asie (oui en Asie, parce que pour le reste, il y a quand même le Manneken Pis et l'Atomium, sans oublier le Stade de Sclessin). J'y ai passé plus de 4 heures en le photographiant sous tous les angles malgré l'absence de soleil.

Après 3 jours à Agra, je suis content de me casser car j'en ai marre de me faire harceler tous les dix mètres par des rickshaws qui veulent à tout prix me faire monter dans leur véhicule et par des marchands de tout poil qui veulent m'attirer dans leurs échoppes pour acheter tout les souvenirs débiles qu'on peut trouver autour d'un site touristique... y compris la superbe boule avec le Taj dedans et plein de neige qui vient quand on la secoue...

Bon, je vous laisse car le gars de l'internet café tourne autour de moi pour fermer et il commence à grogner: j'ai peur qu'il me morde si je continue.

Protégez vous bien du froid et de la neige, moi je vais boire un dernier lassi sur la terrasse intérieure de mon guesthouse avant d'aller dormir.

Michel

 

14/12/2009

Orchha chez les Le Quesnoy

Salut à tout le monde,

Je sais que je manque à tous mes devoirs, mais je bouge beaucoup pour le moment et ce n'est pas évident de prendre mon courage à deux mains le soir pour vous relatez les évènements.

Depuis hier, je suis logé dans un hôtel au pied du Taj Mahal. L’hôtel n’est pas cher, mais pas terrible avec comme principal avantage d'être central et surtout d'être à 70 m de l'entrée du Taj... qui est visible depuis le top de l'hôtel.

Je reprends donc mon trajet depuis Bhopal: le patron de l'hôtel tenait absolument à me déposer à la gare en voiture alors qu'à pied, c'est deux minutes, mais bon. En voiture, ca nous a pris 10 minutes car il est oblige de faire un énorme détour pour rejoindre la route principale. Confirmation: ils roulent tous comme des dingues.

Je prends un ticket de base que je fais changer par le T.T. du train en ticket sleeper, un peu plus confortable. Je me retrouve assis parmi de jeunes sikhs rentrant du service militaire qui me considèrent comme leur invité et achètent tout ce qui passe dans le train comme truc plus ou moins comestible. La plupart sont vachement piquants, mais délicieux. Je me régale. Ils me passent des films pris sur leur portable: toute leur vie défile. Le plus surprenant: 3 d'entre eux pratiquent un sport étrange: ca ressemble à de la lutte car il sont en short moulant torse nu. Y’a 4 gars en short bleu qui protègent un gars en short rouge et de l'autre coté, y’a un mec en short d'une autre couleur qui agit comme s'il allait les encercler (il rêve...) mais qui finit par attraper le planque derrière les autres qui ne le touche pas (j'espère que vous suivez). Finalement, ils partent dans un corps à corps et se foutent sur la gueule. C'est un peu comme s'ils jouaient à touche-touche... mais en plus viril. Si quelqu'un connait le nom, qu'il me le transmette: ca m'intéresse, non pas pour m'y inscrire, mais juste à titre d'info.

Le trajet de 5 heures passe à toute allure et arrive à Jhansi, je me dirige vers la sortie de la gare. Là, ooh surprise: un mec m'attend sous un panneau qui affiche les prix fixent d'un tas de prestations. Même pas de discussion, ni de négociation: super facile. Je prends donc un rickshaw jusqu'à la bus station où on m'interdit de monter dans le bus qui est soi disant over full. C'est nouveau ca: voila qu'on refuse du monde dans un bus qui ne me semble pas plus plein que ca: il doit y avoir une centaine de personnes, mais c'est comme d'hab quoi. Bref, je retourne vers les rickshaw pour marchander: il part de 250 Rps pour descendre lentement. Je propose 150 et lui 200. Ayant assez d'attendre, je dis d'accord pour les 180 qu'il propose mais lui me dit "non, non, 150, it's ok" Je comprends plus rien: pour une fois, ce sont les Indiens qui descendent le prix que je leur propose. Il vire d'ailleurs les gens installés dans son véhicule et on part. 20 kms tranquilles vers Orchha et ses temples et palais.

Dans le Routard, je trouve un hôtel qui a l'air correct et je m'y arrête. Chouette hôtel et proprio sympa... presque trop. Chaque fois qu'on le croise, il répète "vous êtes ici chez vous, c'est votre maison" et ses enfants se mettent au garde à vous pour dire "hello sir, how are you? How was your day?" Too much: on se croirait invité chez les Le Quesnoy alors qu'on s'attend plutôt à tomber sur la famille Groseille. Le premier soir, il m'invite à partager un thali avec lui et on discute  gentiment. En remontant vers le nord, on sent quand même le froid qui monte aussi (logique) et j'en arrive à rêver des plages chaudes de Goa et de tout le sud.

Je suis resté finalement 3 nuits à Orchha, charmant petit village loin de toute l'agitation des métropoles indiennes avec en plus, son lot de palaces et de temples superbes: vous verrez les photos, c'est très chouette. Par contre, je trouve que la région est vraiment très pauvre: il y a énormément d'enfants qui errent dans les rues et sur le marché, pieds nus et vraiment très sales. Certains sont étonnants: un gamin m'a dirigé vers un truc dont Mr Le Quesnoy m'avait parle et que je ne trouvais pas. Il devait avoir une petite dizaine d'années, mais se comportait déjà comme un adulte. En revenant au village, il m'a montré la maison, ou plutôt la cabane, où il vit avec ses parents et ses 4 frères et sœurs: ca fait froid dans le dos. C'est totalement inimaginable pour nous de voir le dénouement de ces gens. Il voulait de l'argent, mais je lui ai propose un vêtement: on est donc retournés au marché où il m'a montré un pantalon... que je lui ai payé: moins de 3 euros alors que son pantalon à lui était dans un état terrible: déchiré, sale, trop petit...

Les sites visites à Orchha sont vraiment superbes: j'ai pris mon pied en me baladant de temples en palaces pour terminer au bord de la rivière pour assister au coucher de soleil.

Orchha est aussi un village possédant un temple célèbre, dédié à Rama. Samedi, tous les mariages de la région sont passés par ce temple avec force, tambour et cris les accompagnant. Les mariées sont superbes dans leurs saris de cérémonie, mais ce qui se dégage surtout, c'est leur infinie tristesse: la plupart d'entre elles sont très jeunes et elles épousent des hommes qu'elles n'ont jamais vu et qui sont beaucoup plus âgés qu'elles la plupart du temps. En plus,  elles savent pertinemment qu'elles sont destinées à devenir la servante de leur belle-mère qui ne les ménagera pas. Pour clôturer le tout, elles partiront vivre le plus souvent dans la belle-famille, loin des siens qu'elle ne reverra parfois plus jamais. Bref, pour elle, c'est pas vraiment la fête.

Le mariage indien est bruyant... mais la soirée qui le suit est pire que tout: sono assourdissante, pétards puissants, bref, tout ce qu'il faut pour tenir les touristes éveillés...

Bon, là dessus je vous laisse. Demain, je vais peut être retourner visiter le Taj que j'avais déjà vu il y a 5 ans... mais l'endroit est tellement beau...

Passez une bonne soirée et à bientôt,

 

Michel

 

11/12/2009

Mais qu'est ce qu'elle fout ici????

Salut à tout le monde depuis Orchha,

Hier soir, j'ai voulu poster un message, mais en plein milieu, panne de courant dans tout le village. Heureusement j'ai trouve une âme charitable pour me ramener vers mon hôtel... que j'ai réintégré après avoir marché dans toutes les bouses des 300 m à parcourir. Mes chaussures de marche sont HS et sèchent jusqu'a ce soir...

Pour le reste, j'ai entamé ma remontée vers le nord en prenant un train de nuit vers Bhopal dont tout le monde a entendu parler suite à la catastrophe industrielle de 1984 qui avait fait plusieurs milliers de mort. 14h de train de nuit en compagnie d'une famille indienne super organisée (les parents et 3 petits bouts) et d'une vieille irlandaise baba cool qui dès le départ me fait penser à quelqu'un. Elle essaye de s'habiller à l'indienne, mais plutôt tendance épouvantail du genre qui fait peur. Elle est chiante à mourir: elle trouve les indiens bruyants, les trains sales, la chaleur insupportable. Mais qu'est ce qu'elle fout ici? C'est le genre qui, si elle était allergique au poil de l'ours polaire, refusait de sucer un esquimau et détestait le froid irait en vacances au Pole Nord. En plus, de profil, je sais à qui elle ressemble; c'est le sosie d'Anne Marie Lizin. MAIS QU'EST CE QU'ELLE FOUT ICI? Après une nuit chahutée suite à la présence de students qui ont plus envie de faire la fête que de dormir, on arrive à Bhopal... et Anne Marie me suit vers l'hôtel que j'ai repéré. Arrive à l'hôtel, je me précipite pour la précéder car j'ai peur qu'elle ne propose une chambre double et je prends directement la chambre proposée. Coup de bol: celles qu'elle visite ne lui conviennent pas (of course) et elle se casse. Bye bye Anne Marie.

J'ai passe 3 jours à Bhopal: le premier pour me débarrasser d'Anne Marie, le second pour visiter la ville et le troisième pour aller visiter Sanchi, patrimoine mondial de l'UNESCO à 50 km de Bhopal. Pour la visite de la ville, vu que tout était assez étendu, je voulais profiter du "city tour" mais arrive sur place, on me dit qu'il faut 5 personnes: je suis seul et je doute de trouver d'autres touristes ici. J'attends en regardant du cricket (je pige toujours pas pourquoi ils sont parfois contents...) et finalement, je reste seul. Je décide donc de rentrer à pied a-à l'hôtel: 7kms à travers la ville. Superbe ballade dans la chaleur. J'ai de superbes photos mais j'attends de trouver un endroit sur pour les envoyer à Terence. J'ai croisé un mariage, une agence ING, une rue spécialisée dans la vente d'animaux,... Pour cette dernière, si vous êtes héritiers directs de Brigitte Bardot, je vous conseille de l'y emmener, ca accélèrera les choses. Si vous êtes affiliés à SOS Animaux en péril, évitez: c'est assez effrayant je dois avouer. 

Un brave bonhomme croisé sur le trajet m'a renseigné le resto top de chez top. Difficile à trouver car indiqué uniquement en hindi mais quelle nourriture! D'abord le service: je commande un plat et le serveur se saisit de la carte en mettant son doigt sur mon choix pour montrer ce que je veux. Ensuite je commande un coca... qu'ils vont acheter dans une échoppe à coté. Mais qu'est ce que c'est bon! (Chouette, pour une fois il y a des points d'exclamation sur un clavier indien!!!!!).

A Bombay aussi, j'ai eu une chouette expérience dans un resto. J'étais parti en ballade et je tombe sur un resto plein d'Indiens. Je rentre et la carte compte une vingtaine de plats de chicken, dont 95% ne me disent rien. Je demande donc au serveur ce dont il s'agit pour le premier: "It's chicken... with sauce" OK. Et le deuxieme? "It's chicken with sauce". Idem pour le troisième. J'aurais fait toute la carte, j'aurais eu la même réponse...

Bon, je vous laisse car on vient d'avoir deux baisses de tensions (le pc, pas moi, rassure toi maman!) et je crains de tout perdre.

Je vais aller boire un lassi sur une terrasse pour me rafraichir et ensuite je vais nettoyer mes pompes.

Demain, je reste ici sans rien au programme, je vous enverrai la suite.

Bon week-end à tous,

Michel