12/09/2006

Vive la SNCB - 16/12/2003 A 06h46

 
Junagadh (Gujarat) - 33 degrés (trop chaud pour un début d'hiver)
 
Salut tout le monde,
 
Je vous avais laissé le 11/12 à Udaipur au moment où mes petits camarades me quittaient pour d'autres aventures.
 
Apres avoir flâné dans Udaipur à mon aise en regardant simplement vivre les gens, j'ai été manger au resto avec un Anglais qui débute un tour du monde de 10 mois. Son nom est Brown, James Brown (ca ne s'invente pas)... Nous avons croisé le couple de flamands que j'avais vu à Jodhpur et qui fait un voyage de 14 mois. Nous avons passé une soirée exceptionnelle tous les quatre sur une terrasse au bord du lac.
 
Le lendemain, avec une petite gueule de bois, je fais le check out de ma tente et je repars visiter la ville. Je trouve un petit resto recommandé par le LP ( Lonely Planet) ou je mange un truc délicieux (végétarien) pour moins de 50 Roupies (=1 EURO)... boisson comprise.
 
L'après-midi, je fais mes adieux a mon chauffeur qui me dépose à la gare.
Tout le monde a en tête des images de train indien? Les gares, c'est encore plus dingue. Dans chaque gare, il y a des tas de porteurs qui sont capables de tirer des chariots chargés de montagnes de bagages ou de porter deux ou trois valises... sur leur tête. Vachement spectaculaire comme truc. J'étais peinard, accroché à mon sac pour éviter d'être volé quand 200 a 250 jeunes filles (en Inde, vu la démesure, ca doit être une petite classe). Comme d'hab, Le touriste du moment était le sujet de conversation, certaines osant même m'adresser la parole (rare chez les femmes en Inde).
 
Quand le train arrive, c'est la panique: un train indien fait plus de 400 mètres et il faut retrouver son wagon. Ca galope dans tous les sens, les Indiens sont tous chargés comme des mulets de valises, cartons, seaux, sacs divers, malles...
Bref pendant 1/2 c'est un spectacle incroyable. Ensuite quand a peu près tout le monde a trouvé sa place, les gens ressortent pour acheter de la lecture, à boire ou à manger. C'est fou. Dans le wagon face à mon banc se trouvent pleins de gamines qui rigolent en me regardant ( Steph et Philou, pas de commentaire). Tout à coup, 4 gamines sortent et me demandent de poser avec elles devant le train. Aussitôt, le wagon se vide quasi complètement et ils veulent tous une photo avec moi devant ce train. Je dois poser pour une vingtaine de poses.
 
Inde_2003_008b

 

Apres leur départ je retrouve mes deux jeunes flamands qui vont jusqu'à Ahmedabad aussi mais sont dans un autre wagon. Je me retrouve dans un compartiment couchettes avec un couple australien d'une cinquantaine d'années. Lui est très sympa mais sa femme(déjà croisée en ville) est un spectacle à elle seule. Elle a un chignon retenu par un turban, des vêtements indéfinissables ( elle a dû être épouvantail dans une autre vie), sa peau est extrêmement blanche et elle ressemble à Alice Sapritch... en beaucoup plus laid. En plus elle est raide comme un piquet. Elle me tend la main en disant " My name is Petal... like the flower". Elle me précise qu'elle est en Inde pour visiter son "yoga gourou".
OK c'est bon, je vais passer toute la nuit avec une barjo dans mon wagon.
 
Nous quittons la station avec 10 minutes de retard pour un trajet de 10 heures de nuit. Le confort est extrêmement rudimentaire et nous sommes secoués comme des pruniers. Le train semble pencher à gauche puis à droite dans un boucan d'enfer. Nous arrivons à 4h00 du mat sans avoir fermé l'œil a Ahmedabad ou je retrouve Stijn et Liselotte pour 3 heures en attendant chacun nos trains. Dans la gare, c'est vraiment l'enfer: la saleté est repoussante, il y a des mendiants partout et des tas de lépreux et autres handicapés. C'est une véritable cour des miracles. Nous nous installons sur nos sacs en essayant de faire abstraction au maximum de l'horreur qui nous entoure. Quand ils montent dans leur train, je reste seul avec mes pensées en attendant mon train qui arrive avec une heure de retard. Je constate que les voies sont envahies de déjections humaines et de rats énormes. Je me sens vraiment très mal. Au milieu de tout ça des hommes, des femmes et des enfants circulent le long des voies à la recherche du trésor qui leur permettraient de s'acheter de quoi se nourrir. Vraiment terrible.
 
Mon train pour Rajkot arrive enfin et je suis tranquille car il y a peu de monde dans le wagon. Un mec vient me parler mais je peux admirer les superbes paysages du Gujarat pendant les 6 heures du trajet. A Rajkot, je monte dans un rickshaw vers le seul hôtel recommande par le LP. L'accueil est détestable et la chambre petite (mais avec TV). Je sors en ville pour constater que je dois être à peu près le seul touriste du coin. En plus ici tout est écrit en Hindi et Gujarati, illisibles pour moi. Les 2 restos renseignés n'existant plus, je mange des espèces de beignets frits dans la rue. Pas mauvais finalement. Personne ne parle anglais et tout le monde me dévisage sans un mot. Je rentre à hôtel ou je regarde Les incorruptibles à la télé. N'ayant trouvé aucune raison de m'y éterniser, je décide de quitter cette ville dès le lendemain.
 
Levé tôt, je décide de me rendre à la gare de bus pour quitter Rajkot.
Problème, là ou on m'avait dit que se trouvaient les agences, je suis dans l'impossibilité de reconnaître les enseignes. Je traîne donc un peu et je demande "Junagadh" jusqu'à ce qu'un mec m'entraîne en haut d'un escalier où un homme vend effectivement des tickets. Le temps de trouver un gars qui parle 10 mots d'anglais, j'achète un ticket de bus: 40 BEF pour 150 km. Ca me semble honnête. Ils vont me chercher une banquette et m'installent en haut de l'escalier à côté du vendeur. Alors commence un truc inouï: des gens montent l'escalier et viennent me serrer la main.
 
Un vendeur de journaux me parle même pendant 10 minutes en disant "OK?" tous les trois mots. Je dois serrer au moins 150 mains. C'est drôle au début mais après, ca fait un peu peur. Finalement, je comprends que je dois suivre une famille d'indiens vers un bus a 300 mètres de là. Et quel bus... Il s'agit d'une ruine qui pue la merde a l'intérieur. Le chauffeur fait semblant de lire mon ticket et me fixe une place. J'ouvre immédiatement la fenêtre... Une heure après, nous démarrons enfin.
 
Le trajet est un enfer: le bus zigzague sans arrêt et 20 fois au moins, je me dis "cette fois c'est la bonne" et non, nous frôlons un camion, une vache, un autre bus. Je comprends pourquoi le vieux assis derrière moi m'avait fait signe de ne pas laisser passer mon bras par la fenêtre. En plus, tout le bus vibre, plus rien n'est vraiment fixé correctement. Le bruit est infernal. J'arrive enfin à Junagadh. Je prends un rickshaw qui ne pige rien a ce que je lui dis et qui fait le tour des marchands ambulants pour savoir ce que je veux. On trouve finalement un mec qui comprend le nom de mon hôtel et lui explique comment s'y rendre. Il faudra encore trois arrêts d'explications pour arriver à destination. Hôtel sympa et pas cher. Le proprio parle bien anglais et m'explique ce qu'il y a voir. Ballade en ville et légère panique car je ne trouve pas d'eau minérale (vitale pour moi). Je vais manger un morceau dans le seul resto acceptable et je passe 5 fois devant car l'enseigne est en gujarati... Dodo
 
15/12 : levé à 6h00 pour gravir la Girnar Hill et ses 10.000 marches... Il s'agit de se rendre a un temple jain situé au sommet et qui est un lieu de pèlerinage importantissime pour les Hindous. Le début de la montée se passe bien, dans une forêt de teck au milieu de singes qui attendent de recevoir quelque pitance. 4 jeunes mecs venus de loin et parlant un peu anglais m'accompagnent. Ils sont super sympa et ils resteront avec moi toute la journée. Nous montons des escaliers quasi à la verticale dans des rochers.
 
Des tas de pèlerins de tous âges montent et descendent. Des porteurs font même le trajet en portant des personnes âgées dans des sortes de hamacs. Mes 4  nouveaux potes me font partager leur culture lors de nos innombrables arrêts. Le spectacle est incroyable et je suis de plus en plus à l'agonie: j'aurais dû soigner ma condition physique avant le départ! On croise un indien qui descend du sommet en portant sur son dos... un frigo. Ils sont vraiment dingues ces gens... Tout au long de la montée j'ai du serrer des dizaines de mains et répondre aux questions habituelles avec les traditionnelles photos. "your country?"  "what's your name?"... J'arrive au sommet complètement en morceaux. Tout au long de la montée j'ai bu 5 litres de mineral water et de pepsi et j'ai toujours la sensation d'être déshydraté. Un des 4 autres est dans le même état que moi et les autres sont quand même crevés. Les deux jains du groupe m'invitent à les accompagner dans leur culte. C'est vraiment impressionnant. Nous restons deux heures au sommet et des tas d'indiens viennent me féliciter d'y être arrivé. Never again... La descente est pénible car le soleil tape dur. Je rentre à l'hôtel incapable de faire le moindre mouvement. Le soir je retourne au même resto et je croise un homme âgé qui m'explique que son frère est dentiste a Amsterdam et qu'il a beaucoup voyagé en Europe. Il dit aussi comprendre que je vienne en Inde car la Belgique est un pays très dangereux plein de drogue et de violence...
Pendant ce temps là, moi je regarde partout, essayant de trouver la camera cachée. Il me dit aussi ce que je dois manger. Je lui tends mon carnet sur lequel il indique ma future commande... et ses recommandations au cuistot... C'est surréaliste. Au resto, je donne mon carnet et tout le resto (plein) est mort de rire. Ce que je reçois est succulent, végétarien, copieux et me coûte 35 BEF... Un serveur qui parle trois mots me demande d'où je viens. Belgium le laisse perplexe je lui explique: "small country, 10 millions people, near France and Germany". En m'apportant l'addition, il répète mot pour mot ce que je lui ai dit. Manifestement il ne sait toujours pas d'où je viens.
 
Aujourd'hui, je viens d'apprendre que Saddam avait été arrêté. Quand?
Comment? Il s'est rendu? Il a été dénoncé? Il a changé de physionomie? Y a t il d'autres nouvelles dans le monde? Quels sont les résultats de foot du w-e? Merci de me tenir au courant.
 
Demain, je quitte Junagadh pour la côte. Je compte bien essayer de m'y reposer. Je suis un régime végétarien strict (pas de choix) depuis 5 jours... et j'ai déjà perdu 2 crans a ma ceinture. Je rêve de repos car je suis vraiment épuisé aussi bien mentalement que physiquement. Je crois que je vais légèrement raccourcir mes vacances et rentrer en Belgique plus tôt. Je sais que ceux qui m'avaient prévenu seront contents de savoir qu'ils avaient raison mais comme d'hab, je voulais voir par moi-même. Je crois que si j'avais été accompagné, cela eut été plus facile.
 
Se retrouver seul dans des villes dont on ne comprend ni l'écriture ni la langue est très déstabilisant. On a l'impression d'être à la merci de tout et de tout le monde, même si le gens sont très gentils. Ca change de ne pas être abordé par tous les rickshaws et par tous des gens qui veulent vous vendre quelque chose.
 
A Diu, ville balnéaire, tout sera différent... et en plus c'est le seul endroit de l'état qui autorise la consommation de bière et d'alcool.
 
Passez tous une excellente journée et a bientôt. Sorry d'avoir été si long mais la langue française me manque.
 
 
Michel 
 

Only in India… - 12/12/2003 A 08h35

 
Juste un petit truc que j'avais oublié de dire.
Vous avez tous reçu un jour ou l'autre ces photos "Only in..." avec cette indienne en train de verser du lait dans une vasque où s'abreuvent des dizaines de rats?
 
Et bien, je suis allé visiter ce temple où les Indiens vénèrent les rats comme étant la réincarnation d'enfants tués par un dieu mécontent (c'est un résumé très très succinct). Il y en a partout (des rats pas des enfants...) et comme c'est un temple, il faut y pénétrer les pieds nus. Montée d'adrénaline garantie. J'ai pris des tas de photo de ces bestioles, je me demande ce que ça donnera.
 
Le top du top, c'est de manger les grains mâchés par les rats, il paraît que ça porte bonheur. Je me suis contenté de croire ces braves gens sur parole...
 
Maintenant, j'attends la fin d'après-midi pour prendre mon premier train de nuit. On verra.
 
Hier soir, je suis allé manger sur une terrasse avec un english de l'hôtel qui débute un voyage de 12 mois à travers le monde, alors que, jusqu'à présent, il n'avait jamais quitté son île. En route, on a croisé le couple de jeunes flamands (décidément) qui voyage 14 mois. On a passé une soirée fabuleuse tous les quatre au bord du lac. L'english s'appelle Brown... James Brown. Ca ne s'invente pas...
 
Grosses bises et bon week end
 
 
Michel

il fait trop chaud pour travailler - 11/12/2003 à 12h26

 
Udaipur - 34 degrés - 16h00
 
Salut tout le monde,
 
ayant enfin trouvé une connexion digne de ce nom, je poursuis mon petit récit de voyage.
 
En quittant Jaisalmer et son désert, nous nous sommes rendus (4 belges et deux chauffeurs) vers Jodhpur. Le trajet est reste égal a lui-même avec son lot de bestioles traînant partout sur les routes, des villages incroyables traversés et partout cette misère inimaginable qui vous colle à la peau.
 
Arrivée à Jodhpur où je visite seul (trop cher pour les autres) le palais le plus incroyable du Rajasthan.
 
Inde_2003_001b

Il s'agit d'un fort gigantesque surplombant la ville. A l'entrée, on reçoit un Walkman avec le choix de la langue. C'est facile et on échappe aux traditionnels guides qui vous collent au cul partout ailleurs.
 
A la sortie du fort, échoppe du plus célèbre marchand d'épices d'Inde: il vend tout ce qui se cultive ici et en plus, en achetant, il vous demande votre adresse e-mail pour envoyer plus de 100 recettes du coin... dans la langue de votre choix. Je crains de tout recevoir en flamand car il n'avait pas l'air de piger que je parlais flamand avec les autres mais que je préférais avoir les recettes en français.
 
La ville est superbe vue de haut: plus de la moitié des maisons sont peintes en bleu turquoise en référence à la couleur de Bramah, le dieu vénéré ici. Le soir, nous nous rendons en ville mais la pollution est telle qu'au bout de deux heures et demi, nous prenons un rickshaw pour rentrer à hôtel pour manger. J'essaye enfin le poulet tandoori: c'est un régal. Je croise un jeune couple d'anversois qui sont en route depuis le mois de septembre et qui voyagent à travers le monde jusqu'en octobre 2004... Je me demande ou ils trouvent le fric. Je rêve de les accompagner!
 
Le soir, nous nous arrangeons avec les chauffeurs pour pouvoir continuer encore un peu ensemble... et ça fonctionne. Pourtant au départ rien ne correspondait: ni les lieux de visites, ni les hôtels, ni les dates, rien... mais ici "Everything is possible my friend". Nous partons donc pour Ranakpur ( Fred, sur ta carte c'est à mi-chemin entre Jodhpur et Udaipur! Tu ne trouves pas? ça m'étonnes pas). L'endroit est paradisiaque. Il y a quelques hôtels perdus dans la nature autour du plus grand et du plus beau temple Jain d'Inde. La visite du temple est un bonheur: le temple est en marbre blanc soutenu 1444 pilastres toutes sculptées différemment. C'est beau et ça prête vraiment a la méditation. Autour du temple, des dizaines de macaques se baladent à la recherche de la moindre nourriture qu'ils disputent aux enfants du coin. Dur dur. ( Petit intermède pour vous dire qu'une vache passe son museau par la porte du petit local et que je dois faire gaffe à mon sac. Ca va, elle se casse).
 
Notre hôtel est composé de 2 belles rotondes et d'un immense jardin avec terrasse. C'est calme et ça fait vraiment du bien de se poser un peu. Nous décidons de rester 2 nuits ici pour faire un trekking le lendemain. Ah oui, j'oubliais: il y a une piscine mais elle est vide. Il faut dire que c'est l'hiver et qu'il ne fait qu'une trentaine de degrés. Vous comprenez? Le lendemain matin, petit problème: Vicky n'est pas bien et Danny ( mon junkie préféré) est carrément a l'agonie. Jusqu'à présent, j'en ai croisé quelques-uns qui avaient manifestement de sérieux problèmes intestinaux... et ce n'est rien de le dire. Pour moi, jusqu'à présent tout va bien: je fais une prière a St Imodium tous les jours. Par contre, je ne mange qu'indien et une fois sur trois, je ne sais pas du tout, ni ce que je commande, ni ce que je reçois... mais c'est quasiment toujours excellent.
 
Donc, pas de trekking: rustdag. J'en profite pour faire une lessive et pour lire un peu. Le gars de l'hôtel veut m'enseigner les rudiments du cricket mais le résultat n'est pas extra ( comme Philou à la Game Cube...).
 
Fin d'après-midi, nous nous rendons à pied à un superbe lac pour le coucher du soleil. L'endroit est superbe et nous sommes suivis par quelques gosses d'un village traversé. Ils sont d'une saleté insupportable mais adorables. L'idée de descendre dans le lac nous effleure mais d'en haut, nous voyons un serpent de plus d'un mètre en train de nager. Ca nous refroidit un peu (n'oubliez pas que c'est l'hiver...) et nous restons prudemment dans les rochers. Bien nous en prend: l'hôtelier nous explique qu'il y a encore des crocodiles dans ce lac. Il aurait pu prévenir ce con!
 
Le soir, nous assistons au loin à un feu d'artifice digne du 21 juillet. Il parait que c'est pour un mariage. Et c'est là que se trouve tout le contraste de ce pays: l'après-midi, nous sommes avec des gosses qui ne mangent sans doute pas toujours à leur faim et le soir nous assistons à ce déballage insupportable de richesse. C'est vraiment ça, le plus dur à vivre.
 
En fin de soirée, apparaît le 1er (et dernier jusqu'à présent) américain du séjour. Il commence à discuter avec moi en payant bière sur bière: il dit qu'il est tout content de trouver un européen qui accepte de lui parler. Il prétend être victime d'ostracisme à cause de la politique étrangère actuelle de son pays. Avec ce qu'il paye comme chopes, je ne me rappelle même plus qu'il est américain. Je termine la soirée (nuit?) dans un état avancé. Heureusement que je ne conduis pas. En route pour Udaipur. Trajet pénible car nous traversons une chaîne de montagnes et qu'au milieu des lacets les vaches s'en foutent... On fait plusieurs arrêts pour admirer le paysage.
 
A Udaipur, on se retrouve dans un hôtel de luxe... mais ma chambre est située dans une tente de touareg sur la terrasse: c'est vraiment super. Je n'ai pas de clef mais je dispose d'une grande caisse qui ferme pour mes bagages. C'est très bien. Nous nous rendons tous les quatre à Udapuir et nous quittons rapidement Truda et Danny pour nous balader dans cette petite ville ( à peine 500.000 habitants). C'est sympa. Le soir nous nous retrouvons dans un resto super agréable au bord du lac où nous mangeons divinement bien à la lueur d'une bougie. Chouette soirée.
 
Retour a hôtel en rickshaw. Je dois négocier à la fois avec le taximan et avec Danny qui dit Ja Ja à chaque fois que le gars descend de 5 roupies. A la fin, le gars du rickshaw ne pige plus rien et je crains même qu'il ne me refile de l'argent à l'arrivée. Nous prenons encore un verre sur ma terrasse. Il fait un peu frisquet mais ca reste agréable... même en t-shirt.
 
Ce matin, dure séparation: il n'y a plus moyen de faire autrement vu que des tickets de train nous attendent tous... mais pour moi ils sont ici. J'ai un solide coup de cafard en me retrouvant tout seul dans ma chambre et je pars donc visiter le palais local. Il est aussi impressionnant que les autres.
C'est vraiment incroyable le contraste qu'il y a entre la richesse affichée par ces Maharadjas et la misère du peuple. Je n'arrive pas à m'y faire. En sortant, comme d'hab, je me fais accoster par un rabatteur. Ceux-la, je les étriperais bien. Ils se trouvent toujours aux endroits stratégiques et ils abordent les touristes dans leur langue avec le même discours: " je suis étudiant, je veux juste parle le français et vient voir très belles choses ici" Ils s'y prennent de telle manière qu'il est quasi impossible de refuser et qu'on se retrouve toujours dans une boutique pour acheter quelque chose... à des prix prohibitifs.
 
Maintenant quand ils me disent qu'ils sont étudiants, je leur demande ce qu'ils étudient et je leur pose des questions en leur disant que j'ai fait les mêmes études qu'eux. J'ai déjà ainsi été à peu près tout ce que vous pouvez imaginer de médecin à avocat. C'est le meilleur moyen pour les envoyer à la merde.
Avant de venir vous enquiquiner avec ma prose, j'ai croisé un sadhu (les prêtres locaux, multicolores et plus sales que les chameaux de Jaisalmer) qui m'a demandé " Speak English?". Suite a ma réponse positive, on s'est assis sur des marches et il a commencé à me parler en ...hindi pendant plus d'une demi-heure. J'ai cru que je ne pourrais jamais m'en débarrasser. Finalement j'ai pris une photo de lui et je me suis cassé. N'empêche que j'aimerais bien savoir ce qu'il voulait me dire...
 
Ce soir, soirée cinéma: Octopussy (James Bond) a été tourné en partie ici et pas mal (pour ne pas dire tous) de guest houses proposent le film tous les soirs sur leurs terrasses.
 
Demain soir, je me casse tout seul pour Ahmadabad en train de nuit avec 10 heures de trajet (pour moins de 300 kms). Et quatre heures après mon arrivée je prends un autre train pour Rajkot, ville natale de Gandhi. Tout ça, c'est dans le Gujarat.
 
Là-dessus je vous laisse et faites gaffe au verglas.
 
Grosses bises
 
 
Michel

Namaste - 10/12/2003 à 13h55

 
Namaste, bonjour, goeie morgen, hello,
 
Sorry pour le manque de message, mais j'ai eu un emploi du temps très chargé et en plus les connections ici sont merdiques ce qui fait que je mets une heure rien que pour lire quelques messages. Pour le reste ça va. C'est extrêmement dur, mais je tiens.
 
A Puchkar, c'était une petite ville sympa où l'on retrouve tous les couillons d'européens qui se prennent pour des sadus et qui vivent là-bas comme des vagabonds encore plus sales que les Indiens (et ce n'est pas peu dire...) en ayant revendu leurs papiers pour un peu de drogue. Il vaut donc mieux surveiller son passeport là-bas.
 
Le lendemain, je suis parti vers Bikaner dans le désert ou j'étais logé comme un dieu: hôtel super et j'ai mangé sur la terrasse de l'hôtel en admirant un spectacle de danseuses et de musiciens. En visitant le fort, je me suis joint à un groupe de touristes français pour écouter leur guide. Ils avaient un accompagnateur très sympa avec lequel j'ai discuté tout au long de la visite (ça aura son importance plus tard...)
 
Le lendemain, sur la route de Jaisalmer, à la frontière pakistanaise et au cœur du désert, je m'arrête pour voir des vautours en train de "nettoyer" la carcasse d'une vache. Qui s'arrêtent? Mes français dans un bus climatisé.
 
Leur guide me propose de venir les rejoindre le soir a leur hôtel. Arrivée à Jaisalmer, ville sublimissiment surplombée par un fort exceptionnel. De loin, la ville ressemble à un chateau de sable. Etonnant. Mon hôtel par contre est assez merdique. Dans la SDB, j'élève des cafards, des salamandres, des fourmis et pleins d'autres bestioles. Je mets donc mon plus propre tee-shirt, mon pantalon le moins puant et mes chaussures de trek (les plus présentables) et je rejoins mes nouveaux amis dans un ancien caravansérail. Imaginez maintenant que vous prenez un SDF croisé dans la rue neuve et que vous l'invitez au Sheraton... et ben, le sdf, c'était moi. Je quittais mon souk pour un hôtel de rêve. Je me joins à eux pour l'apéro mais je dis au guide que je ne resterai pas manger car ce n'est pas dans mes prix
( je mange chaque jour pour 30X moins cher que les repas de cet hôtel).
Réponse? pas de problème on t'invite...
J'ai donc mangé avec eux un buffet a volonté sur une terrasse merveilleuse surplombant la ville. J'ai discuté avec ces gens qui ont l'impression que, parce que les Indiens parlent anglais, tout voyage doit être beaucoup plus simple qu'ailleurs. La bouffe était bonne mais adaptée pour les occidentaux: dans ce genre d'endroit, ils ne mangent pas du tout ce que les routards mangent dans les petits restos ou sur les marchés...
 
Retour dans mon zoo où je tue un insecte énorme qui se baladait dans la chambre en faisant un vacarme de tous les diables. Le soir, vers 23h00, passage dans la rue d'une fanfare avec grosse caisse, cymbales, trombone et tout le bazar. A l'arrière, un mec assis sur un âne et déguisé comme un pingouin. il s'agissait en fait du début d'une cérémonie de mariage...
 
Le lendemain, mon chauffeur m'invite à rejoindre trois belges pour une visite guidée de la ville. Je vous les décrirai plus tard. On visite une ville superbe avec des tas de havelis, maisons sculptées par les riches marchands du désert. Cette ville est fantastique... Mes compagnons de voyage sont un couple d'ex (????) toxicos avec un look baba cool incroyable et une jeune infirmière de 29 ans. Avec elle le courant passe directement très bien. Ah, j'oubliais: Ce sont des flamands qui se sont rencontrés ici mais qui viennent tous de St-Nicolas. Les 2 babas s'expriment dans un dialecte pas possible que je comprend difficilement. Je me retrouve donc au milieu du désert à parler soit anglais soit du patois flamand...
 
L'après midi, nous rejoignons nos chameaux pour un trip dans le désert.
Comme nous traînons au départ, ces couillons de chameliers nous font faire du galop pendant une heure pour arriver au campement à temps pour admirer le sunset. C'est vachement haut ces bestioles et le mien n'en fait qu'à sa tête. Le chamelier me rejoint chaque fois en me disant "He's a bad boy". Je lui en foutrai moi des bad boy. On arrive au campement ou nous admirons le coucher de soleil et puis nous nous retrouvons autour d'un feu de camp pendant que les chameliers cuisinent. Le repas est délicieux. Nous passons une nuit superbe à la belle étoile et dans le froid. Le lendemain, nous regagnons calmement Jaisalmer. Nous devons puer atrocement...
 
Je décide de rester un jour de plus avec les Flamands à Jaisalmer et le soir, je pars avec Vicky,
l'infirmière manger dans un petit resto que j'ai repère pendant que le couple part de son côté.
Je commande un thalli ( qui n'est pas un train entre Paris et Bruxelles mais un plat du Rajasthan) et je suis comblé: imaginez un grand plateau avec une dizaine de petits plats, plus un bol de riz préparé aux épices locales et un autre d'une sorte de riz sucré et gluant. Le gars m'explique que ce sont tous des légumes du coin. Je ne reconnais rien mais c'est délicieux et je dois en laisser la moitié. Le prix? 85 BEF. Honnête quoi...
 
Bon, là-dessus je vous laisse car je vais manger. La suite sans doute demain car je reste à Udaipar demain... et tout seul (snif).
J'espère qu'il ne fera pas trop chaud sur la terrasse (yerk yerk yerk).
 
Message pour ma maman: au retour, je crois que la lessive ne sera pas
nécessaire. Il vaut mieux prévoir un grand sac poubelle (pour mes vêtements)
et du désinfectant (pour moi).
 
Grosses bises à tous,
 
Mahatma Sandron

salut - 06/12/2003 A 12h02

 
salut,
 
juste pour dire que je suis toujours vivant malgré le désert et que je vous ferai un très long compte-rendu dans les jours qui viennent. Pouvez-vous me dire où je me suis arrêté?
 
La bise à tous et excellente St-Nicolas à Anaïs, Maëlle et Lea.
 
La bise à tout le monde.
 
 
Michel le Touareg
 
 
 
 
 

quand t’es dans le désert… - 02/12/2003 à 10h31

 
Salut à tous,
 
La galère continue mais ca va de mieux en mieux. J'ai passé deux jours à Jaipur au Rajasthan à visiter celle qu'on appelle la Pink City.
 
C'était superbe ! A l'hôtel j'ai rencontré un couple de londoniens super-sympas. Je les retrouve dans trois jours pour un trip en chameau dans le désert.
 
Hier soir, on s'est payé un resto succulent pour 250 BEF à Jaipur. Je suis un cours assimil accéléré d'anglais: pas moyen de trouver de francophones...
Les sites visités sont fabuleux, presque irréels mais l'Inde n'est ni un pays ni un continent mais une planète: il ne faut surtout pas essayer de comprendre...
 
Rien que les trajets entre les villes sont une aventure en soi... que dire alors des trajets de nuit: les piétons, les rickshaws (à moteur ou non), les voitures et les camions se croisent joyeusement: il parait qu'on roule à gauche mais c'est rare qu'on y reste.
 
En plus de tout ca, il y a des carrioles tirées par des buffles, des ânes, des chevaux ou des chameaux, ainsi que des troupeaux divers ( chèvres, vaches, moutons...).
Et évidemment il ne faut surtout pas oublier les vaches qui font tellement partie du paysage qu'on ne les voit plus. Ajouter à ça des tas de singes partout et une saleté incroyable, vous aurez un tableau a moitié correct de la situation...
 
Je ne bois que de l'eau et de l'indien tea en mangeant ce que je trouve (souvent excellent)... et je ne suis toujours pas malade. Pourvu que ca dure.
 
Je suis arrivé aujourd'hui à Puchkar (Fred, c'est à cote d'Ajmer), c'est une ville sainte aux portes du désert. Sacrée donc vegetarian food et le désert signifie qu'il fait très chaud.
 
Demain je me lève tôt pour assister au rituel des bains sacrés. Je crois qu'après le trip au Rajasthan, je vais chercher un endroit peinard pour me reposer.
 
Salut à tout le monde: je retourne profiter de mes 30 degrés...
 
A dans deux ou trois jours si je trouve du net dans le désert, mais je crois qu'il y en a partout maintenant: pour 15 BEF, on a droit à une heure: ca serait con de se priver...
 
A+
 
Michel
 

11/09/2006

toujours vivant - 30/11/2003 A 14h24

 
Salut les filles,
 
Salut à tout le monde,
 
Merci pour vos nombreux mails (13) ça fait plaisir.
 
Aujourd'hui je suis à Jaipur au Rajasthan après un crochet par Agra pour voir le Taj Mahal.
 
En fait j'ai très vite quitté Delhi car sinon... je crois que j'aurais pris le premier avion pour rentrer ou pour gagner un pays où je me sente plus à mon aise (Thaïlande ou VietNam, par exemple). C'est une chose de se préparer à vivre un truc difficile et c'est tout autre chose de le vivre. Jusqu'à hier soir, on ne peut pas dire que c'était la grande forme: j'avais l'impression de me noyer dans ce pays dingue. Je ne trouvais absolument pas de repère et je ne savais pas quoi faire.
 
Finalement, pour passer outre à tout ça, je me suis payé un tour de 16 jours en voiture non climatisée (il ne faut pas exagérer...) avec chauffeur. Le prix était tout à fait raisonnable et c'était la seule façon que j'ai trouvée pour débuter ce séjour. Il va donc faire un tour complet du Rajasthan avec moi et ça commence vraiment bien. Aujourd'hui, je me suis levé à 6 heures du mat pour la visite du Taj Mahal et du Fort d'Agra. Ensuite, trajet en voiture jusqu'à Jaipur avec divers intéressants: malgré le (relatif) confort, je suis vraiment crevé.
 
Ici la nourriture et le logement (plus correct que je ne croyais) sont vraiment pour rien. Mais quel monde de dingue... Petit à petit avec l'aide du chauffeur je trouve mes marques et je crois qu'après les 16 jours ensemble tout ira bien... Je commence déjà à aimer ce pays. Je viens de parler avec un couple de danois qui me disait avoir eu envie de tout laisser tomber pendant toute la première semaine... Je ne suis donc pas si mauvais que ça.
 
A part ca, tout est à découvrir, rien ne ressemble à chez nous. Si je ne me contrôlais pas, je crois que je prendrais 3 films de photos par jour: il y a des tas de choses somptueuses.
 
Je vous laisse car je vais aller manger...
 
A+ et la bise a tout le monde.
 
Michel
 
PS: heureusement qu'il reste les mails pour appliquer mon français: pas un mot autrement qu'en anglais depuis 4 jours...