21/09/2006

petite gazette de Madurai - 16/02/2005 A 11:24

 

Salut les inondés.

 

J’espère que vous allez bien. Apparemment, ce n'est plus à moi à dormir avec une bouée si j'en crois les nouvelles de Belgique...

 

Avant toute chose, je tiens à féliciter tous les anderlechtois pour le brillant bol d'iode qu'ils ont pris samedi soir. Ce résultat a vraiment bien égayé ma journée de dimanche... Si quelqu'un au boulot pouvait transmettre toutes mes amitiés au vieux Pat...

 

Depuis le dernier mail, j'ai quitté Mahabalipuram en bus. Comme prévu, je me suis rendu au carrefour indiqué et j'ai attendu le bus qui était plein en arrivant. Mon sac casé comme je pouvais, je me suis installé assis sur l'escalier d'accès. Comme il n'y a pas de porte, ça m'a permis de profiter de la vue pendant les 2 heures de trajet jusqu'à Pondichery.

 

Là, je me suis installé dans un super hôtel un peu plus cher que d'habitude (400 Rps) mais avec vraiment du confort. Il s'agit d'une ancienne maison coloniale très très agréable (merci Sacha).

 

La ville de Pondichery a gardé un côté très français, ne fut-ce que dans la disposition et le nom des rues toutes indiquées en tamoul et en français. A part ça, c'est juste un endroit ou se promener car, a part un super marché et une chouette digue de mer, il n'y a rien d'exceptionnel. Le marché est vraiment étonnant: on y trouve de tout, même de la viande dans une sorte de halle ou l'odeur donne à la fois envie de vomir et de devenir végétarien. Ils y vendent principalement des petites chèvres dont ils laissent la tête tranchée entière sur l'étal afin de montrer la fraîcheur de la viande (vraiment degueu). J'ai aussi croisé un cortège avec chanteurs, fanfares, chars décorés et personnes grimées. D'après ce que j'ai compris, ce n'était pas le carnaval local mais bien un cortège en l'honneur d'un de leurs innombrables dieux. Ca faisait un potin de tous les diables car en Inde, il n'y a pas de fête sans boucan. Les orchestres jouaient les uns derrière les autres, tous des morceaux différents et au milieu de tout ça, il y avait des chanteurs qui hurlaient dans des haut-parleurs installés sur des voitures...

 

A Pondichery, j'ai rencontré un couple d'indiens de Créteil, venus pour un enterrement familial, retrouver leurs racines depuis début janvier. Ils m'ont invité dans un super endroit pour boire un verre et me parler de leur ville. Sympa...

 

Maintenant l'histoire vraie et incroyable du jour (qu'ils m'ont raconté). A Mahabalipuram, les restos proposaient du poisson et disaient toujours que le poisson venait de Madras. Je ne pigeais pas pourquoi. A Pondichery, à part dans les restos chics qui ont des frigos, il n'y a pas du tout de poisson. Pourquoi? Et bien c'est tout simple. Après le tsunami qui a fait plus de 6000 morts autour de Pondy, les pêcheurs dont le bateau avait résisté ont repris le boulot, même s'il y avait moins de poisson qu'avant et même si pas mal de cadavres humains avaient été emportés au large. Et c'est de ça qu'une rumeur a pris naissance à Pondichery même: on aurait retrouvé dans un poisson pêché quelques jours après le tsunami, une bague et les restes d'un doigt. Donc, les poissons se nourrissaient de chair humaine...

 

Cette rumeur a pris une telle ampleur dans la région en quelques jours que le gouvernement du Tamil Nadou a pris une décision étonnante (pour nous occidentaux): Ils ont interdit la pêche au sud de Chennai... tout simplement.

 

Encore plus fort: pour être certains que les pêcheurs obéissent, ils ont fait démonter tous les moteurs de tous les bateaux rescapés et les ont déposés dans des hangars gardés... Incroyable, non? Déjà à Mahabalipuram, une française m'avait dit que les moteurs des bateaux avaient été confisqués et je ne l'avais pas cru, car ça me semblait débile... Il ne me semble pas qu'on ait pris une telle mesure après que le ferry se soit retourné au large de Zeebrugge il y a quelques années. Peut-être que nos soles n'aiment pas la chair humaine...

 

J'ai quitté Pondy hier à l'aube pour Thanjavur (Thanjore), hors des circuits touristiques traditionnels mais qui abrite un superbe temple. A hôtel, on m'avait dit qu'il y avait un bus direct "tôt". Debout à 6h30, je me rends à la gare des bus ou j'apprends que le bus direct est "tard" le soir.

 

On me fourre donc littéralement dans un bus dont je ne comprends pas la direction mais je pige que je devrai changer en cours de route. On démarre et au premier arrêt au sud de Pondy, je demande à un des innombrables responsables de ces énormes stations de bus si je suis sur la bonne route. Manifestement, c'est non. Il m'amène donc à un autre bus ou on me dit que je devrai changer à un autre endroit dont je ne comprends toujours pas la prononciation. Et comme ils ne savent pas lire ma carte. On part alors à travers une campagne dont j'ignorerai toujours le nom, mais d'une beauté sublime. On traverse aussi des tas de villages plus misérables les uns que les autres ou des familles entières "logent" parfois sous une bâche en plastique soutenue par 2 bambous et tendus par 4 pierres. Sur le sol, un peu de paille... Quand je pense à certain(e)s adolescent(e)s de chez nous qui s'estimaient faisant partie des "damnés de la terre" parce que papa refusait une connexion ADSL pour le pc familial, je peux dire qu'ici, des "damnés de la terre" il y en a... et eux, la seule chose qu'ils peuvent espérer, c'est de survivre. Fermons la parenthèse.

 

Finalement on me sort du bus au milieu de nulle part ou plusieurs personnes viennent me demander ce que je fous là (je me le demande aussi) et quand je dis "Thanjavur", on me montre 3 ou 4 bus différents. Super... Finalement après une longue discussion entre eux, ils m'amènent à un bus qui me permettra de faire le reste de l'étape en une seule fois.

 

A Thanjavur, on me dépose au bord du trottoir (le bus stand est en dehors de la ville) et, chose incroyable, je dois moi-même arrêter un rickchaw pour aller à hôtel que j'avais repéré. Ce n'est décidément pas une ville ou les touristes restent: d'habitude, ils font l'excursion en un jour depuis Trichy, grosse ville que je voulais éviter.

 

L’hôtel est plutôt vétuste et défraîchi mais il est relativement propre. En plus comme j'ai une chambre avec sdb pour 185 Rps (3 EUROS), je ne vais pas me plaindre... Le resto par contre à une carte très réduite dont ils n'ont quasi plus rien. Je me contente donc du très bon thalli local et végétarien (ville sainte oblige).

 

Ce matin, je me suis levé à 6h00 (vivement que je reprenne le boulot pour me reposer) et je suis parti jusqu'au temple pour une ballade de 2 km dans la fraîcheur matinale. Très chouette.

 

Arrivé au temple, je me marre: comme dans tous les lieux de culte il faut laisser ses chaussures dehors à un gardien. Celui ci a écrit à la craie en grand: LET YOUR SHOES HERE FREE - 3 RUPIES. Toujours ces superbes contradictions indiennes. En plus, il a tracé des carrés numérotés sur le sol et il vous donne un ticket avec le numéro d'emplacement de vos pompes. Organisé le garçon...

 

Le temple est tout simplement superbe. Ce n'est pas pour rien qu'il figure parmi les sites classés faisant partie du patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. En plus, à 7h du mat, c'est très tranquille.

 

Je visite et puis m'installe pour regarder les pèlerins qui pratiquent leurs rites avec un mysticisme incroyable et inimaginable pour nous occidentaux: ils tournent autour de statues, s'agenouillent ou même s'étalent de tout leur long, face à un lingam ou à un petit temple, c'est incroyable.

 

L'entrée du site est gratuite (mais vraiment gratuite, elle) mais je me laisse embobiner par un prêtre qui me fait allumer trois bougies pour moi, ma famille est mes proches afin d'assurer le bonheur, la prospérité, de nous protéger des maladies, de soutenir nos aïeux au pays des morts et de permettre à Anderlecht être champion ( il a retiré la dernière incantation quand je lui ai dit que ça, vraiment, ce n'était pas possible...)

 

Ensuite, j'ai droit à une trace blanche sur le front suivi d'un point rouge et d'une visite dans le saint des saints du temple ou des prêtres psalmodient des chants toute la journée...

 

Vers 10 heures, je pars pour le palais royal, au moment où commence cette impression quotidienne d’être suivi par un gars avec un sèche cheveux géant et son souffle brûlant.

 

La visite du palais est sympa mais après ceux vu au Rhadjastan l'an dernier, c'est quand même moyen.

 

Je suis ensuite passé à la poste où ils n'ont pas mis de timbres sur mes cartes mais 3 cachets à 3 comptoirs différents. Ca m'a pris une heure: ceux qui recevront des cartes sont donc priés d'admirer les superbes cachets...

 

Je crois qu'ils font ça car avant dans les bureaux de poste, certains fonctionnaires décollaient les timbres (qu'ils revendaient) et les cartes ne partaient pas toujours...

 

La-dessus, il est 15h15 et je vais aller me renseigner pour quitter la ville demain en direction de Madurai, autre ville sainte et me rapprocher un peu du Kerala où je devrai sans doute tenir compte d'un nouvel impératif en faisant mon itinéraire: certains endroits comme Ooty sont inaccessibles aux touristes dès à présent à cause de la sécheresse qui règne ici... alors que le nord de l'Inde et le Pakistan subissent des inondations...

 

Portez-vous bien, travaillez bien cette semaine et surtout n'oubliez pas vos bottes...

 

A+

 

Michel, cuit à point

la b(l)ague du poisson - 14/02/2005 A 10h44

 

Salut les inondés.

 

J’espère que vous allez bien. Apparemment, ce n'est plus à moi à dormir avec une bouée si j'en crois les nouvelles de Belgique...

 

Avant toute chose, je tiens à féliciter tous les supporters anderlechtois pour le brillant bol d'iode qu'ils ont pris samedi soir. Ce résultat a vraiment bien égayé ma journée de dimanche... Si quelqu'un au boulot pouvait transmettre toutes mes amitiés au vieux Pat...

 

Depuis le dernier mail, j'ai quitté Mahabalipuram en bus. Comme prévu, je me suis rendu au carrefour indiqué et j'ai attendu le bus qui était plein en arrivant. Mon sac casé comme je pouvais, je me suis installé assis sur l'escalier d'accès. Comme il n'y a pas de porte, ça m'a permis de profiter de la vue pendant les 2 heures de trajet jusqu'à Pondichery.

 

Là, je me suis installé dans un super hôtel un peu plus cher que d'habitude (400 Rps) mais avec vraiment du confort. Il s'agit d'une ancienne maison coloniale très très agréable (merci Sacha).

 

La ville de Pondichery a gardé un côté très français, ne fut-ce que dans la disposition et le nom des rues toutes indiquées en tamoul et en français. A part ça, c'est juste un endroit ou se promener car, a part un super marché et une chouette digue de mer, il n'y a rien d'exceptionnel. Le marché est vraiment étonnant: on y trouve de tout, même de la viande dans une sorte de halle ou l'odeur donne à la fois envie de vomir et de devenir végétarien. Ils y vendent principalement des petites chèvres dont ils laissent la tête tranchée entière sur l'étal afin de montrer la fraîcheur de la viande (vraiment degueu). J'ai aussi croisé un cortège avec chanteurs, fanfares, chars décorés et personnes grimées. D'après ce que j'ai compris, ce n'était pas le carnaval local mais bien un cortège en l'honneur d'un de leurs innombrables dieux. Ca faisait un potin de tous les diables car en Inde, il n'y a pas de fête sans boucan. Les orchestres jouaient les uns derrière les autres, tous des morceaux différents et au milieu de tout ça, il y avait des chanteurs qui hurlaient dans des haut-parleurs installés sur des voitures...

 

A Pondichery, j'ai rencontré un couple d'indiens de Créteil, venus pour un enterrement familial, retrouver leurs racines depuis début janvier. Ils m'ont invité dans un super endroit pour boire un verre et me parler de leur ville. Sympa...

 

Maintenant l'histoire vraie et incroyable du jour (qu'ils m'ont raconté). A Mahabalipuram, les restos proposaient du poisson et disaient toujours que le poisson venait de Madras. Je ne pigeais pas pourquoi. A Pondichery, à part dans les restos chics qui ont des frigos, il n'y a pas du tout de poisson. Pourquoi? Et bien c'est tout simple. Après le tsunami qui a fait plus de 6000 morts autour de Pondy, les pêcheurs dont le bateau avait résisté ont repris le boulot, même s'il y avait moins de poisson qu'avant et même si pas mal de cadavres humains avaient été emportés au large. Et c'est de ça qu'une rumeur a pris naissance à Pondichery même: on aurait retrouvé dans un poisson pêché quelques jours après le tsunami, une bague et les restes d'un doigt. Donc, les poissons se nourrissaient de chair humaine...

 

Cette rumeur a pris une telle ampleur dans la région en quelques jours que le gouvernement du Tamil Nadou a pris une décision étonnante (pour nous occidentaux): Ils ont interdit la pêche au sud de Chennai... tout simplement.

 

Encore plus fort: pour être certains que les pêcheurs obéissent, ils ont fait démonter tous les moteurs de tous les bateaux rescapés et les ont déposés dans des hangars gardés... Incroyable, non? Déjà à Mahabalipuram, une française m'avait dit que les moteurs des bateaux avaient été confisqués et je ne l'avais pas cru, car ça me semblait débile... Il ne me semble pas qu'on ait pris une telle mesure après que le ferry se soit retourné au large de Zeebrugge il y a quelques années. Peut-être que nos soles n'aiment pas la chair humaine...

 

J'ai quitté Pondy hier à l'aube pour Thanjavur (Thanjore), hors des circuits touristiques traditionnels mais qui abrite un superbe temple. A hôtel, on m'avait dit qu'il y avait un bus direct "tôt". Debout à 6h30, je me rends à la gare des bus ou j'apprends que le bus direct est "tard" le soir.

 

On me fourre donc littéralement dans un bus dont je ne comprends pas la direction mais je pige que je devrai changer en cours de route. On démarre et au premier arrêt au sud de Pondy, je demande à un des innombrables responsables de ces énormes stations de bus si je suis sur la bonne route. Manifestement, c'est non. Il m'amène donc à un autre bus ou on me dit que je devrai changer à un autre endroit dont je ne comprends toujours pas la prononciation. Et comme ils ne savent pas lire ma carte. On part alors à travers une campagne dont j'ignorerai toujours le nom, mais d'une beauté sublime. On traverse aussi des tas de villages plus misérables les uns que les autres ou des familles entières "logent" parfois sous une bâche en plastique soutenue par 2 bambous et tendus par 4 pierres. Sur le sol, un peu de paille... Quand je pense à certain(e)s adolescent(e)s de chez nous qui s'estimaient faisant partie des "damnés de la terre" parce que papa refusait une connexion ADSL pour le pc familial, je peux dire qu'ici, des "damnés de la terre" il y en a... et eux, la seule chose qu'ils peuvent espérer, c'est de survivre. Fermons la parenthèse.

 

Finalement on me sort du bus au milieu de nulle part ou plusieurs personnes viennent me demander ce que je fous là (je me le demande aussi) et quand je dis "Thanjavur", on me montre 3 ou 4 bus différents. Super... Finalement après une longue discussion entre eux, ils m'amènent à un bus qui me permettra de faire le reste de l'étape en une seule fois.

 

A Thanjavur, on me dépose au bord du trottoir (le bus stand est en dehors de la ville) et, chose incroyable, je dois moi-même arrêter un rickchaw pour aller à hôtel que j'avais repéré. Ce n'est décidément pas une ville ou les touristes restent: d'habitude, ils font l'excursion en un jour depuis Trichy, grosse ville que je voulais éviter.

 

L’hôtel est plutôt vétuste et défraîchi mais il est relativement propre. En plus comme j'ai une chambre avec sdb pour 185 Rps (3 EUROS), je ne vais pas me plaindre... Le resto par contre à une carte très réduite dont ils n'ont quasi plus rien. Je me contente donc du très bon thalli local et végétarien (ville sainte oblige).

 

Ce matin, je me suis levé à 6h00 (vivement que je reprenne le boulot pour me reposer) et je suis parti jusqu'au temple pour une ballade de 2 km dans la fraîcheur matinale. Très chouette.

 

Arrivé au temple, je me marre: comme dans tous les lieux de culte il faut laisser ses chaussures dehors à un gardien. Celui ci a écrit à la craie en grand: LET YOUR SHOES HERE FREE - 3 RUPIES. Toujours ces superbes contradictions indiennes. En plus, il a tracé des carrés numérotés sur le sol et il vous donne un ticket avec le numéro d'emplacement de vos pompes. Organisé le garçon...

 

Le temple est tout simplement superbe. Ce n'est pas pour rien qu'il figure parmi les sites classés faisant partie du patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. En plus, à 7h du mat, c'est très tranquille.

 

Je visite et puis m'installe pour regarder les pèlerins qui pratiquent leurs rites avec un mysticisme incroyable et inimaginable pour nous occidentaux: ils tournent autour de statues, s'agenouillent ou même s'étalent de tout leur long, face à un lingam ou à un petit temple, c'est incroyable.

 

L'entrée du site est gratuite (mais vraiment gratuite, elle) mais je me laisse embobiner par un prêtre qui me fait allumer trois bougies pour moi, ma famille est mes proches afin d'assurer le bonheur, la prospérité, de nous protéger des maladies, de soutenir nos aïeux au pays des morts et de permettre à Anderlecht être champion ( il a retiré la dernière incantation quand je lui ai dit que ça, vraiment, ce n'était pas possible...)

 

Ensuite, j'ai droit à une trace blanche sur le front suivi d'un point rouge et d'une visite dans le saint des saints du temple ou des prêtres psalmodient des chants toute la journée...

 

Vers 10 heures, je pars pour le palais royal, au moment où commence cette impression quotidienne d’être suivi par un gars avec un sèche cheveux géant et son souffle brûlant.

 

La visite du palais est sympa mais après ceux vu au Rhadjastan l'an dernier, c'est quand même moyen.

 

Je suis ensuite passé à la poste où ils n'ont pas mis de timbres sur mes cartes mais 3 cachets à 3 comptoirs différents. Ca m'a pris une heure: ceux qui recevront des cartes sont donc priés d'admirer les superbes cachets...

 

Je crois qu'ils font ça car avant dans les bureaux de poste, certains fonctionnaires décollaient les timbres (qu'ils revendaient) et les cartes ne partaient pas toujours...

 

La-dessus, il est 15h15 et je vais aller me renseigner pour quitter la ville demain en direction de Madurai, autre ville sainte et me rapprocher un peu du Kerala où je devrai sans doute tenir compte d'un nouvel impératif en faisant mon itinéraire: certains endroits comme Ooty sont inaccessibles aux touristes dès à présent à cause de la sécheresse qui règne ici... alors que le nord de l'Inde et le Pakistan subissent des inondations...

 

Portez-vous bien, travaillez bien cette semaine et surtout n'oubliez pas vos bottes...

 

A+

 

Michel, cuit à point

Carambole - 10/02/2005 A 13h31

 

 

Salut l'Europe,

 

Voila, mon petit séjour à Mahabalipuram se termine. Demain je me casse vers Pondicherry... à condition d'attraper un bus. Apparemment, les bus de Chennai à Pondicherry passent par ici... sauf si le chauffeur ne fait pas le détour, soit parce que son bus est déjà plein, soit qu'il a pris trop de retard. Donc, je vais devoir implorer Vishnou, Rama, Khrishna et les autres ce soir pour qu'un bus passe par mon arrêt...

 

En fait, en Inde, les chauffeurs et leurs contrôleurs sont payés au nombre de passagers qu'ils transportent et au respect de certains horaires. Le principe est donc de prendre son temps au départ pour charger un max de monde et puis de foncer comme des malades pour rattraper le temps perdu. Comme vous voyez, c'est un système particulièrement sain... qui explique le nombre très élevé d'accidents.

 

Ici, c'est vraiment le pied: les hôtels sont sympas, les gens charmants, la bouffe est excellente, il y a la mer et un soleil de plomb. Aujourd'hui, on a flirté avec les 40 degrés... J'en connais certaines qui à cette température là pourraient même enlever leur petit lainage...

 

En plus, il y a des sites extraordinaires à visiter. Toute une culture est partie d'ici. C'est le cas par exemple de la culture angkorienne. Aparté pour Alain M. et Nadine (plus d'autres qui auraient visité Angkor): le site pré-angkorien de Roulos aurait été bâti par des descendants de gens venus d'ici. Souvenez-vous de la plaque de granit gravée en sanscrit. Voilà, fin de la parenthèse...

 

Tout ça pour dire que les temples et autres rochers gravés ou grottes sont vraiment intéressants pour y flâner... quoi qu'il faille d'abord arriver à se débarrasser des pseudo-guides qui vous empoisonnent la vie en vous harcelant littéralement pour vous donner des explications.

 

Aujourd'hui, pour changer un peu, j'ai loué une moto et je suis parti visiter une ferme de crocodiles à une quinzaine de kilomètres. Impressionnant. Il ont 14 sortes de crocos sur les 23 existantes dans le monde et ces charmantes bestioles sont dans des énormes enclos, séparés du public par des murets qui parfois dépassent à peine la hauteur des genoux. J’étais pas vraiment à l'aise. J'ai fait la visite avec un gars de Manchester qui n'arrêtait pas de me répéter " je suis certain que si on les énerve, ils peuvent passer au-dessus" Raison de plus pour ne pas les énerver. En plus, le croco, c'est à peu prêt le seul truc contre lequel je ne sois pas vacciné...

 

Mon préféré? Un gentil garçon de plus de 5 mètres de long et qui approche les 1000 kilos. Pour le photographier, j’étais à moins d'un mètre de sa (grande) gueule. Je ne lui ai pas demandé de sourire...

 

A part ça, le premier jour, j'ai trouvé un endroit, au bord de la route ou des hommes jouent à la carambole, sorte de jeu très populaire chez les étudiants à mon époque, qui consiste en une grande plaque en bois avec 4 trous et des jetons a y faire glisser d'une pichenette. Je croyais que c'était un jeu belge et bien voilà. Les indiens aussi l'appellent "krambol" et ils y jouent tous les après-midi en regardant d'un oeil que des clients ne rentrent pas dans les boutiques.

 

Ils m'ont invité à jouer avec eux et bien que je me fasse piller continuellement, ils  m'appellent chaque fois. Mon partenaire privilégié est un vieil indien qui répète chaque fois " so I play in an international team". C'est vraiment super sympa.

 

Pour le reste, ici, tous les soirs, j'ai droit à un festin de roi. Les restos vous proposent d'énormes plats avec différents poissons et de king prawns qui sont des crevettes de la taille de homard que vous commander à la pièce et qu'ils préparent à votre façon. C'est nettement plus cher qu'ailleurs mais la présentation et la qualité est incroyable. Quand je dis plus cher, il faut évidemment tout remettre dans son contexte. On a 55 Roupies pour un Euro. Bon, vous suivez?

 

Généralement, je mange pour 70 à 80 Rps (boisson comprise). A Chennai, dans un boui-boui de la mort, j'ai eu un chicken baryiani (sorte de préparation à base de riz) avec ma boisson pour la somme astronomique de 37 Roupies... Et croyez-moi, la quantité était suffisante.

 

Ici, pour du poisson, on commence à 150 Rps et si on attaque les crevettes géantes, on s'en sort pour 350Rps, ce qui me paraît toujours excessif mais qui en fait est moins cher qu'une bête Quick à Bruxelles finalement. Donc, ce soir, pour la seconde fois, je vais me faire une petite orgie de poissons.

 

Ici, c'est bourré de français. En fait, il n'y a quasiment que ça. Et alors quand ils se mettent à parler anglais je suis écroulé. Hier dans le resto, un jeune couple est entré et m'a montré la terrasse sur le toit en disant " you have place dowstair?". Le premier jour, j'ai servi d'interprète pour un couple de petit vieux qui voulaient faire faire des vêtements pour madame dans une boutique et ils ne savent rien dire. Pour me remercier ils m'ont offert un joli pendentif ainsi que le petit dej’ de ce matin à hôtel. Le vieux monsieur m'a même demandé si je vivais en Angleterre alors que mon anglais ne casse vraiment rien, mais par rapport à eux, je parle aussi correctement italien (va fanculo) et allemand (schaize). Séverine, Marc, Dominique, Eric, dites vous apprenez quoi comme seconde langue? Le Breton? L'Auvergnat?

 

Voila, je vais vous laisser et aller prendre une bonne douche bien froide avant d'aller manger.

 

Portez-vous bien et n'hésitez pas a m'envoyé des mails. Je viens souvent sur Internet pour lire les news sur les sites belges quand c'est possible et ça me fait plaisir d'avoir de vos nouvelles.

 

A bientôt

 

M.

 

PS: Je tiens à rassurer ma tante, je dors bien avec ma bouée...en cas de tsunami nocturne... Non, mais y en a, j'vous jure...

Tsunami - 08/02/2005 A 16h43

 

Bonjour l'Europe,

 

Tout d'abord un bulletin météo lu dans le journal d'aujourd'hui:

Température Min.: 22

Temp. Max: 34

Taux d'humidité: 68%

Bref, je ne risque pas les engelures pour le moment.

 

Hier, lundi matin, j'ai quitté Madras en bus.

 

J'ai d'abord traversé toute la ville dans un bus local avant d'atteindre la plus grande gare de bus d'Inde. Les chauffeurs de Madras roulent vraiment comme des malades: ils foncent et slaloment comme s'ils étaient au volant de smart en laissant la fuite comme seul choix aux autres usagers.

 

Tous les 500 m, je ne pouvais m'empêcher de me dire que cette fois-ci c'était la bonne.

 

Les bus sont toujours dans un état aussi incroyable: pas de porte, pas de vitre et le sol est en tôle. Quand il y a un trou, pas de problème: on refixe un morceau de tôle au-dessus, ce qui donne à certains endroits une jolie épaisseur et surtout qui fait un très joli bruit de métal car tout cela est fixé de manière très très très personnelle.

 

A l'arrêt de bus, je trouve le bon bus qui est quasi vide. Miracle? Non car après 500 m, deux vieilles montent dans le bus avec un chargement incroyable de fruits et de légumes entassés dans des sacs de jutes énormes. Tout est mis dans l'allée centrale qui est ainsi totalement obstruée.

 

La route jusqu'à Mahabalipuram longe la côte et on peut y voir 5 ou 6 campements de fortune pour les réfugiés du tsunami. Ces camps sont montés par les autorités indiennes, sauf deux d'entres eux qui sont l’œuvre d'ONG allemandes. Ces camps sont installés dans une espèce de no man's land entre la plage et la route, sans un mètre d'ombre.

 

L'été va être rude pour tous ces gens qui sont pour la plupart des pêcheurs rescapés.

 

A Mahabalipuram, un proprio hôtel m'aborde pendant que je cherche et comme ça semble correct, j'embarque sur sa moto. L’hôtel est sympa avec des chambres installées au premier étage ( on ne sait jamais) avec un petit jardin où poussent deux énormes cocotiers. Il y a aussi un petit resto en terrasse très agréable.

 

Première impression d'une toute petite ville très agréable avec une très jolie plage. Je compte y passer quelques jours.

 

Les traces du tsunami n'y sont plus trop visibles à l'exception du bord de la plage. En effet, quelques gesthouses par chères donnent directement sur la plage et ce sont elles et les maisons de pêcheurs situées à l'arrière qui ont vraiment morflé.

5 vagues successives ont déferlé ici et ont atteint la hauteur respectable de 8 mètres (selon les officiels) et de 15 mètres (selon les villageois). Je me suis arrêté dans un de ces guesthouses pour boire un coup (vu la chaleur) et les deux gérants sont venus discuter avec moi.

 

Il faut dire que tous les hôtels du village sont relativement peu occupés: souvent moins de la moitié des chambres ont un locataire et le plus souvent ce sont des francophones.

 

Les deux gars m'ont expliqué de manière saisissante ce qui est arrivé en me montrant les photos qu'ils ont prises directement après la catastrophe. Imaginez un petit hôtel, une dizaine de marches pour atteindre la réception et les logements des familles des gérants. Ensuite, deux volées d'escalier en terrasse pour arriver aux niveaux des 6 chambres des touristes et tout en haut, recouvert d'un toit de chaume, une agréable terrasse de resto.

 

En fait, de la-haut, ils ont clairement vu la vague arriver de très loin et c'est ainsi que tous ces petits guesthouses ont soit emmené tout le monde sur les toits ou fait fuir les gens vers l'intérieur des terres. Les deux premières vagues ont frappé et envahi l’hôtel à plus d'un mètre au 1er étage ( donc la vague devait bien faire 7-8 mètres) avec une violence inouïe.

 

Ils m'ont montré les photos prises ce jour là et c'est incroyable: au rez de chaussée, ils avaient un énorme ventilo dont les pales ont été tordues complètement par la violence des flots. Sur les photos, on voit que tous les bateaux qui étaient sur la plage ont été emmené soit vers le centre du village, soit ce sont écrasés contre les façades.

 

Quand on est sur place, c'est vraiment très impressionnant. Ces gens ont tout perdu: leurs propres affaires personnelles ainsi que la plupart des matelas et des choses qu'il y avait dans les chambres.

 

La seule chose qui les a fait rire, c'est qu'au bout de la plage, il y avait un hôtel de luxe (110 dollars la nuit) avec des baignoires qui ont toutes été arrachées et que les gens ont vu partir avec le reflux.

 

Pour le reste, vous pouvez imaginer l'état des lieux après le passage du tsunami: tout, mais vraiment tout était broyé en lambeaux et envahi par de la boue et du sable.

 

Les jours suivants, les hôteliers ont nettoyé avec l'aide des villageois et des touristes restés sur place alors que tous les pêcheurs s'étaient enfuis dans les collines et que les bus étaient pris d'assaut par des gens terrorisés.

 

Les photos prises le 26 décembre sont vraiment très explicites...

Très vite, les hôtels se sont organisés et on commence à réparer les dégâts et à repeindre le tout: c'était leur seule chance car il fallait être prêt à accueillir les touristes.

 

Du gouvernement indien, ils n'ont vu personne... jusqu'à la semaine dernière ou un officiel est venu, est resté 3 minutes dans chaque hôtel et est reparti en disant: " je vois qu'il n'y a pas de problème chez vous, tout est en ordre". Ces gens ne toucheront sans doute jamais rien et comme en plus les touristes sont rares, leur avenir immédiat est très sombre.

 

A l'arrière des hôtels, il y a des tas de pêcheurs, privés de travail qui restent là, le regard vide attendant on ne sait quoi. Ils ont quand même installé une sorte d'échoppes avec une urne pour les dons. Comme la plupart des touristes je crois, j'y ai laissé quelques euros.

 

Aujourd'hui, je me suis tranquillement baladé dans cette charmante cité et demain, je ferai la visite de plusieurs sites assez remarquables dont un temple installé à même le rivage.

 

Passez une bonne fin de journée et à très bientôt,

 

Tintin, reporter

 

 

les Bronzés font du ski - 06/02/2005 A 14h21

 

Salut les esquimaux,

 

Je vous avais donc laissé à mon arrivée à Hampi qui est en fait l'ancienne capitale d'un énorme empire indien qui se développa principalement du 9e au 16e siècle. Le site a récemment été classé par l'UNESCO et franchement, cela vaut vraiment la peine.

 

Imaginez des collines composées d'énormes blocs de rochers au milieu de bananeraies immenses, tout le long d'une jolie rivière. Vous y ajoutez les vestiges de cette civilisation et un superbe et impressionnant temple juste à côté des hôtels et vous avez Hampi. Ah, j'allais oublier: vous ajoutez la température qui flirte avec les 35 degrés et vous avez le tableau complet.

 

Premier jour, ballade à pied dans tout ce qui est directement autour du village. La chaleur est vraiment pénible à supporter mais la visite est superbe. Dans le temple principal encore en activité, des centaines de pèlerins défilent au milieu des singes.

 

Comme à Varanasi, il y a un gars préposé à la chasse aux singes et comme à Varanasi, j'ai l'impression que ceux que ça amuse le plus, ce sont les singes même: le pauv' gars court d'un côté à l'autre en vociférant pour éloigner les singes des pèlerins et surtout des touristes. Quand il en a la possibilité, il balance son bout de bambou vers les bestioles qui détalent...pour une trentaine de seconde.

 

J'étais assis en déposant mon appareil photo à côté de moi pour prendre ma bouteille d'eau quand le gars arrive en hurlant "monkey, monkey". Il n'y a donc pas que la bouffe qui les intéresse.

 

A l'entrée du temple, des femmes vendent des bananes et sous mon nez, j'ai vu un singe se précipiter vers un pèlerin, lui chiper ses bananes et s'asseoir 5 mètres plus loin, très satisfait de sa prise. Je l'ai pris en photo.

 

Autour du temple, des dizaines de "guides" vous proposent leurs services.

Comme le conseille le Lonely, je leur demande leur carte officielle et comme par hasard, tous ces étourdis l'ont oublié chez eux. Commence alors le cinoche habituel:

"Which country?" "What's your name?" etc...

 

Il y en a un qui m'a fait bien rire car après ma réponse, il me dit très inspiré "Belgium? Very big country, sir..." Tuuuuut Mauvaise réponse.

Eliminé... Simone, candidat suivant...

 

L'an dernier, quand on disait Belgium, beaucoup répondaient "Yes, good football team..." alors que cette année plusieurs m'ont dit "Tennis, Justina". Il faut les en remercier: sans doute, ont-ils vu les lamentables résultats des anderlechtois cette année et même à 8000 km de chez nous, ils ne veulent pas se moquer de nous.

 

Second jour de visite, je loue une moto pour faire une super ballade vers les endroits éloignés. Il y a, entre autres, un temple magnifique dont la roche à une telle teneur en cristal qu'en tapant sur certains murs, on obtient une sorte de jolie musique.

 

Sur le site principal, la ruine du palais royal, je croise 4 couples de septuagénaires anglais, tout droit sortis d'un bouquin de Kipling: on dirait que personne ne les a avertis que l'Inde ne fait plus partie de l'empire britannique depuis 1947... Les femmes ont toutes des ombrelles et des grands chapeaux de paille sur des robes, style années 50 et les hommes sont en short coiffés de leurs plus beaux bobs. Le plus important? Ils sont tous en sandales avec de superbes chaussettes blanches (ça vous rappelle personne au boulot?). A l'entrée du site, où tous les monuments sont détruits à la base et ou on ne peut plus admirer que la taille de l'endroit et les divers emplacements, un des anglais s'approche de moi et me dit: "It will certainly be very nice, when it will be finished". Vous avez dit humour anglais???

 

Troisième jour, je quitte ma chambre à 10h00 et je laisse mon sac à dos au resto ou je prends mon petit dej’ quand arrive ce à quoi j'avais échappé l'an dernier: St-Imodiu et St-Motilium m'abandonnent lâchement (sans doute pour aller s'occuper de leur chef polonais à Rome dont on m'a dit qu'il allait encore moins bien que d'habitude).

 

Tout ça avant un nouveau voyage d'une quinzaine d'heures, je jubile... J'inaugure donc ma superbe trousse à médicaments et malgré les crampes et les nausées, je tiens le coup jusqu'à l'embarquement à 20h00. Je partage mon compartiment avec un couple qui ne m'adresse pas la parole et qui feint de m'ignorer. J'ai de toute façon d'autres chats à fouetter car je passe la première heure de voyage à vomir dans les toilettes.

 

La nuit n'est pas géniale et on arrive à Bangalore à 6h30 du mat’ avec 30 minutes d'avance sur l'horaire. J'ai du bol car je n'avais que 45 minutes pour ma correspondance pour Chennai (Madras).

 

Arrivée à Madras à 15h00, direction un petit hôtel qui s'avère être un bijou: petite chambre avec salle de bains et toilette européenne, plus une TV au pied du lit. La chambre fait 3 mètres sur 2 mais c'est le bonheur. En plus je suis au calme...

 

Je sors pour faire une petite ballade dans le quartier, très animé et après vous avoir envoyé le 1er mail, je rentre à hôtel ou je tombe sur TV5 Asie et sur l'annonce du début du film « Les Bronzes font du ski ». Ca a quelque chose de surréaliste de voir ce film ici alors qu'il fait autour de 35 degrés. Ensuite, je regarde même France-Ecosse de rugby...

 

Aujourd'hui, je suis parti me balader en ville par une chaleur torride. Je me suis perdu dans les rues de Madras et je suis rentré à hôtel en rickshaw.

 

Cet après-midi, je suis allé voir la plage de Madras, à 1km de l'hôtel Elle fait 500 m de large et l'ambiance est incroyable. Les gens ne se baignent pas (ou tout habillé) mais il y a des tas d'activités sur la plage. Un exemple? Il y a une photo géante du Taj Mahal et des tas de photos cartonnées géantes de toutes les stars indiennes. Les gens viennent donc se faire photographier devant le Taj avec leur idole... Succès garanti...

 

Comme dans toutes les grandes villes, la pauvreté est criante ici et j'ai distribué bon nombre des petits gadgets pour enfants que ma sœur m'avait donnés. Ici, on a l'impression que les familles ont un morceau de trottoir qu'elles occupent 24h/24 et qu'elles ne quittent pas. Toute une vie est organisée autour de ces morceaux de trottoir, mais les gosses y sont encore plus nombreux qu'à Delhi ou Bombay. C'est vraiment effroyable...

 

Là-dessus, je vous laisse car je vais essayer d'aller prendre mon premier repas depuis plus de 48h00...

 

Si tout se passe bien, demain je prends un bus pour faire les 65 km qui me séparent de Mahabalipuram, sur la côte au sud de Madras.

 

Reprenez bien le boulot et à plus,

 

Michel

Retour sur le net - 05/02/2005 A 13h58

 

Salut à tout le monde,

 

Sorry pour l'absence de message depuis Hampi, mais dans cette ville ils essayent de passer directement de "découvrons l'électricité" à "connectons-nous gaiement a Internet" et c'est un sacré bordel...

 

Chaque jour, les coupures de courant sont légions et leurs connections Internet sont les pires que j'ai rencontré en Asie... et c'est pas peu dire. Pour ouvrir et lire 5 messages, il m'a fallu 40 minutes et quand je me suis décidé à vous écrire, mon premier message a disparu avec le courant et le second n'est jamais parti et a fini par être effacé par erreur par le couillon qui tenait la boutique. « I help you » qu'il disait en appuyant deux fois sur back. Qu'est ce que j'ai bien pu râler (vous me connaissez...)

 

Bref, ici a Chennai (Madras) tout à l'air de fonctionner et je vais reprendre depuis Bombay qui me paraît déjà si loin.

 

Deux jours d'acclimatation et de balades dans la ville avec des soupers avec mon copain allemand et puis départ pour Hampi par un trajet que j'étais très fier d'avoir trouvé sur les plans et dont j'étais surpris que les guides n'envisagent pas...maintenant j'ai compris.

 

Départ de la gare de Bombay avec son défilé habituel de la cour des miracles avec des tas d'handicapés, d'indigents, de lépreux et de tout ce qui fait la misère de ce pays.

 

Petite surprise quand même: J'ai vu passé 4 pauvres gars, habillés de lambeaux et entravés par des cordes aux chevilles et aux poignets, entourés par 2 flics armés de leurs fameux sticks. L'un des prisonniers saignait abondamment d'un bras, mais personne n'avait l'air de s'en émouvoir. Transfert de prisonniers a l'indienne? Je ne sais pas.

 

Départ en train pour Guntakal ou je devais trouver une correspondance pour Hampi.

Départ prévu a 15h45 et on démarre à 15h45 pile... Je n'en revenais pas.

Comme j'en avais pour 16 heures de train, j'avais pris une couchette et l'airco. Grave erreur: l'airco pour eux signifie "glacière". Il faisait tellement caillant que j'ai du ressortir ma veste polaire que j'avais à Bruxelles. Seul avantage: en achetant une glace a deux boules le soir, pas de problème pour achever la deuxième boule le matin, elle conservait sans problème.

 

A part ça, rien à signaler sauf que 16 heures c'est long...surtout quand vous en mettez finalement 18... Pour ma correspondance directe, c'était aussi loupé: J’ai du attendre 2 heures pour une connexion vers une petite gare et de la reprendre un autre train. Le bonheur quoi...

 

En attendant la correspondance, je m'achète ce que je peux trouver à manger dans une gare pas du tout touristique: du pain massala... A la première bouchée, je crois mourir tellement c'est épicé. Je m'empresse d'en faire cadeau aux coolies qui attendent et je poursuis ma période de jeun. Dans le premier train à catégorie de place unique, j’étais en face d'un gars qui avait le bras droit handicapé et qui pour allumer ses cigarettes plaçait la boite d'allumettes entre ses orteils pour en gratter une. Impressionnant... Le premier qui fait ça toute une journée a Bruxelles, je lui paye une farde de Marlboro...

 

Dans le second train, j'avais la tête dans le gaz et là, j'ai été abordé par un gars sympa, parlant anglais qui doit être philosophe à ses heures perdues et qui ne m'a plus lâché d'une semelle. C'est tout ce qu'il fallait alors que je fêtais mes 24 heures de trajet dans la plus stricte intimité.

 

Il a d'abord démontrer par A+B pourquoi dans tous les domaines (art, musique, culture,...) l'Inde était nettement en avance sur l'Europe. Moi je faisais oui de la tête, en plus ça m'évitait de m'endormir et ça me rafraîchissait.

 

Puis, est venue la question essentielle qui nous a occupés durant la dernière partie du trajet: « Pourquoi les Européens mangent-ils des animaux innocents alors que la terre porte assez de fruits et de légumes pour nous nourrir? »

Excellente question, mon général. J’étais mort crevé et le gars insistait.

J'avais envie de lui répondre que si dieu a créé la sauce béarnaise et les frites, c'est aussi pour accompagner une bonne entrecôte bien saignante, mais je ne suis pas certain qu'il aurait apprécie.

 

Arrivé à Hospet, gare la plus proche de Hampi, je me paye un rickshaw pour faire les 12 derniers km car je n'ai plus le courage d'attendre un bus. J'arrive donc à Hampi à 17h45, soit 26 heures après mon départ. Maintenant, je comprends pourquoi les bouquins n'envisagent même pas de faire ce trajet en une étape...

 

Autre surprise à Hampi: tous les guides étaient d'accord pour faire l'éloge d'une guesthouse et dans le Routard, il y avait l'adresse mail. J'avais donc été prévoyant et j'avais envoyé un mail de réservation 2 jours plus tôt.

 

Surprise en arrivant: pas de chambre car pas lu le mail. Pourquoi? Parce que dans la famille, le seul qui sait lire l'anglais, et ben, il n'est pas là...

Je nage dans le bonheur.

 

Je finis par trouver une chambre dans un truc pas terrible du tout mais comme le prix n’est pas terrible du tout non plus, je m'en contenterai...

 

La suite, demain dimanche.

Bonne nuit

 

M.

 

PS: Il fait une trentaine de degrés et c'est bien agréable...

Internet foutu - 03/02/2005 A 16h35

 

salut,

 

Sorry mais il est impossible de mailer correctement ici à cause de coupures d’électricité trop fréquentes.

 

J'enverrai un message samedi.

 

A+

 

M.