02/12/2007

N'emmenez pas vos amis écolos en Inde!

 

Mangalore: dernière étape avant le retour à Goa. Je dois avouer que les trajets successifs m'ont considérablement crevé et que j'ai hâte de me fixer un peu.

A l'hôtel de Mangalore, ils sont sympas et téléphonent à la gare pour savoir quand il y a un train vers Goa, vu que les trains régionaux ne figurent pas dans la bible des routard le "Trains at a glance", répertoire de tous les trains indiens. Bonne nouvelle, il y en a un à 6h50... et je gagne donc une heure de sommeil par rapport à celui que j'avais repéré. Comme j'ai de plus en plus de mal à me réveiller avec le petit bip de ma montre et comme je dispose d'un téléphone dans la chambre, je demande qu'ils m'appellent à 5h30. Ils en prennent bonne note mais j'ai des doutes...

Comme l'hôtel est occupé exclusivement par des Indiens, le soir, c'est boucan assuré: partout, ils agissent de la même façon: ils laissent la porte de la chambre ouverte, la télé à fond et se parlent de chambre à chambre. La nuit, quand ils rentrent, même topo: on discute dans les couloirs sans s'inquiéter du bruit. Le mot "chuchuter" ne doit pas exister en hindi!

A 5h00, je me réveille, mais comme toutes mes affaires sont prêtes, j'attends que la réception m'appelle pour me lever... et je serais encore en train d'attendre je crois s'il avait vraiment fallu qu'ils me réveillent. Quand je descends pour régler la chambre, je leur fait la remarque et j'ai un peu honte car les deux réceptionnistes ont l'air tout penaud. Je les rassure en leur disant que j'étais déjà éveillé. A ce moment-là leur visage s'éclaire et un des deux me dit: "ben oui, c'est pour ça qu'on ne vous a pas appelé: vous étiez déjà éveillé!". La mauvaise foi indienne: ils ne seraient pas dépaysés dans la politique belge, ces braves gens...

A la gare, pas de choix: il n'y a qu'une classe dans les trains régionaux. Je m'installe donc où je peux avec mon sac à dos de plus en plus lourd. Je partage une banquette avec un prêtre catho très sympa (comme quoi...) et 3 jeunes mecs qui terminent leurs études. Le trajet dure plus de 8 heures mais ça passe super vite. Les gamins regardent mes photos et me posent des tas de questions du style "pourquoi t'as fait celle-là?" vu que ce sont des scènes de leur vie quotidienne qui nous paraissent hallucinantes... mais ce n’est pas facile à expliquer.

A un moment, je leur passe mon iPod qu'ils se passent en semblant assez surpris par ce que j'écoute: il faut dire que quand ils me le rendent, ils étaient sur un album d'AC/DC, ce qui ne ressemble pas forcément à la musique indienne traditionnelle.

Sur le trajet, on récupère pas mal de touristes montés à Gokarna, une ville mi-sainte, mi-plage dont on dit beaucoup de bien. Il faudra que j'essaye.

En arrivant à Canacona, un chauffeur de taxi me propose de me déposer à Palolem pour 100 Rps. J'essaye de négocier vu qu'il y a au maximum 3 kms jusque là. Je lui fais dire que le trajet revient bien à 100 Rps et que ce n'est pas le prix par personne. Comme il confirme, on embarque un couple israélien, un canadien et un couple de... voisins (vu qu'ils viennent d'Uccle). A 6 pour 100 Rps, on n'est pas roulés... le chauffeur par contre tire la gueule!

A Palolem, je m'installe dans un super petite hutte pour 5 jours avec les Ucclois comme voisins. Ils réussissent à me convaincre d'aller faire le tour matinal en bateau pour aller voir les dauphins... et je ne le regrette pas car on a vraiment eu l'occasion de bien les observer au large de la plage d'Agonda. Chouette ballade avec un couple très sympa.

Pour mon retour à Palolem, je suis abordé par un Allemand qui est arrivé en même temps que moi et avec qui je partagerai quasi tous mes soupers: le genre de mec hors norme avec lesquels je m'entends si bien. Il est dans le bâtiment (formation de maçon et d'électricien) qui s'est installé à son compte et qui travaille partout où on lui propose un projet: Ghana, Pakistan, Sri Lanka, Nouvelle-Zélande,... On rencontre aussi un roumain allemand (ou un truc dans le genre) qui part pour minimum un an et comme il va faire le SE asiatique, je lui ai promis de lui envoyé des renseignements utiles.

Pour le reste, la vie s'écoule paisiblement: je n'ai vraiment plus envie de bouger après toutes mes journées de bus et de train. Je me contente de profiter du soleil et un peu de la plage. Les nuits paraissent vachement froides... mais quelqu'un me confirme que le thermomètre ne descend jamais sous les 15 degrés. Pourtant on caille tous la nuit: ça doit être la différence de température qui cause ça, vu qu'il fait plus de 33 degré tous les jours.

A Goa, on a l'impression que les gens ont été formé à l'accueil des touristes et c'est ainsi que c'est le seul endroit où l'on voit la majorité des Indiens utiliser les poubelles par exemple, ce qui me change du reste du pays. Le plus terrible que j'ai vu (en dehors des égouts d'Ooty que j'ai observé de tout près), c'est lors de mon fameux trajet en train pendant le Diwali. J'étais donc assis sur mon sac à dos à l'entrée du wagon et j'avais vu une grande poubelle en plastique de plus d'un mètre de haut sur la passerelle. Je suis épaté et je me dis que les Indiens font décidément des efforts conséquents, surtout que la poubelle se rempli bien. A 3 heures du mat, un employé du train vient, prend la poubelle qui est bien pleine maintenant, la traîne jusqu'à la porte extérieure qu'il ouvre et hop, tout le contenu vole sur les voies. Bon d'accord, il reste du boulot... Un conseil: si vous êtes pote avec un écolo, ne l'emmenez en vacances en Inde, car à son retour il est parti pour une thérapie de 30 ans...

Après ça, je peux vous avouer que j'ai fait comme les indiens: tout passe directement par la fenêtre du train vu que c'est de toute façon la destination finale ici... Il faudra que je fasse gaffe en rentrant quand je prendrai le métro!

N'empêche que ça fait toujours une drôle d'impression quand on voit qu'un journal passe de main en main et que chacun reçoit une page et puis que quand tout le monde  finit, on reconstitue consciencieusement le journal page par page... avant de le balancer par la fenêtre. Il faudra qu'on m'explique...

Des tas d'autres choses sont surprenantes: à l'entrée de la plage de Palolem par exemple, il y a un panneau plein d'avertissements pour les gens qui y viennent. Il est dit en vrac: 1) ne pas faire ses besoins sur la plage (ne rigolez pas, c'est courant dans certaines régions: je l'ai vu et surtout senti!) 2) ne pas cracher (ah la saloperie de betel) 3) ne pas fumer sur la plage 4) ne pas abuser d'enfants. Tout ça sur le même ton, comme s'il n'y avait pas de différence entre l'abus d'enfant et cracher en public... 

Le dernier jour, retour de Kate avec une copine anglaise qui vient en Inde pour une semaine: faut être motivée. Le soir on se retrouve avec Janine et 3 anglais dans le même resto en dehors de la zone touristique. La bouffe est excellente et pas chère, mais les anglais commandent des bières comme des fous et on se retrouve en fin de soirée à avoir bu 20 bières à 7... Et ce sont des bouteilles de 675 ml. Et comme ils n'en ont pas assez, on passe dans un bar sur la plage. Je bois un rhum (local) coca et je vais me coucher. A 4 heures du mat je suis réveillé par les anglaises vu que la copine de Kate n'a pas perdu de temps et qu'elle a ramené un mec dans leur hutte. Donc Kate vient dormir avec moi mais après 5 minutes, j'ai de nouveau mon lit pour moi tout seul vu qu'elle va vomir jusqu'à l'aube. Chouette dernière nuit!

Bon, il ne me reste plus qu'une étape: le retour sur Mumbai pour une seule soirée avant le retour sur Bruxelles. Je profite au max de ma dernière journée et je pars en bus pour Margao et puis le train vers Mumbai. Pour le départ, ça va: on a 25 minutes de retard... mais à l'arrivée, on en à 5h45! Et il y en a qui se plaignent de la SNCB en Belgique! On devait arriver à 5h50 et on est arrivé à 11h35. On a fait des arrêts hyper longs durant la nuit et en plus un Indien voulait laisser la fenêtre ouverte et j'ai chopé une crève d'enfer. Je partage notre compartiment avec un couple allemand, une anglaise et 4 Indiens dont un qui avait difficile à suivre. Il me demande d'où je suis et quand je dis "Belgium" il parle en hindi avec un des gars et je crois comprendre "Tokyo". Effectivement, le gars croyait que Belgium c'était une ville japonaise à côté de Tokyo au Japon. D'ailleurs ajoute-t-il, je ressemble à un japonais (le premier qui me parle de sumo prend ma main dans la tronche, compris?). C'est quand même une première pour moi.

A Mumbai, je partage un taxi avec l'anglaise et on se retrouve dans le même hôtel, on va boire un verre et on décide d'aller au cinéma le soir même voir un film de Bollywood. Finalement, le film joué concerne une équipe de foot d'émigrés indiens en Angleterre, mais Emma insiste quand même pour y aller. Le film s'intitule, de manière très originale, "Goal" et reprend pas mal d'éléments habituels du cinéma indien, sauf les principaux que sont la danse et le chant, mais bon, on passe un bon moment: même si le film est principalement en hindi, on comprend tout: c'est pas encore sur ce film que les scénaristes indiens risquent d'attraper une méningite...

Le lendemain, resté seul, je prends un bus local pour aller voir un quartier que je ne connais pas. Je me retrouve à traverser un bidonville, ce qui m'inquiète un peu, mais ça se passe bien. Au retour, je vous le donne en mille, le bus tombe en panne: me voilà donc débarqué dans un quartier que je ne connais pas mais heureusement un Indien m'accompagne jusqu'à un arrêt pour atteindre l'endroit où je désire me rendre (le Crawford Market). Je fais quelques achats et je rentre à l'hôtel où je constate qu'il me reste exactement le montant pour payer le taxi jusqu'à l'aéroport. Je vais donc mendier 11 Rps (il m'en reste 4) chez un Anglais qui vient de débarquer pour me payer une bouteille d'eau!

Entre temps, je retrouve un Belge qui était dans le train de Goa et qui m'invite à aller boire un dernier lassi et un dernier chai avant mon départ: ça ne se refuse pas! En fait, il s'agit du directeur du centre fermé d'Everberg et la discussion est très intéressante. On se retrouve enfin dans sa chambre pour peser nos bagages respectifs avec un crochet à l'ancienne reçu de l'hôtelier. Je répartis donc mes bagages dans mes sacs du mieux possible.

A propos de mon bagage à main, je me suis bien fait b...: en fait, en me baladant en ville, je trouve le sac idéal que je négocie. Le vendeur commence à 1500 Rps pour vite descendre à 1200 puis à 800 sans que je ne propose de prix. Je lâche donc 300 et il continue à descendre jusqu'à 350 et là, comme j'insiste, mais juste pour le plaisir du marchandage, un couple d'Indiens présent depuis le début dit: "ok, 350 Rps, on prend" et comme il s'agissait du dernier exemplaire, je suis pigeon. Le lendemain, je trouve un sac un peu moins bien pour 400 Rps. Ca m'apprendra!

En rentrant à l'hôtel pour récupérer mon sac, je suis à nouveau abordé par des jeunes qui s'approchent en gueulant "taxi" et puis qui tout proches, proposent toutes les drogues possibles et imaginables. Pour m'en débarrasser, je dis que je pars pour l'aéroport et que je n'ai plus le temps. Le gamin à une réponse exceptionnelle: "achète moi de la drogue et je viendrai te montrer comment la planquer dans tes bagages!". Il me suit jusqu'au pied de l'hôtel!

Départ pour l'aéroport. A Mumbai, c'est l'enfer. Au niveau international, on a dit qu'il fallait renforcer les contrôles: on sera donc contrôlés 8 fois avant de grimper dans l'avion et ils ne trouveront jamais les gouttes nasales que j'ai sur moi. Tous les contrôles effectués son plus ou moins foireux mais prennent un temps fou! Comme en plus notre avion est annoncé avec deux heures de retard (je sais, je dois subir une malédiction du dieu des transports!), c'est la fête. Le trajet de retour se passe bien malgré de nombreuses turbulences, mais quand on a "fait" l'Inde en bus, on ne craint plus rien!

A Zaventem, la première constatation est qu'il fait gris, atrocement gris: plus que la température, c'est ça qui me fout le moral à plat! Comme d'hab à Zaventem, il faut attendre un temps fou pour récupérer nos bagages: on attend pendant quasi une heure et quand un responsable se présente, il nous annonce tout bêtement: "et vous êtes déjà allés voir sur les autres bandes si vos bagages n'y étaient pas: ça arrive parfois". Non, finalement, l'Inde, ce n'est pas si compliqué que ça... Welcome back in Absurdia.

Bon, maintenant il est temps de penser au prochain voyage qui pourrait bien être... l'Inde, mais l'est: Calcutta et l'Orissa me tentent vachement. On verra bien!

A+

Michel, ex-touriste

29/11/2007

Massage de merde et cauchemar d'infection

 

Salut à tous,

A Ooty, les environs sont très chouettes: c'est typiquement une station d'altitude où les Indiens peuvent venir se refugier quand les températures s'affolent dans la plaine. On y trouve tout ce que les locaux apprécient et qui nous semblent un peu désuet. Un exemple? Il y a un parc d'attraction qui ressemble un peu à Disneyland... si celui ci avait été construit en 1903... Et je ne dois pas être loin de la vérité. Mais les Indiens s'y précipitent en masse et semblent apprécier.

Pour ma part, j'hésite entre l'option de prolonger mon séjour ou de remonter petit à petit vers Goa. Un incident à la con va me faire choisir le départ précipité: le soir, je repère un resto sympa dans le Lonely et pour m'y rendre je demande un rickshaw qui m'annonce un prix ridiculement élevé mais qui compte sur le fait qu'on n'a pas de plan de cette ville pleines de petites ruelles qui montent et descendent. Je décide donc de me débrouiller: grave erreur. J'essaye de suivre le plan simpliste du bouquin pour retrouver l'endroit alors que les rues ne sont éclairées que par les magasins où les lampes des façades. Dans un coin hyper sombre, je veux descendre de ce qui ressemble à un trottoir pour éviter une vendeuse de fruits installée en plein milieu. Ce que je crois être l'ombre du trottoir est en fait l'égout à ciel ouvert dans lequel ma jambe gauche tombe violement. Sur le coup, je crois que ma main et ma cheville sont cassés tellement j'ai mal. Quand je sors ma jambe, des indiens se précipitent en relèvent la jambe de mon pantalon: je suis couvert de merde et je saigne aussi... Malgré tout, un mec me masse (je l'aurais pas fait) et y ajoute un espèce de truc qui ressemble à du tabac, ce qui arrête le saignement.

Furieux contre moi-même, je rentre à l'hôtel pour constater les dégâts: ma godasse de marche et mon pantalon sont couverts de merde et de sang et là, pour la première fois depuis que je voyage en Inde je panique vraiment en imaginant les risques d'infections. Je me lave donc à grandes eaux, je rince les vêtements (sauf les chaussettes qui volent à la poubelle). Résultat: je me lève au moins 10 fois durant la nuit pour me laver et je me couvre de pommade désinfectante comme s'il s'agissait de crème solaire. Au matin, toute ma chambre pue la merde et moi je suis toujours pas rassure. Je remballe mes affaires, je crée deux sacs "Seveso" pour mes pompes et mon froc et je me casse. Je paye et comme pour la première fois je n'ai pas du faire de check in, cet hôtel sera bien en peine de me poursuivre pour l'état de la salle de bain... mais je plains le prochain locataire car s'ils ne passent pas tout au karcher d'eau de javel, ca risque de puer un bon moment.

Je trouve une compagnie privée qui part sur Mysore, j'achète un ticket et m'installe. Un Indien fait le voyage à mes cotés: il était en vacances avec sa femme et sa fille et il rentre à Mumbai. Il n'arrête pas de me parler et de me poser des questions.

" My name is Michel. I'm 44 and I'm from Belgium. I'm single and I travel alone. Yes, I like India. My parents are near Brussels and I have a sister. Yes, married with 3 daughters. I work for a bank." Si vous réussissez à placer tout ca avant la première question, vous êtes dans le bon. Généralement, ils vous demandent toujours la même chose.

Ici le gars était plus précis et voulait savoir ce que je faisais précisément comme boulot. J'ai essayé... et je n’aurais pas dû. Je lui ai parlé de la F1... et ca non plus je n’aurais pas dû. A l'arrêt suivant, pendant que le chauffeur vérifiait que son véhicule fonctionnait toujours, je l'ai vu en grande discussion avec sa femme et sa fille et de retour à nos places, il m'a posé la question qui tue: "Are you the driver of the F1?" J'ai été assez con pour lui dire non...

Trois choses frappantes sur le trajet: en mini bus, on quitte Ooty par une route "spéciale": c'est superbe mais les virages sont tellement serrés et la pente tellement raide que les bus normaux ne passent pas. A coté de cette pente, l'Alpe d'Huez ressemble à un pont d'autoroute... Mais quel paysage grandiose une fois de plus... malgré la conduite assez "Sebastien Loeb" (tant qu'il ne se prend pas pour Duval) du chauffeur. Impressionnant.

Ensuite, on est arrêtés à une sorte de frontière qui marque à la fois l'entrée dans un parc national et dans le Tamil Nadu. 2 militaires entrent dans le car et vérifient systématiquement tous les bagages jusqu’aux plus petits sacs plastiques des passagers... sauf mon énorme sac à dos et mon petit sac de voyage. En fait, je ne sais pas ce qu'ils ne pouvaient pas avoir, mais il aurait suffit de tout taper dans mes affaires et le tour était joue. Si vous avez des potes trafiquants dans le coin, faites passer le message.

Nous traversons donc le parc et je sors mon appareil photo. Mon voisin et les autres me disent que je peux les croire: à part des singes et éventuellement des gazelles, on ne voit rien, je peux leur faire confiance. A peine ma camera rangée, notre François Duval fait une embardée en sortie de virage pour éviter... un éléphant sauvage qui traverse tranquillement la route. Pas le temps pour la photo mais bien pour regarder tous mes interlocuteurs et pour leur demander ce qu'il en est pour les tigres et les guépards... qu'on ne verra malheureusement pas.

A Mysore, je m'installe dans le même hôtel qu'il y a 3 ans, je fais un tour en ville et je veux réserver, comme la fois passée un bus de nuit pour Goa. Problème: ca n'existe plus.  Options: retour vers Bangalore comme tous les touristes et espérer trouver un ticket de train ou plutôt d'avion pour la plupart (ce que ma religion m'interdit) ou trouver une voie alternative.

Je décide donc de prendre le bus régulier pour Mangalore (sur la côte) et puis de me débrouiller pour remonter. Entretemps, mes sacs Seveso trempent dans un seau bourre de lessive à la main et j'ai l'impression que ca va.

Le soir, un excellent repas à Mysore et au lit pour préparer le voyage du lendemain (6 heures de bus prévues).

Au lever, je vais faire mon check out dans une réception d'hôtel incroyable. Déjà que le check in, c'est eux qui le remplissent (contrairement à la plupart des hôtels indiens) et le gars fait ca très consciencieusement... mais en mettant toujours le prénom comme nom du client. Le premier gars de la réception prend donc ma clé, ouvre un bouquin énorme et dit bien fort " You are Mister Michel" (les supporters du standard comprendront la difficulté d'accepter ce patronyme pour moi) et il lit donne la clé que je viens de donner à son voisin... qui ouvre à son tour son livre de comptes où il apparait que j'ai payé 300 Rps d'acompte pour une chambre à 296 Rps. Mais j'ai eu un Chai à 6 Rps dans ma chambre. Il fait donc longuement le décompte pour en arriver au fait que je dois 2 Rps... Et il passe la feuille au troisième qui remplit un document qui me semble plus imposant que celui que j'ai du signer au moment de mon prêt hypothécaire. Je lui donne le compte juste de peur qu'il ne sorte un autre papier, mais lui, toujours aussi méticuleux, ouvre un tiroir pour sortir une enveloppe dans laquelle il glisse ma note.

Là-dessus, je paye un rickshaw pour foncer à la gare des bus pour partir sur Mangalore. Là, un mec m'amène à l'entrée du bus où je veux monter mais le contrôleur m'indique que je dois retourner à un bureau à 30 mètres de là où le chef du quai me dit que je peux monter dans le bus où j'étais 30 secondes plus tôt.

C'était ma matinée administrative du séjour...

Le trajet en bus fut un enfer: les routes empruntées n'en étaient pas (ou plus) et on a mis 9h45 pour attendre Mangalore après environ 200 km de caillasses et de routes défoncées sur les 250 du trajet. J'arrive complètement cassé à Mangalore que je visite rapidos avant un excellent repas dans un petit resto sans touriste. Je veux du poulet tandoori avec du riz et le maitre d'hôtel me répète que c'est "dry" et que je dois prendre un plat en sauce en plus. Je lui dis que non (car il me conseille un homard) et finalement, je reçois ce que j'ai demande plus une sauce homardine succulente que le resto m'offre pour que je sois satisfait.

La suite je l'enverrai de la maison car il est 18h30 et que je dois aller manger puis retourner a l'hôtel avant de prendre mon avion à 2h10 cette nuit. Et comme je ne sais pas du tout où je suis.

Merci de préparer le soleil et à demain pour certains.

Michel le désinfecté 

25/11/2007

"First washing... then leaving"

 

Namaste,

Enfin des conditions internet acceptables pour poster correctement sur mon blog.

J'ai donc quitté Munnar tout seul avec la ferme intention de rejoindre la plus haute station d'altitude du sud de l'Inde: Ooty. Pour ce faire, je me suis renseigné un peu partout à Munnar pour connaitre les meilleures connexions et finalement je décidé de faire confiance à notre hôtelier qui me dit qu'il a été chauffeur de bus durant 27 ans dans la région: je pars donc pour Uddamapet que je ne trouve sur aucun plan, mais bon...

Il m'annonce le bus à 8h30, donc je me retrouve à la Bus Station à 7h45 pour être certain. Il y a déjà des chauffeurs et leurs contrôleurs présents et je me fais confirmer l'heure de départ. La Bus Station ressemble à un cimetière de carcasses et comme dans le paquet, il y en a un seul avec roues et moteur, je me dis que c'est le bon... même s'il est bien pourri.

A 8h30 précises, le chauffeur se met en place et alors que je m'approche avec mon sac, le contrôleur s'approche de moi et me sermonne en pointant l'index pour me dire "first washing and then leaving". Je n'en crois pas mes yeux: le bus se déplace de maximum 10 mètres et un mec débarque avec son tuyau d'arrosage pour frotter minutieusement la carcasse. Je crois rêver. On décolle enfin à 8h45 pour s'arrêter à Munnaur (1100 mètres de parcourus) ou on m'annonce un arrêt de 40 minutes. Super.

La route pour descendre de Munnar est superbe même si le chauffeur roule à tombeau ouvert et qu'on frôle à chaque virage, des précipices vertigineux. Moi qui n'ai jamais peur en voiture, je suis scotche à mon siège en attendant d'être en bas... tout en essayant d'apprécier le panorama. A Uddamalpet, je me retrouve au milieu de nulle part et je trouve assez facilement mon bus pour Coimbatore. Le trajet est très cool: on slalome entre les chars à bœufs, les vaches et les gens qui se baladent sur la route... sans compter l'état catastrophiques des routes, complètement défoncées, sans doute à cause de la mousson.

A Coimbatore, il y a 3 gares de bus près du seul hôtel qui me semble valable... mais malheureusement il y en a une 4e où je débarque. Je ne trouve personne comprenant ce que je dis et je suis ballade dans la ville par 3 bus différents pour finalement être débarqué après une heure de visite de la ville, à environ 1 km de mon hôtel. Je rame pour le trouver car personne ne parle anglais. Finalement l'hôtel est pas mal et je pars me balader en ville où je mange un super bon poulet malabar bien spicy. Je négocie une ceinture en "cuir" en partant de 350 Rps pour l'acheter finalement a 50 Rps soit 1 EURO. Quoi qu'il arrive je ne me suis pas fait rouler. Il y a un monde fou dans la ville... comme partout en Inde. Comme le disait John Wayne a Calamity Jane: "Ouvre l'œil car il y a des Indiens partout".

Je me couche hyper tôt car je suis cassé et le lendemain, j'ai un train à 5h15 pour rejoindre le point de départ du mini train à vapeur qui rejoint Otty. Comme promis à 4h00, on me réveille et je trouve un riskshaw qui m'amène à la gare dans les temps. Dans le train il y  a déjà un monde incroyable. Heureusement je n'en ai que pour une heure de route. Arrive au terminus, je me précipite au guichet de la gare pour acheter un billet car normalement, c'est sur réservation. Un Anglais est dans le même cas que moi et nous faisons consciencieusement la file jusqu'a ce qu'un Indien vienne et ne s'intercale pour passer avant nous. Il faut dire que dans les files en Inde, le principe est de coller le gars qui vous précède et derrière vous, ils font la même chose. Si vous laissez 20cm, il y a toujours quelqu'un qui va s'infiltrer. Mais la, il ne faut pas faire chier deux mecs qui se sont levés à 4h du mat, donc on éjecte violemment le mec de la file et à mon avis, il doit toujours être pendu quelque part à un néon de la gare de Mallayapet. Si vous connaissez le chef de gare...

Pour le reste, la montée est superbe... mais d'une lenteur affolante car il faut s'arrêter sans arrêt pour nettoyer les systèmes de la loco: on met 5h30 pour faire 46 kms. Impressionnant.

La ville est pas mal, mais je suis crevé et je me rends compte que ce qui est surtout propose, ce sont des trekkings. Je fais donc une énorme ballade tout seul l'après-midi en envisageant de partir dès le lendemain pour Mysore.

Je vous raconterai ca demain car je dois continuer à envoyer des photos à Terence.

Portez vous bien et à très bientôt.

M.

20/11/2007

My tailor is not rich... et ne risque pas de le devenir

Salut à tous,En descendant de la montagne, voilà que je retrouve enfin internet. Dans les Ghats occidentaux, je crois qu'internet fonctionne grâce à des éoliennes, mais il ne doit pas y avoir assez de vent pour le moment...A Köchi, j'ai donc annulé mon annulation pour faire les backwaters avec les deux filles sans partir d'Allepey. Après coup, je me rends compte que ca ne change rien car tous les bateaux partent plus ou moins du même endroit. La journée se passe exactement comme je voulais: pas de gros bateau touristique à moteur mais un petit bateau dirigé par deux indiens équipés de tiges de bambou. C'est sympa. En plus, on n'est que 4 avec une anglaise embarquée au même hôtel que nous. Le midi, nous avons droit à un thalli succulent servi sur des feuilles de bananier au milieu de nulle part. Le soir, nous allons manger tous ensemble et finalement, Kate, l'anglaise souhaite nous accompagner à Munnar. Rendez vous est pris.Départ donc à 9 heures de l'hôtel, sans Ursula qui rentre en Belgique, pour aller chercher un bus local à Ernakulam en vue de se rendre dans les plantations de thé de Munnar à 1600 mètres d'altitude. On trouve le bus et on s'embarque. Le bus semble pour une fois tout à fait correct. Le début de la montée vers la station d'altitude est sans problème et nous traversons des paysages superbes avec des coteaux très escarpés. Première alerte quand dans un village, le contrôleur se précipite pour aller chercher un seau d'eau, puis un autre pour son pote le chauffeur: ca sent pas bon pour nous. On repart cependant.A 13 km du sommet par contre on s'arrête à nouveau et là, l'eau versée passe directement sur la route et on nous demande de débarquer en attendant le prochain bus. La merde quoi. On reste une heure sur le bord de la route avant qu'un autre bus déjà bien rempli ne nous charge jusqu'à Munnar où on arrive après plus de 6 heures de route.Là, malgré tous nos bouquins de voyage, on peine à trouver des chambres et finalement on se retrouve à 3 dans une chambre (avec un lit d'appoint pour moi) pour une seule nuit car après, c'est réservé. Le soir, il fait hyper caillant là-bas: je me les gèle toute la nuit mais bon, ca va. La ville est dans un site merveilleux entouré de montagnes couvertes de plans de thé.Derrière notre hôtel, on avait vue sur un hôtel dont le slogan était "honeymoon paradise" ce qui nous faisait bien rire... et finalement, on ne trouve une chambre pour 3 que dans cet hôtel à l'écart de la ville. A partir de là, les deux filles prendront un malin plaisir à demander aux rickshaws de se rendre à l'Honeymoon hôtel... ce qui rend les braves chauffeurs plutôt perplexes.Le rickshaws qui nous a déposé à l'hôtel du premier soir réapparait "comme par hasard" pour nous proposer des tas d'activités dans la région. Finalement, nous l'engageons pour l'après-midi pour un tour que nous avons concocté sur base des infos reçues. Contrairement aux craintes de mes petites camarades, il se débrouille super bien et nous fait découvrir des tas de choses étonnantes: animaux, plantes, épices,... Nous passons une tellement bonne journée que nous l'engageons pour un trekking le lendemain... avec départ à 5 heures du mat pour voir le lever du soleil. Départ pénible à cause du froid intense et de l'absence de porte à son rickshaws, mais nous sommes récompensés par un superbe lever de soleil sur la vallée. Ensuite, départ pour un trek qui est en fait l'escalade du deuxième plus haut sommet d'Inde du sud avec ses 2595 mètres. Le gars fonce comme un malade ce qui est assez frustrant car il ne dispose que de sandales en plastic alors que nous avons tous les trois des bottines de marche. Les paysages sont vraiment sublimes et nous en prenons plein les yeux. A un moment, on croise des chèvres sauvages, quasi invisibles généralement et notre guide me pique mon appareil photo pour aller les photographier de plus près. Proches du sommet, Janin commence à vomir et à se sentir très mal. Comme j'ai des problèmes respiratoires suite à une crève due aux changements brutaux de température, je décide de l'accompagner dans la descente, laissant le guide terminer l'ascension avec Kate. Au retour, on est vraiment claqués, mais notre récompense à Munnar, c'est que nous avons trouvé un resto local typique où nous venons tous les soirs pour un vrai festin. Nous commandons des plats "au pif" et nous les partageons ensuite: ce fut à chaque fois un délice...Ayant décousu deux de mes pantalons à des degrés divers, je demande à notre guide-chauffeur une adresse de tailleur qui pourrait me réparer cela. Il m'amène dans un "atelier" qui doit faire un mètre sur deux et je montre plus que je n'explique les dégâts. Il me dit de revenir une heure plus tard... et je récupère des pantalons en meilleur état qu'au moment de leur achat. Incroyable. Et tout ca pour 20 Rpies soit 30 cents... et en plus il me signale avoir trouve 10 Rpies dans le fond d'une des poches. Comme il est accompagné de sa gamine, je les lui laisse en disant que c'est pour elle.Donc, après 3 jours idylliques à Munnar, il faut que notre petit trio se sépare. Je crois que je n'ai jamais voyage avec des gens avec lesquels je me sois aussi bien entendu. On sait tous les trois que ca va être difficile, mais si tout va bien, on devrait se revoir à Goa avant mon départ.Je continuerai tout à l'heure ou demain, car je suis ici à Mysore et, contrairement à ce que je croyais, il n'y a pas de connexion pour Goa et ca va encore être du sport.Salut à tous,M.

13/11/2007

On ne circule pas le 15 aout...

 

 

Hello Belgium,

Quel plaisir de se lever le lundi matin, de passer sur Internet et de lire que le Beerschot a gagné...

Bref, revenons à mon périple.

J'ai donc quitté Goa samedi passé pour rejoindre Ernakulam et Kochi dans le Kerala. En achetant mon billet, j'avais bien remarqué que j'étais à nouveau sur la waiting list, mais je n'étais pas inquiet vu la façon dont ça avait fonctionne la première fois.

Je suis donc arrive très confiant à la gare de Margao après un double voyage en bus local sans rien de particulier: on voit toujours la route à travers le sol du bus et on continue à circuler à 70 dans des bus prévus pour 25 personnes, mais bon, c'est la routine.

A la gare, beaucoup de monde vu que le train quittant Goa vers Mumbai est dans les mêmes heures que le mien qui part vers le sud. Vu que j'ai presque 3 heures d'avance, je laisse mon énorme sac à dos à la consigne pour 0,15 EURO pour 24 heures: ça devrait aller...

Je mange quelques trucs locaux achetés à des marchands ambulants et tout va bien jusqu'a ce que je monte dans le train: là, pas une seule place libre. Le contrôleur me conseille d'essayer de trouver une place qui resterait libre ... mais il ne me laisse que peu d'espoir. Je traverse le train dans tous les sens avec un couple de polonais (dont la fille râle à mort comme si c'était la faute de son copain qu'il n'y avait plus de place). Finalement, épuisé et transpirant comme un malade, j'abandonne et je m'assieds sur mon sac dans un sas à coté des toilettes. Directement, un groupe de jeunes keralais de retour du week-end prolonge à Goa me rejoignent. Un mec qui passe me demande ce que je fous la et quand je lui explique, il commence carrément à m'engueuler en me disant que c'est le WE de retour des 4 jours du Diwali et que tous les Indiens sont sur les routes pour rentrer. Il me demande si en Europe, je voyagerais sans réservation durant la plus grosse semaine de congé de l'année. Comme je suis très poli, je ne lui dit pas que je ne voyage pas le 15 août pour 2 raisons: primo, je prends tous mes congés pour venir en Inde et secundo, je me vois mal partir 15 jours avant le grand prix de Spa, mais bon, c'est trop compliqué, je laisse passer l'orage.

Comme les Indiens adorent la promiscuité, je me retrouve coincé dans un renfoncement faisant la taille d'une cabine téléphonique, avec 2 jeunes mecs, assis sur nos sacs, appuyés les uns sur les autres en train (c'est le cas de le dire) d'essayer de trouver le sommeil. Les Indiens s'endorment instantanément avec la tête d'un des deux appuyée sur mon bassin. Au bout d'un moment, j'ai des crampes partout et je me lève. Courage: j'en ai juste pour 14 heures à tirer. Vers 23 heures (on roule depuis 3 heures), un mec me propose sa couchette, me montrant qu'il va rester à discuter avec son pote sur celle du dessous. Je grimpe en le remerciant dans toutes les langues que je connais. Je dois prendre mes sacs avec moi vu qu'il n'y a plus de place sous les banquettes et malgré le bruit, la chaleur et les odeurs, je m'endors en 3 minutes... pour être réveillé au bout d'1/2 heure par le contrôleur. Je comprends que le mec qui m'a laisse sa couchette est descendu du train et que celui qui est monte voudrait bien profiter de sa réservation. Quand le TT allume toutes les lampes et que l'autre mec constate qu'il s'agit d'un occidental, il me fait signe de ne pas bouger. Je ne pige rien mais j'obtempère. Finalement, il me propose de  partager la couchette "à l'indienne": chacun assis d'un cote avec nos jambes croisées au milieu. C'est mieux que rien: je le remercie, je m'installe le mieux possible avec toujours mon sac dans le dos: on ne peut pas dire qu'on a beaucoup de place, mais c'est ça ou retour à la cabine téléphonique hyper éclairée.

Je dors tant bien que mal et à 4h30, je constate que des tas de gens descendent sans être remplacés: je profite donc d'une vraie couchette pour moi tout seul avant qu'à 6h00, les Indiens ne commencent à se lever. Et des Indiens qui se lèvent, ça fait du bruit, croyez moi. J'arrive finalement à destination... où je me précipite vers le bureaux des réservations pour avoir un billet Goa-Mumbai pour le 27 novembre pour être à temps pour mon avion.

Il ne me reste donc plus qu'a remonter à mon aise en m'arrêtant dans toutes les villes que j'ai loupées lors de mon précédant voyage dans la région. Je crois que je vais zigzaguer pas mal entre les Ghats Occidentaux (chaîne de montagne parallèle à la côte) et le cote justement.

Hier soir je suis allé voir un spectacle de Kathakali, sorte de mix entre le théâtre, le mime, la dance, les sports de combats et le chant. Bref un truc étonnant: on arrive a 17h pour voir les acteurs se maquiller pendant 1h30 et puis il y a 1h30 de spectacle proprement dit. Vous verrez les photos, c'est naif et impressionnant. Je me retrouve avec un groupe de flamands avec lesquels je discute un moment. Ils me disent qu'ils voyagent quasi en individuel mais ils n'ont pas trop le look "routard": je les imaginais plutôt sur une terrasse à Blankenberge en train de boire une triple Westmalle en ne restant pas trop longtemps car le chien était reste dans la caravane (si vous voyez ce que je veux dire). En sortant du spectacle, je constate qu'un bus A.C. les attend: si c'est ça voyager en individuel.

Hier soir en rentrant à l'hôtel, je signale que je me casse aujourd'hui pour Allepey et je commence mon sac à dos. Je pouvais faire les backwaters à partir de Kochi, mais rien ne me retenant ici, je me dis que c'est pas plus mal de changer de crèmerie et de partir du milieu des backwaters.

Ce matin, en sortant de ma douche, je trouve un papier sous ma porte de la part d'ursula et de sa copine allemande disant qu'elles sont venues me rejoindre. OK, je file à la réception pour annuler mon départ et je retrouve les filles avec lesquelles j'ai passé une chouette journée en vélo autour des marchands d'épices sur les quais du port parmi les effluves de cardamone, coriandre, vanille, cumin ou curcuma (pour les deux derniers je ne sais pas ce que sa sent, mais comme je l'ai lu dans les livres...).

Demain, je les emmène dans un tours des backwaters comme j'en avais envie: en dehors des gros trajets touristiques avec une barque sans moteur: pour ce que je paye, ils peuvent ramer...

Après, Ursula rentre sur Mumbai et je crois que l'allemande aimerait bien continuer avec moi: le petit tour qu'elles ont fait à deux n'a pas été une franche réussite et elles ne se sentent pas trop à l'aise.

Beaucoup de chance donc pour que je reparte avec Janin vers Munnar à 1600m d'altitude pour voir les plantations de thé. On verra bien. De toute façon, c'est mieux qu'avec les françaises du début du voyage: ici, j'ai le modèle avec cerveau. Si elle veut me suivre, elle va devoir s'accrocher...

Là dessus, je vous laisse pour aller prendre une petite douche avant d'amener mes demoiselles pour un petit resto sympa sur la terrasse du toit d'un hôtel.

Pour le moment, ici, c'est la fin de la mousson du nord est qui quitte le pays en passant au dessus du Kerala. La seule conséquence, c'est un orage hyper violent de 15 minutes quasi tous les soirs. Pour le reste, le soleil brille.

Portez vous bien,

Michel 

11/11/2007

Attention chute de cocotier...

 

 

Ca fait toujours plaisir d'être ici en lisant la météo actuelle en Belgique: pendant qu'on farte les skis dans les Ardennes et qu'on sort les chars à voile à La Panne, à Goa, la température oscille entre 28 et 35 degrés, ce qui est très agréable quand on peut faire un petit plongeon de temps en temps.

Mais il ne faut pas croire: nous avons aussi eu nos intempéries. Après un premier jour super beau, le deuxième s'est un peu gâté en fin d'après midi avec l'arrivée d'une zone orageuse et le 3e jour, cette zone a tourné toute la journée autour de Palolem avant d'exploser en fin d'après midi: une véritable douche pendant quelques minutes. Une pluie d'une intensité rare qui s'est achevée comme elle avait commence, brutalement. Ensuite le vent s'est levé et nombreux sont ceux qui sont sortis voir ce qui se passait car nous sommes quand même installés dans des huttes au milieu de cocotiers. Tout à coup, à 30 mètres, j'ai entendu un bruit énorme et un cocotier s'est brise en deux pour s'affaisser hors de ma vue. Tous ceux qui l'ont vu se sont précipités avec moi vers le lieu de la chute: en tombant, l'arbre a traverse une hutte sur pilotis. Nous aidons un jeune mec à rentrer dans cette hutte en lui faisant la courte échelle et il crie directement: "it's empty". Coup de bol quand on a vu l'état du lit après, coup de bol quand on sait que sur les 18 huttes de notre "village", seules deux étaient inoccupées. Pour les Indiens, évidemment, c'est uniquement l'intervention des dieux qui a permis qu'il n'y ait pas d'autres dégâts que matériels.  Vous verrez les photos dès que j'aurai réussi à les envoyer à Terence.

 Nasik_21web

Pendant que nous nous inquiétions des éventuels blessés, des tas d'Indiens sont arrives sur les lieux et se sont précipités entre les branches pour récupérer les noix de coco: toujours ça qu'il ne faudra pas aller chercher en haut de l'arbre. 10 minutes après la chute du cocotier, les proprios étaient déjà occupés à découper le tronc et le lendemain matin deux gars ont tout réparé (facile, il n'y a rien dans ces huttes). Dès que les nouveaux locataires sont arrivés, on s'est tous regardés avec un air plein de sous entendus: bienvenue mais vous avez bien fait de ne pas débarquer 24 heures plus tôt.

A part ça, la vie s'écoule paisiblement à Goa: le plus gros souci est de faire son choix, d'abord dans le resto où manger et ensuite dans l’incroyable diversité de la carte sea food proposée par chacun d'eux. A part ça, tout va bien: bains de mer, apéros, lecture, farniente, lecture et un peu de foot de plage (quelles brutes les english: même sur la plage et a pieds nus, ils taklent a hauteur des genoux) constituent l'essentiel de mon activité à Goa. Je risque ni le surmenage, ni la méningite...

J'ai reçu en arrivant en Inde, un mail de Max, le bruxellois rencontre lors de mon premier voyage en Inde. Il me proposait d'aller boire un verre et de lui donner des infos sur le sud de l"inde pour sa soeur qui était à Goa. Coup de bol, elle était sur la plage à cote de Palolem et c'est finalement avec elle que j'ai été boire un verre et passer une chouette soirée dans un resto situe en dehors de la zone touristique avec des anglais installés à Goa (les bienheureux...).

Pendant 4 jours et jusqu'à aujourd'hui, nous avons fêté le Diwali, fête des lumières, une des plus importantes pour les Indiens. 4 jours fériés pour eux et vous verrez dans mon message de demain que ça a toute son importance. Le premier soir, des gamins se baladent avec un monstre qu'ils ont fabriqué et des tambours souvent presque aussi grands qu'eux, dans les rues et surtout aux carrefours où ils arrêtent les véhicules et les passants pour réclamer de l'argent. Cet argent sert à acheter à leur petit groupe un truc utile comme un ballon de foot, une batte de cricket ou un maillot du standard. Je leur donne donc un billet et ils m'envoient chez leur receveur qui très professionnellement note tous les dons dans un carnet. Il  a donc fallu que je laisse mon nom pour la mise à jour de leur livre.

Après ça, partout, les indiens allument des bougies, font péter des pétards et lancent des feux d'artifice. Sympa comme tradition même si j'ai rien pige aux explications qui m'ont été données.

Voila, je vous laisse car je vais aller vite manger et puis me coucher car j'ai eu un voyage d'enfer cette nuit entre Goa et Kochi: putain de Diwali, mais je vous expliquerai ça demain.

Portez vous bien et profitez bien de votre week-end.

A+

M.

 

PS: sorry pour l'orthographe et les lettres manquantes, mais les claviers sont pourris ici. 

08/11/2007

Kumbh Mela

 

 

Salut à tous,

Pourquoi Nasik? Simplement parce qu'en arrivant à Mumbai, j'ai lu que la cérémonie du Kumbh Mela y débutait le 9 novembre et je me suis dit que les préparatifs devaient être intéressants.

La Kumbh mela vient d'une légende indienne selon laquelle les dieux et les démons se seraient battus pour le nectar d'immortalité et que ces gros maladroits ont laisse tomber 4 gouttes de ce nectar sur terre dans 4 villes devenues, forcement, saintes. Ces 4 villes, dont Nasik se relaient tous les 3 ans pour organiser cette cérémonie, la plus suivie au monde: en 2001, il y a plus de 75 millions de pèlerins qui y ont pris part en 2 mois et à la grande journée des bains, il y avait plus de 23 millions de personnes (selon les organisateurs, car selon la police, ils étaient seulement 18 millions).

J'ai donc traîné pendant deux jours autour des bains sacrés où les sadu et autres pèlerins commençaient à arriver. Je regrette un peu de ne pas avoir pu rester mais d'une part il n'y a plus une chambre de libre (of course) et d'autre part, ces rassemblements entraînent inévitablement des bousculades et des mouvements de foule qui causent à chaque fois des tas de morts.

Malgré tout, j'ai eu l'occasion de faire des dizaines de photos dont je suis, pour une fois, particulièrement fier. Autour du sanctuaire, c'est aussi la folie: tout ce qui peut être vendu à des pèlerins commence à sortir dans les rues. Vous imaginez le nombre de petites coupelles, vases, bâtons d'encens et autres fleurs nécessaires pour satisfaire 75 millions de pèlerins? Moi non plus, mais j'ai vu des trucs étonnants.

Comme les espaces de ventes dans les rues ne sont pas extensibles, une partie des vendeurs se sont réunis autour du rond point le plus embouteille de la ville et ont installe leurs marchandises sur la route au centre de ce rond point. Imaginez un instant, un marche s'installant tous les jours à 17 heures sur la dernière bande de circulation du rond point Montgomery à Bruxelles ou sur la place de l'Etoile à Paris? Vous pensez que ça serait le bordel? Ben oui...

En allant voir ce qui se vendait là au milieu, j'ai été aborde par une équipe de télé locale qui voulait absolument me filmer en train de négocier avec un de ces marchands. Leur camera me semblait intéressante et doit, à mon avis, déjà avoir filmé le retour de Ghandi d'Afrique du Sud. Chez nous, un tel engin trouverait sa place dans un musée mais pas ailleurs. Les gars ont même été assez sympas pour me refiler 2 billets de 10 Rpies en main pour faire plus vrai. La séquence à duré une éternité. Tout ce que le vendeur a pu me dire c'est: "it's for a candle" et moi je devais avoir l'air con pendant que les autres filmaient et que je ne savais pas quoi dire. Des qu'il a arrêté de filmer, le gars s'est jeté sur moi... pour récupérer ses roupies...

Pour le reste, qui dit ville sainte, dit aussi nourriture pure végétarienne et absence de boissons alcoolisées. Donc, pour mon poulet tandoori et ma kingfisher, je peux me brosser. Heureusement, il y a les délicieux thalis, repas typique des Indiens qui est constitue de plusieurs petits raviers contenant des aliments ou des sauces et qui se mangent avec des chapattis (pain local) ou du riz. On ne sait jamais vraiment ce qu'on mange mais c'est le plus souvent exquis.

A Nasik, j'avais repéré deux restos intéressants dans le Lonely: on a cherché le premier pendant presque une heure avant qu'on me dise que le proprio était mort et que le resto avait disparu. Un rickshaw me l'avait déjà dit en sortant de l'hôtel mais je ne l'avais pas cru car ici la tradition veut que pour qu'on vous amène là où on veut (c'est a dire la où l'Indien reçoit un backshich), il vous dira toujours que l'endroit n'existe plus, qu'il a brûlé ou que le proprio est mort. Bref, une balade pour rien avec mes deux soeurs Einstein.

Le lendemain, rebelote: on devait manger dans un resto situé dans un resto qui est complètement en travaux et envahi par des dizaines d'ouvriers (a 8h00 du soir). Bref on a chaque fois du improviser. L'avantage de ces deux filles, c'est qu'elle prennent systématiquement 3 plats pour elles deux et qu'il y a toujours trop. Je dois donc juste me prendre un petit plat (mon seul repas quotidien en dehors des fruits et des boissons comme le chai (thé) ou le lassi) et goûter leurs restes.

De toute façon, je leur ai trouve un bus pour Aurangabad et moi, je file vers le sud via Goa. Normalement je devrais avoir la paix.

Il continue à faire très chaud mais nous avons aussi quasi quotidiennement (Stef, ça veut dire un tous les jours ou presque) un orage plus ou moins important en fin d'après-midi. Celui de Nasik était vraiment impressionnant: pendant 20 minutes, des trombes d'eau ont noyé la ville et toute la vie s'est arrêtée: plus de foule dans les rues, plus de klaxons intempestifs. Et puis, la pluie s'arrête soudainement et tout reprend instantanément.

Pour le décalage horaire, comme on est en hiver, il est de 4h30 en ma faveur par rapport à Bruxelles, Paris, Mouscron ou Gosselies. Pour Londres et Verviers, faites le calcul vous-même. Il est donc 13h ici à Goa et 8h30 chez vous. Vous ne pensez pas qu'il est temps de vous lever? Moi j'ai déjà été nager, pris mon petit dej et lu pendant 1/2 heure sur la plage...

Je vous raconterai mon séjour à Goa dans mon prochain message: cet après-midi (pour moi) ou demain selon la situation électrique: on est plus souvent privé d'électricité qu'on en dispose depuis 3 jours et même si le cyber café a un générateur, il est impossible de survivre dans cette salle où la température monte à plus de 50 degrés sans l'airco... qui ne peut être assuré par ce même générateur.

Je vous laisse pour refaire un saut dans la mer.

Passez une bonne journée

Michel, touriste