14/09/2006

Bonne année - 03/01/2004 A 11h13

 
Salut à tous et encore une excellente année 2004,
 
j’espère que vous avez passé un aussi bon réveillon que moi.
 
Comme prévu, nous nous sommes retrouvés en dehors de Diu où nous avons réveillonné à une quinzaine sur une terrasse où nous avons cuit au BBQ nos différents poissons. C’était excellent et super sympa.
 
Nous avons quitté la ville au moment où la police locale se déployait avant d'essayer de prévenir les problèmes.
 
En fait, vu que l'alcool est prohibé dans le reste du Gujarat, nous avons eu droit à des situations inimaginables. Par exemple, sur la route pour aller à notre lieu de guindaille, soit 3 kms, nous avons vu 3 personnes cuvant dans les fossés dans des vraies positions de cadavres. Ils étaient juste tombés là et n'avaient pas pu se relever: ils cuvaient. La nuit en revenant nous avons vu des dizaines d'hommes dormant un peu partout: sur un chantier, sur un tas de sable, il y avait ainsi 4 "cadavres". Le lendemain dans Diu, j'ai vu une petite dizaine de personnes portant d’énormes bandages suintant de sang au visage, résultat de multiples bagarres, uniquement entre indiens...
 
Je suis resté jusqu'au 2 à Diu et la nuit du 2 au 3, je suis parti avec Natasha, une allemande rencontrée sur place vers Ahmedabad. Nous avons pris le bus sleeper de nuit pour arriver ici a 5h30 du matin en 11 heures de route. Les bus sleeper sont en fait dépourvus de sièges et sont dotés de deux rangées de "lits" 2 places sans couvertures ni oreiller avec des fenêtres qui ne ferment pas. La longueur est de 1m70 environ (trop courte pour tous les deux) et la largeur n’excède pas 1m00. Chaque compartiment se ferme par deux tentures trop courtes ce qui fait que toute la nuit, un indien est resté assis à sa place en face de notre couchette sans cesser de regarder à travers les tentures, semblant espérer un peu de spectacle... Encore plus fort: de temps en temps, un indien ouvrait notre tenture sans crier gare pour nous dire où nous étions ou pour nous demander "ok?". Au début, on a même trouvé ça drôle...
 
Nous avons été débarqués aux abords d'Ahmedabad en pleine nuit et nous avons rejoint le centre ville à pied en traversant tout un quartier où les bas-côtés de la route étaient pleins de gens dormant dans un froid certain. C’était vraiment très très dur de voir tous ces gens n'ayant le plus souvent qu'un simple morceau de plastic pour s'abriter.
 
C’était aussi vraiment surréaliste d'avancer ainsi dans la ville. Pour nous remonter le moral nous nous sommes arrêtés dans le seul bar ouvert... sans nous rendre compte directement qu'il y avait 4 cercueils dans l'allée centrale: un d'adulte et trois d'enfants. Et les clients s'installent ainsi pour prendre leur thé sans aucun problème au milieu de ces cercueils. Chouette ville vraiment !
 
Nous sommes ensuite allés chez une autre allemande qui était à Diu et qui étudie ici l'architecture dans le cadre d'un programme d’échange international. Nous logeons chez elle ce soir et nous comptons aller au cinéma tous les trois. Tous les guides disent qu'il faut absolument au moins une fois aller dans un cinoche en Inde. Je vous expliquerai dès mon prochain message.
 
A partir de demain, nous descendons vers Mumbay (ex Bombay). En fait j'ai changé mes plans car dans le nord, il y a actuellement une vague de froid terrible: il a même gelé la nuit à Delhi le 27 décembre. Il y a déjà plus de 300 morts dans la vallée du Gange...
 
Je ne vais donc remonter vers Varanassi qu'au dernier moment avant de rentrer sur Delhi. A Mumbay, nous allons récupérer une autre allemande qui débarque et nous partirons tous les trois vers le centre du pays où il y a, apparemment,  de merveilleuses grottes à visiter.
 
Je reste donc sous le soleil...
 
Portez-vous bien et à bientôt,
 
Michel

ça va péter - 31/12/2003 A 7h41

 
Salut à tous,
 
Tout le monde est prêt pour le réveillon de ce soir?
 
Moi je suis toujours à Diu et bien que je ne m'ennuye pas, il est temps que je reprenne la route car ça commence à me manquer...
 
Ici ce qui se passe est incroyable. En fait, les Indiens débarquent à Diu par bus entiers pour venir réveillonner... mais surtout pour picoler comme des dingues. Je n'ai jamais vu ça même dans les pires guindailles universitaires. Les gens qui viennent ici font partie de la nouvelle classe moyenne générée par les réformes économiques du début des années 90. Ce sont eux qui achètent les produits de consommation tels que TV, appareils électriques et parfois bagnoles. Je ne veux pas généraliser mais ceux qu'on croise ici ne sont pas vraiment les plus sympas et ils sont surtout particulièrement odieux avec le personnel des hôtels et des restos (souvent de très jeunes garçons). Ce que l'on voit ici dépasse l'imagination.
 
On sent une frénésie qui touche tout le monde dans l'attente de ce réveillon.
Nous avons tous la même impression: ce soir, tout est possible avec ces gens. Je n'ose pas vous raconter ce que j'ai déjà vu durant les deux derniers jours (pour ne pas vous dégoûter avant le réveillon), mais c'est totalement fou.
Pendant ce temps-là, les hôtels, bars et restos rentrent des dizaines de caisses de bières et d'alcools divers. Pas d’inquiétude de ce coté-là: le ravitaillement suit...
 
Si je devais le comparer à quelque chose, ça serait aux 24 heures de Louvain-La-Neuve de la pire époque... la même frénésie, le même délire, la même tension, les même excès... mais encore en 1000 fois pire...
 
Hier en me baladant, je suis tombé sur la petite hollandaise et l'autrichien déjà croisés auparavant. Je les ai accompagné à la plage où nous avons retrouvé des étudiantes allemandes en stage en Inde et nous avons décidé d'organiser notre propre souper dans leur hôtel qui est une ancienne église qui dispose d'un grand jardin et d'un BBQ. Nous serons une quinzaine et ce matin, nous sommes allés à deux acheter les poissons, homards, gambas et autres fruits de mer au marché aux poissons. C’était génial : au début, les vendeuses nous ont vu arriver avec des prix très élevés... et puis voyant qu'on achetait de grandes quantités, elles nous ont suivi dans le marché en brandissant leurs poissons dans une main... et le billet correspondant au prix demandé dans l'autre. Finalement nous avons acheté pour 25 EUROS de poissons et nous avons 10 fois trop...
 
Apres ça, nous rejoindrons un autre groupe de touristes qui organise dans une autre ancienne église, une soirée pour passer le réveillon. Nous sommes finalement contraints de passer la soirée entre occidentaux et c'est bien dommage, mais vu les risques encourus avec les Indiens (certains réveillonnent déjà depuis 3 jours sans dessoûler et sont vraiment agressifs), cela s'est imposé comme une évidence...
 
En plus, partout les hôtels et les particuliers sont en train d'installer des feux d'artifice sans aucune précaution bien évidemment. A minuit, ca risque de péter de tous les côtés...
 
Pour le reste, tout va bien. Le 28, nous avons eu pas mal de vent mais maintenant il fait à nouveau très chaud. Le 2 ou le 3 janvier, je quitterai sans doute Diu pour remonter vers le nord en visitant Ahmedabad, Jhansi, Orccha et Kajuraho avant de m’arrêter à Varanassi (ex-Benares) pour quelques jours.
 
Je serai sans doute accompagné de 2 hollandaises qui sont un peu perdues et qui ont plus ou moins le même trajet en tête...
 
Passez toutes et tous un excellent réveillon et à l’année prochaine,
 
Michel

Le retour du Capitaine Igloo - 28/12/2003 A 13h36

 
Hier, j'ai failli faire une belle grosse connerie... mais alors là, une mega géante.
 
Je me suis loué un vélo pour me rendre dans le petit port de pêche situé de l'autre côté de l’île.
 
Arrivé sur place, je me suis installé en observant tout ce qui se passait. Sur un des bateaux accostés, régnait une grande activité et au bout d'1/2 heure, un rickshaw est venu apporter d’énormes blocs de glace que les gens ont cassé à coups de barre de fer avant de les transformer en glace pilée partant directement dans les cales du navire. J'ai pris des photos et les marins m'ont fait signe d'approcher et puis même de monter à bord. En fait, ils remplissaient les cales de glace en vue de stocker les fruits de la pèche pour laquelle ils partaient le soir même: je suppose que nos bateaux devaient faire de même avant d’être équipés de frigos. Je suis resté longtemps sur le bateau et le capitaine a commencé à venir discuter avec moi. Il était surtout intéressé par le fonctionnement de mon appareil photo et par la portée du zoom.
Je lui demande combien de temps ils partent et il me répond "night day night" soit, pour moi, un jour et deux nuits. Je lui fais comprendre que j'aimerais bien les accompagner. D'abord très surpris (je comprendrai après pourquoi), il est d'accord à condition que je prenne des photos de la pêche. Moi tout content, je suis déjà en train de calculer ce dont j'ai besoin pour partir (films, eau, biscuits, fruits) et de rêver à l'extraordinaire aventure que je vais vivre. Il me monte l’intérieur du bateau (disons que c'est très très très sommaire...) pendant que plusieurs membres de l’équipage font le tour du petit port pour annoncer qu'on va photographier leur pêche. Je sais qu'ils sont 7 hommes d’équipages et il me montre le type de poissons qu'ils pêchent.
Juste au moment de partir, dans un éclair de lucidité, je lui dis donc qu'on reviens le surlendemain matin au port et là il me dit " no no no night day NINE..." en montrant 9 doigts. La je comprends qu'ils partaient en mer pour 9 jours de pêche. J'aurais eu l'air malin en cherchant la côte au bout de deux jours, après avoir épuisé mes réserves d'eau. Après coup, je me dis que je l'ai vraiment échappé belle. Dorénavant je ferai un peu plus gaffe encore avant de me lancer dans une expédition foireuse...
 
A part cà, il y a pas mal de vent aujourd'hui à Diu ce qui n’empêche pas les touristes occidentaux de se balader en short et t-shirt alors que la population locale sort des sortes de bonnets en fourrure et de grosses vestes en disant "very cold today" alors qu'il doit encore faire 25 à 27 degrés...
 
Lors de notre souper international d'hier soir, il y avait le canadien qui était assez dépité: après le Gujarat, il doit remonter vers le Rajasthan et passer au Pakistan en vue de se rendre en Iran pour visiter la forteresse de Bam (située a environ 1000 kms d'ici mais on a rien ressenti). Comme il n'a pas de télé dans sa chambre, on lui a expliqué très gentiment qu'il n'y aurait plus grand chose a voir et qu'il avait intérêt à changer un peu ses plans...
 
Portez-vous bien. J'ai beau essayer d'imaginer le temps que vous devez avoir, je n'arrive pas à me mettre à votre place.
 
A bientôt,
 
 
Michel

Tour de Babel - 28/12/2003

 
Salut à tout le monde,
 
J’espère que vous avez passé un excellent réveillon de Noël. Pour moi, ça s'est déroulé face à la mer sur une terrasse pleine à craquer. J'ai soupé avec le gantois qui a décidé de se casser le lendemain. Apres un excellent repas, nous nous sommes regroupés avec quelques indiens et quelques occidentaux pour boire un verre et discuter le coup.
 
Le resto ou nous étions ne dispose pas de licence pour l'alcool mais comme en Inde "everything is possible", le garçon prenait nos commandes de bières, se faisait payer à l'avance et allait chercher les bières dans le bar à côté...
 
Nous avons ainsi partagé nos bonnes adresses ainsi que nos galères. Pour moi il était agréable de me rendre compte que pas mal de touristes ont encore eu nettement plus de problèmes que moi et que finalement, je ne m'en tire pas trop mal.
 
Il y a deux jeunes autrichiennes qui sont plus particulièrement traumatisées car elles sont arrivées, il y a quelques jours, juste derrière un car qui s’était retourné et dont ils retiraient deux cadavres. Elles se sont arrêtées et ont été très choquées par la réaction des autochtones qui cherchaient plutôt à savoir comment ils allaient continuer leur voyage, plutôt que par la présence des morts et l'état des blessés. En fait, pour les Indiens, nous sommes les jouets des dieux et s’il arrive quelque chose, c'est le karma... c'est tout. Un couple, après une journée de visite dans une ville est rentré à l’hôtel pour découvrir que tout le plafond était tombé dans la chambre. Le gars de l’hôtel en rentrant dans la pièce leur dit: " vous avez de la chance: vous êtes bénis des dieux, sinon ils auraient fait tomber tout le bazar en pleine nuit" Incroyable non? Ici pour faire intervenir un assureur il faut d'abord le menacer puis lui payer un bakchich pour qu'il daigne ouvrir un dossier. Et il y en a qui se plaignent des  service d'ING?
 
Pour le reste, je continue à découvrir l’île et ses environs. Le 25, j'ai loué une mobylette et avec une espagnole, nous sommes partis visiter le bird sanctuary de l’île. Je me suis bien éclaté en moto et le site était superbe... dommage que la pile de mon appareil photo m'ait lâché.
 
Ici je partage mon temps entre le village, les ballades à pied jusqu’à la plage la plus proche (2 bons kms) ou en vélo jusqu’à la super plage de Nagoa a 9 ou 10 kms, sans oublier les visites autour de l’île. Il y a en fait des tas de trucs à voir et à faire.
 
Pour le repos, il faudra attendre. Depuis le 25, les hôtels sont envahis par les touristes indiens qui font du bruit 20h/24. C'est dingue : tout d'abord, ils laissent les portes des chambres ouvertes, ils parlent forts, ils discutent d'une chambre à l'autre... quelle que soit l'heure et tout le monde semble trouver ça normal. Hier soir je suis rentré à 23h et on aurait dit qu'il y avait marché dans le couloir. A 2h du mat', quelques mecs sont rentrés bourrés et à 6h30, les gosses étaient debout et les mères discutaient toutes ensembles dans le couloir. Ils dorment quand ces gens?
Heureusement que j'ai les bonnes boules de monsieur Quies... mais ce n'est même pas suffisant.
 
Avec l'afflux de touristes, l’électricité est coupée encore plus souvent qu'avant : hier pendant 4h00 et ce matin de 8h30 a 11h00. Ca promet au moment du réveillon.
 
Depuis 3 jours, j'ai trouvé le resto idéal. La nourriture est fabuleuse et les prix n'ont plus évolué depuis la première guerre indo-pakistanaise : un crabe curry avec du riz pour 1 EURO. Pas mal non? Le seul problème c'est la lenteur du service qui dépend de la sobriété du patron. Parfois il faut 2 heures pour un plat. Hier soir, j'y suis allé tout seul et puis sont arrivés dans l'ordre: une espagnole, sa copine allemande et un candien rencontré a l’hôtel. Ensuite un couple composé d'une hollandaise et d'un autrichien et enfin un japonais avec une anglaise. Nous étions 8 de 8 pays différents installés à la même table. C’était vachement sympa.
 
Bon, je reprends cet après-midi car le gars veut fermer.
 
A+
 
M.

SDF - 24/12/2003 A 07h56

 
Salut à tous,
 
hier matin au lever deux mauvaises nouvelles: j'ai une crève d'enfer et il ne me reste plus qu'une nuit d’hôtel...
 
Tout d'abord la crève. Les Indiens croient faire plaisir en nous branchant systématiquement tous les ventilos qu'ils trouvent dans la figure. J'ai beau leur expliquer, rien n'y fait. Dans les cafés internet par exemple, d’énormes ventilos entraînent des courants d'air froid... et comme il fait 30 degrés dehors, c'est la crève assurée pour les touristes. En plus, leurs ventilos sont souvent d'anciennes pales d’hélicos qui tournent à une vitesse incroyable. Dans une de mes chambres (je ne sais plus où), chaque fois que je le branchais, tout s'envolait, c’était incroyable. Je carbure aux pastilles pour la gorge et j'ai toujours des antibiotiques en réserve.
 
Je commence a avoir un peu moins de médicaments car je les distribue a d'autres touristes qui sont à court. Hier soir j'ai mangé avec un couple de Serbes de Belgrade qui ont fait un peu le même trip que moi... sauf que dans chaque ville, il y en a un des deux qui était malade. "Jaisalmer? Oh, je suis resté 4 jours au lit (ou pas loin) mais ma copine a beaucoup aimé)." Et pour Jodhpur, c'est le contraire... Je touche du bois, pour moi ça roule... même si parfois je me dis que ça va m'arriver.
 
Ici, il y a un petit marché aux légumes et aux fruits qui est génial. J'y passe tous les matins pour mes achats du jour et je suis devenu pote avec un marchand sympa qui m'offre tous les jours des trucs à goûter. J'ai ainsi pu manger du raisin... non lavé en répétant mes prières à St-Imodium, et ca marche! Celui-là, il faudra que je fasse quelque chose pour lui à mon retour. Je m’achète régulièrement un ananas que le gars dépiauté avec soin et me coupe en tranche. C'est divinement bon... rien à voir avec les fruits sans goût qui sont importés en Europe.
 
Sur le marché, les femmes installent leurs fruits et légumes à même le sol sur des toiles de jute... qui ont souvent beaucoup vécu. Dois je vous rappeler que les animaux circulent librement et partout en Inde? Il y a donc des tas de vaches, de cochons, de chiens et de chèvres qui sont attirés par toute cette nourriture. Hier pendant que j'attendais, juste derrière moi, une commerçante avait imprudemment laisse un panier plein de choux juste derrière elle avec un sac de toile pour le couvrir. Deux chèvres avaient réussi à tirer le sac et elles dévoraient allègrement le chou jusqu’à l’arrivée du gardien du marché armé d'un long bâton. Son rôle? Ejecter les animaux du marché. Facile avec les vaches qui ne brillent pas par leur agilité... mais les chiens et surtout les chèvres sont jetés d'un côté et réapparaissent 5 minutes plus tard dans un autre coin poursuivis par notre flic de service.
 
C'est marrant comme tout. A la fin du marché, pas de service de voirie mais bien des dizaines d'animaux qui viennent manger ce qui reste. Moi je trouve que ca serait une bonne idée pour le marché du midi. Des la fin du marché on lâche des vaches, des cochons et des chèvres...
 
Pour la chambre d’hôtel, c'est la merde. Ils deviennent tous fous... A l’hôtel, on me dit que ma chambre passe de 300 a 500 Rps dès à présent et que le 30 ca sera 750 Rps et ... 1000 Rps pour le réveillon de Nouvel An. Je fais donc le tour des hôtels ou les prix sont tous doublés (au moins) à partir de Noël. C'est vraiment n'importe quoi. Je constate que pas mal de touristes se cassent et que les Israéliens (nombreux et souvent vraiment très antipathiques quand ils sont en groupe) ne discutent même pas.
 
Dans un hôtel ou j'etais passé le matin et où la flexibilité semblait possible, je repasse en fin d’après-midi pour voir le patron (en fait, c'est le gérant mais bon...) avec lequel je discute en buvant le chai (thé indien) pendant 1 heure 15 (ici il ne faut jamais être pressé) pour arriver à un compromis: je reste jusqu'au 2 janvier et je paye 400 Rps chaque nuit, même pour le réveillon. Bon, c'est un tout petit peu au-dessus de mon budget mais je prendrai des chambres un peu plus sommaires après. Fini donc le balcon avec vue sur mer... mais j’échange aussi ma toilette à la turque contre une bonne vieille toilette à l'occidentale.
 
Hier soir, j'ai donc soupé avec mon couple de serbes... qui n'ont même pas dû s'absenter pour le repas. Après, je leur ai donne une tablette d'imodium et quelques motilium en gardant suffisamment pour moi au cas où...
 
Ce matin, changement d’hôtel. Au moment du check-out, on me dit que je peux encore rester 2 nuits au même tarif. Je les envoie péter et je déménage. A peine installé, je vais voir la terrasse-resto de l’hôtel ou je tombe sur un mec avec un T-shirt "Studio Brussel". C'est un ethnologue de Gand qui voyage pendant 5 mois pour son boulot. On discute et il me dit que dans 2 jours, son hôtel miteux triple le prix de sa chambre. Ce soir on va réveillonner ensemble sur la terrasse d'un excellent resto au bord de l'eau et demain, on va négocier pour qu’il puisse partager ma chambre deux ou trois nuits... pour une très légère augmentation de prix. Ca va être hard, mais c'est possible. Depuis une semaine, j'ai appris à compter en hindi et j'ai toujours un peu la trouille de me planter. Quand on a fixé un prix, je confirme toujours en anglais... juste pour être certain...
 
Sur ce, je crois je vais aller faire un tour au marché aux poissons situé aux abords de la ville et peut être déjà réserver un bus de nuit pour remonter sur Ahmedabad début de l’année prochaine.
 
Si je prolonge ici, c'est pour plusieurs raisons: j'y suis bien, il y fait un peu plus calme qu'ailleurs et surtout, il y a une vague de froid qui touche le nord (il ne fait que 18 degrés a Delhi) et Delhi est englué dans le brouillard depuis 5 jours avec la plupart des vols qui sont annulés.
 
Pour le reste, je crois que mon prochain voyage prend forme: Moscou-Pékin par le transsiberien, traversée (en routard, of course) de la Chine jusqu'au Tibet, descente jusqu'au Népal et retour en Belgique. Ca tente quelqu'un?
 
Passez toutes et tous un excellent réveillon, ne prenez pas froid et à très bientôt,
 
Le Père Michel (sans son traîneau)
 

Daktari - 22/12/2003 A 18h43

 
Diu, conditions climatiques inchangées... 30° : pas de neige ce matin
 
Salut à tous,
 
je profite que la chaleur est un peu moindre en cette fin d’après-midi pour vous envoyer la suite de mes petites aventures.
 
Je continue à profiter du soleil et (rarement) de la plage.
Pour ceux qui m'ont demandé des nouvelles de la nourriture, je peux dire que c'est succulent. Je ne me souviens pas avoir déjà mal mangé au cours de ce voyage. D'accord, un jour sur deux, je ne sais pas ce qu'il y a dans mon assiette mais c'est toujours une bonne surprise. Vous saviez que l'Inde comptait à elle seule plus de végétariens que tout le reste du monde?
Maintenant je sais pourquoi. Ici, une carte de resto compte 4 ou 5 fois plus de plats végétariens que de non veg. En viande, il n'y a de toute façon que du poulet ou du mouton, vu que les vaches sont sacrées (pour les Hindous) et que les porcs sont impurs (pour les muslins). Donc, malgré le nombreux choix de poulet (curry, massala, munghlai, byisani,...), je n’hésite pas à me laisser tenter par le végétarien depuis 2 semaines. J'ai ainsi découvert des préparations divines dont je ne connais toujours pas les composants. De toute façon en Inde, le plus importants ce sont les épices qui font toute la saveur. Les plats sont épicés mais vraiment pas trop: je n'ai encore rien eu d'arrache-gueule contrairement à ce que je craignais...
 
Ici à Diu, la différence avec le Rajasthan, ce sont les poissons. Ils sont excellents. Dans la plupart des restos, en le demandant, il y a toujours un serveur qui débarque avec un grand plat avec tout ce qu'ils ont comme poissons pêchés du jour. Ca va du poisson commun en mer d'Oman (il a un peu le goût de sole) aux homards (big Boy...) en passant par les crabes et d'autres crustacés. Ils vous les préparent selon votre envie pour un prix défiant toute concurrence: le homard est a 225 Rps (= 225 BEF pour ceux qui ne suivent pas). En plus vous pouvez réserver le soir pour le lendemain: ils iront alors acheter ce que vous voulez. Pour Noël, je crois que je vais d'ores et déjà me réserver un homard...
 
Pour le reste, avec Max, depuis le début de notre séjour ici, un truc nous trottait en tête: Sasan Gir... Ca ne vous dit rien? En fait, il s'agit d'un parc naturel immense situé a une bonne centaine de kms de Diu et qui abrite les derniers lions en liberté hors Afrique. Ces lions d'Asie, quasi disparus dans les années 50 sont protegés et des "safaris" sont organisés pour aller les voir. Le prix est assez élevé mais la tentation est grande... Comme d'hab' en Inde rien n'est organisé. Nous nous renseignons pour trouver un moyen de locomotion mais les prix demandés sont exorbitants pour le pays: 2000 Rps rien que pour le trajet aller-retour sans les entrées au parc.
 
Finalement, nous décidons d'y aller en bus local...ca nous reviendra à 62 Rps pour l'aller retour. Au moins, c'est dans nos prix!
Lever à 4h30 (qui a dit que je récupérais?) pour ne pas louper le 1er bus pour le continent à 5h15. Sur les 15 kms, le bus perd un morceau, le chauffeur s’arrête va récupérer un bout de métal de 50 cm qu'il jette dans son bus et repart... Arrivés a Una, c'est le sport habituel: il faut trouver dans tout ce bordel le bon bus. On finit par y arriver et en route pour le Lion's Club. La route dépasse tout ce qu'on a connu jusqu’à présent: de la vraie tôle ondulée du début à la fin. 3h30 d'enfer pour arriver sur place.
Là, c'est la zone: quelques gargotes immondes bordent l'entre du parc. On nous dit qu'il vaut mieux faire le safari a 6h30 du mat pour être certains de voir de lions, mais pour nous c'est pas possible. On loue donc une jeep avec guide et chauffeur pour un tour de 3 heures. Il s'agit en fait d'un pick-up avec deux banquettes aménagées à l’arrière. De toute façon, le confort on s'en fout: on a déjà les fesses et le dos en compote. On part donc et on voit pleins d'animaux: crocodiles, aigles, hiboux d'Asie, tortues, des tas d'antilopes et d'oiseaux... mais pas de lions. Les gars ont beau chercher (leur bakchichs en dépend), rien, niks, nada, nothing: ces saloperies de lions ne se montrent pas. Le visite est vraiment superbe mais nous sommes déçus a mort: tout ce trajet pour (presque) rien, mais c’était le risque a prendre, on le savait.
 
En sortant, nous attendons le bus. Comme il n'y a pas de bus stop, on fait confiance aux gens du coin pour arrêter le notre. Ce qu'ils font avec diligence. Le bus n'est pas plein, c'est déjà ça. Au bout de 3 kms, on s’arrête devant une petite échoppe et le chauffeur et son contrôleur vont chercher des bidons d'eau pour remplir le radiateur. On n'est pas encore arrivés à Diu! Au bout d'1/4 heure, on repart... enfin on devrait: le chauffeur a beau tourner la clé de contact, rien... Le démarreur est mort. Nous, on ne pige rien mais une dizaine de personnes descendent et... poussent le bus. A ce moment, Max et moi nous nous regardons et on pense la même chose: en fait, on a encore rien vu, en Inde TOUT est possible, absolument tout...
 
On repart et à chaque arrêt le bus se remplit un peu plus. Si 5 personnes descendent, il y en a 11 qui montent. A un moment le bus est plein comme un œuf. Les gens sont agglutinés les uns contre les autres. C'est vraiment l'enfer. Il faut le vivre pour savoir ce qu'est la promiscuité en Inde. La porte du bus reste ouverte et il y a des gens à moitié pendus dans le vide. Nous sommes crevés, nous avons avalé de kgs de poussière toute la journée et nous sommes compressés pendant plus de 2 heures d'une manière quasi insupportable. On arrivé à Una en ayant rempli 6 ou 7 fois le radiateur mais sans caler (heureusement) et nous sommes épuisés. Là, on doit retrouver un bus pour Diu et à peine installés une famille indienne me demande par la fenêtre "Diu?". Je fais oui de la tête et le gars continue à me poser des question en gujarati (enfin, je crois)... Tout le monde rigole dans la gare routière en voyant mes gestes pour expliquer que je maîtrise difficilement sa langue et qu'il ferait mieux de s'adresser à un autochtone... Finalement il monte : mes explications ont dû lui convenir. Le bus du retour a aussi sa particularité: le radiateur donne dans l'habitacle et il n'y a pas de bouchon. Ce qui fait qu'à chaque mouvement ou à chaque freinage, il y a une giclée d'eau qui sort et se répand sur les premiers rangs. That's India...
 
Heureusement le soir, on mange super bien.
 
Ce lundi matin, Max est parti en bus couchettes pour Bombay. 24 heures de route, ça promet. Je l'ai accompagné au bus stop. Le convoyeur du bus en voyant son ticket en anglais est parti pendant 10 bonnes minutes à la recherche de quelqu'un pouvant déchiffrer l'anglais... et il est revenu avec... le barbier situé à côté du bus stop pour les explications. Trop fort!
 
Moi, je suis allé visiter le fort situé à la pointe de l’île. Il donne directement sur la mer et a été construit par les Portugais. C’était très bien. Je me suis de nouveau fait interpellé par une école et j'ai de nouveau dû poser avec chaque prof. Je crois que je suis en train de devenir très populaire dans l'enseignement en Inde...
 
Ensuite j'ai croisé une famille de 17 personnes qui venaient en excursion et qui parlaient tous l'anglais.. même le petit bout de 4 ans. C’était très sympa. Je suis sorti en même temps qu'eux et ils sont tous (17) montés dans une Range Rover d'ici pour le retour.
 
Bon, je vous laisse. Je suis complètement mort et je me suis promis de glander ici et sur la plage au moins jusqu’à Noël. Ma superbe chambre devrait être libérée le 27 car l’hôtel est plein à partir de cette date. Je cherche une autre chambre mais tous les hôtels font de la surenchère pour le nouvel an. On verra bien. Je vous tiens au courant.
 
Passez toutes et tous un excellent réveillon de Noël et à bientôt,
 
 
Michel

Star Academy - 19/12/2003 A 08h18

 
Ile de Diu - 29 degrés - ciel bleu - mer calme... je répète: MER CALME
 
Salut les frileux,
 
Voici les nouvelles du jour.
 
Après mon dernier mail, je suis encore resté une journée dans Junagadh à me balader un peu partout dans la ville. Ce qui est extraordinaire en Inde c'est que dans chaque rue et chaque ruelle, il y a toujours autant de monde que vous ne devez en avoir dans la rue Neuve pour le moment. Je suis d'accord qu'il faille caser plus d'1 milliard de personnes, mais quand même...
 
Je me suis arrêté devant une boutique d'épices et "par chance" le fiston parlait trois mots d'anglais. Je l'ai donc suivi dans l'arrière boutique où il m'a offert le thé traditionnel avant de me faire goûter tous les trucs qu'ils vendaient. J'ai bien reconnu la noix de cajou, mais pour le reste, le mystère reste entier. La plupart de ces trucs étaient délicieux mais il m'a quand même fait essayer un truc franchement dégueu: d'un côté ça ressemble à de l’écorce d'arbre et de l'autre c'est blanc et filandreux. Il m'a montré que c'était quelque chose à sucer et... j'ai recraché vite fait: ça avait un goût de détergent citronné et en plus c'était ultra-piquant. Ils ont trouvé mes grimaces très drôles. Si quelqu'un sait de quoi il s'agit, merci de me prévenir...
 
Durant ma balade, je rencontré aussi un prof d'économie et je mets bien 5 min. avant de me rendre compte qu'il me parle bien en anglais et non en gujarati. Il veut absolument discuter avec moi et me fixe RV a 19h00 à mon hôtel.  Il m'invite à boire le thé. On reçoit chacun une tasse avec une soucoupe ( très très très sale, mais bon...) et moi, comme ma maman me l'a appris, je tiens la soucoupe dans une main et je soulève délicatement la tasse pour boire le thé brûlant (et excellent par ailleurs) en levant le petit doigt. Vous auriez fait comme moi? Eh ben j'avais tout faux. En fait, les Indiens versent le contenu de la tasse dans la soucoupe et c'est ainsi qu'ils boivent. Essayez de le faire dans un grand café à Bruxelles ou à Paris: vous aurez un succès fou...
 
Pendant deux heures, je m'accroche pour comprendre de temps en temps un mot et au moment ou je veux aller pieuter, il m'amène dans un temple où les Hindous célèbrent le dieu Ganesh (représenté par un éléphant) qui est un peu le dieu-fourre-tout en Inde et qui assure le bonheur et la prospérité (entre autres...). Je reste dans un coin du temple pendant qu'ils s'agglutinent tous devant un petit hôtel. Je finis par retrouver mon prof pour lui dire que je rentre à hôtel... escorté par une dizaine d'indiens.
 
Le lendemain, bien crevé, je décide qu'il est temps de me rendre à Diu. Le patron de l'hôtel m'indique ou je dois aller pour prendre le bus. En chemin, un jeune mec me propose de m'accompagner. Arrivé à la gare routière le problème habituel se présente: tout est en gujarati et en hindi. J'ai beau chercher, rien qui ne ressemble à de l'anglais. J'utilise donc ma technique habituelle: je vais là où il y a le plus de monde et je regarde dans tous les sens en faisant des grimaces pour montrer que je suis paumé. Je répète "Diu" et finalement on m'entraîne à un endroit vide ou je suis censé piger que le bus pour Diu va arriver. Il y a une sorte de salle d'attente ou je dépose mon sac... et alors?
Alors, c'est la sortie des classes et une bonne trentaine d'étudiants m'encercle en me posant les questions habituelles (voir chapitres précédents). En fait, il y en a 2 ou 3 qui se débrouillent en anglais et qui traduisent en gujarati. Il y en a un qui a la bonne idée de déchirer une page de son cahier pour me demander d'écrire mon nom, mon pays et mon e-mail. Là-dessus ils sortent tous une feuille de papier en criant Michel avec toutes les prononciations possibles et imaginables. Je suis sauvé par un flic qui débarque étonné par l'attroupement... et qui s'assied à côté de moi en agitant sa matraque d'un air menaçant (pour les étudiants). Pas vraiment cool le mec, mais je choisis de me taire... on ne sait jamais!
 
Entre-temps, mon bus arrive et j'ai droit a une véritable escorte pour y monter. Le spectacle est terrible: le bus est encore plus vieux, encore plus pourri et encore plus puant que le précèdent. On me pousse vers l'avant ou je m'installe séparé par la cabine du chauffeur par un gros grillage métallique. Les fenêtres sont fermées par des barreaux et sur une rangée il y a 5 places: 3 d'un coté de l'allée centrale et (forcément) deux de l'autre. Il y a bien évidemment des étudiants de tout à l'heure qui prennent le même bus: on se retrouve donc a 13 sur la banquette... plus mon sac a dos de 25 kg ! Fastoche. je me demande toujours comment ils font. Le bus démarre, bourré comme un œuf, il y a des gens partout. Je suis certain qu'on est bien plus d'une centaine dans ce bus... plus petit qu'un bus de la STIB(=RATP).
C'est inimaginable. Les étudiants s'occupent de mon billet. En fait pour les 350 km de bus pris dans le Gujarat, j'aurai payé 95 BEF (un peu plus de 2 EUROS): je ne suis pas grugé ... Je dois expliquer la vie en Belgique et ils sont tout surpris d'apprendre que nous ne sommes pas un état communiste comme ils le croyaient et que la population n'est pas vraiment à majorité hindoue. Ils ne comprennent pas trop non plus pourquoi les vaches ne circulent pas sur nos autoroutes et dans nos grandes villes.
C'est vraiment très amusant. Mes paroles sont traduites et répétées dans tout le bus de sorte que tout le monde participe (comme toujours en Inde). Les étudiants me disent qu'ils ne voient jamais d'occidentaux dans leurs bus (il y a effectivement des bus express, mais moi je préfère la couleur locale... et en plus je ne trouve jamais ces cars là).
Tout à coup, le bus s'arrête manifestement en panne. On me dit que c'est souvent comme ca... je ne m'inquiète donc pas. Le vieux chauffeur soulève une plaque métallique au milieu de son habitacle et découvre ainsi ce qui doit ressembler à un moteur. Il y a de l'huile partout et c'est recouvert d'une énorme couche de poussière grasse. Comme je me penche avec lui, il me regarde d'un air interrogateur (il doit savoir que j'ai travaillé pour Touring). Le pauv' vieux, s'il savait que mes connaissances en mécanique se limitent à pouvoir lui indiquer où se trouvent les roues et le volant... à part ça...
Heureusement un mec sort de je ne sais où et remet notre épave en route. Après une heure, on attend le village de mes students qui veulent absolument que je descende et que je reste chez eux. Finalement ils quittent le bus car le contrôleur râle et celui avec lequel j'ai discuté m'offre une orange et un bic avant de sortir. je trouve son geste très touchant. Après leur départ, je me rends compte que je n'ai plus aucune sensibilité dans la jambe gauche tellement j'étais compressé. Le trajet se poursuit avec son lot de vibrations et de slalom.
 
En approchant de la côte, les paysages deviennent de plus en plus verdoyants et les premiers palmiers apparaissent. Dans une gare routière, à côté de mon bus, il y en a un qui a collé un autocollant "titanic" en guise de pare soleil. Je crois que cela devrait être le nom générique de la compagnie... et peut-être même de tous les bus indiens.
 
On met 5 heures pour parcourir les 150 kms jusqu’à Una, dernière ville avant l’île. Pour l'Asie c'est une moyenne correcte. En fait pour tout moyen de transport local autre que l'avion il faut calculer de la façon suivante:
- 30km/h de moyenne, c'est la vitesse normale.
- 20km/h de moyenne, c'est qu'on a dû avoir un problème un peu sérieux
- 40 km/h de moyenne, il faut refaire le calcul car ce n'est pas possible.
 
A Una, je finis par piger que mon bus part vers Diu 3/4 heures plus tard, ce qui ne représente rien ici. J'attends donc. Au moment du départ un vieux s'assied juste derrière moi (je suis près de la porte) et chaque fois que qq'un entre dans le bus, il me frappe sur l’épaule pour me dire de quoi il s'agit. Un jeune mec monte avec trois grands pots, j'ai droit à un "milk", ensuite une femme avec un plateau plein de légumes "vegetables" et 300m plus loin 10 gamines montent et il me précise en me frappant l’épaule "school". Il me fera le coup jusqu’à la gare routière de Diu, juste après le long pont d’accès.
 
A Diu, je pars avec mon sac à dos à pied car la ville me semble être vraiment minuscule. Je me rends dans un hôtel dont les bouquins disent le plus grand bien... mais dont les prix sont un peu au-dessus de mon budget. Je négocie longuement et j'obtiens pour 300 BEF la nuit, une chambre vaste, propre avec sdb et un grand balcon donnant direct sur le bras de mer entre l’île et le continent. C'est le pied total surtout que je suis complètement vidé physiquement et mentalement. J'ai rarement attendu une période de repos avec autant de plaisir.
 
En remplissant le grand livre d’entrée, on me signale qu'il y a un autre belge que moi. Je regarde l'adresse reprise dans le bouquin et je constate qu'il s'agit d'un gars habitant Forest à environ 800 m de chez moi (tout près de chez toi Mervyn: rue de la soierie). On se retrouve et on décide de manger ensemble car il sort aussi d'une fameuse galère.
 
En fait, Max est un expatrié politique chilien réfugie en Belgique et il ressemble à s'y méprendre a un indien. Quand je lui raconte mes aventures, il rigole car lui, on lui propose les tickets d’entrée partout au tarif indien. Il n'a des problème que quand on lui pose une question. C'est ainsi qu'au Taj Mahal il a d'abord payé 20 Rps (au lieu de 750 pour moi) avant de voir la couleur de ticket changer quand on lui a demandé, en hindi, s'il avait un appareil photo ou non...
 
La soirée est géniale: on est au bord de l'eau, la bouffe (poisson) est exquise et on peut savourer une bonne bière. En fait, le Gujarat est un état où l'alcool est strictement interdit mais Diu, ancien comptoir portugais bénéficie de l'extra-territorialité. C'est ainsi que dès la "frontière" passée, il y a des tas de cafés avec des pubs pour tous les alcools possibles. A l’intérieur, derrière les comptoirs sont alignées des dizaines de bouteilles d'alcool de tout format. C'est ici que les gujaratis suffisamment riches viennent se péter la gueule le week-end.
 
Le lendemain, on se fixe rendez-vous vers midi à la plage dont tout le monde parle et qui est située à 9 kms de la ville. Lève tôt, je loue donc un vélo pour faire le tour de la cité avant de me rendre en plein soleil ( 23 jours en Inde et toujours pas un nuage) vers la plage. Le trajet est pénible car la route est en mauvais état et je dois m'habituer à croiser ces saloperies de bestioles qui traînent partout sans aucun respect pour le code de la route. Arrivé a la plage, je ne vois pas Max et je m'installe. La plage est superbe, pas de construction derrière (juste un guesthouse et quelques carrioles vendant boissons et snacks). Il y a du monde mais il s'agit surtout d’écoles agglutinées au bord de l'eau. Il y a aussi moyen de faire un tour sur la plage dans une sorte de calèche tirée par un cheval au galop ou sur un dromadaire... Les animaux sont paisiblement installés au milieu de la plage. En fait, il y a moyen de prendre place très aisément sans avoir de voisins immédiats. J'étend donc mon essuie, sors mon bouquin, m'assied...et déjà j'entend un "hello" qui n'annonce rien de bon pour ma tranquillité. Quelques gamins s'installent près de moi avec leur questions habituelles et ils me tendent les habituels papiers pour que j’écrive mon nom. Entre-temps, un de leur pote est arrivé et il faut que je pose pour des photos individuelles avec chacun d'eux, puis en groupe. On joue un peu au volley ( et moi qui suis voulait me reposer) avant qu'ils ne doivent partir.
 
A ce moment là 3 gamines quittent le bord de l'eau pour venir s'asseoir à côté de moi. Il y en a une particulièrement adorable qui essaye vraiment de me faire comprendre quelque chose que je ne saisis pas... Au bout d'un long moment d'autres enfants les rejoignent et je me retrouve entouré d'une petite centaine de gosses qui ne savent dire qu'"hello". Ca limite malheureusement la conversation. Ensuite 3 adultes s'approchent: ce sont les profs. Il y en a un qui parle anglais et qui commence à discuter. Il a une classe de 77 élèves... Et dire que nos profs se plaignent... Arrive alors un 4eme adulte surexcité avec un appareil photo. Il éloigne les enfants et veut que je pose avec lui. Pour m'y inciter, il me montre sa belle moustache à la Dali. On fait la photo, puis une autre avec chacun des profs. Je demande à un gars de faire une photo avec mon appareil mais avec tous les enfants. C'est la cohue. J'espère que le résultat donnera quelque chose... Je récupère mon appareil en catastrophe car le gars voulait recommencer une série de photos...
 
A ce moment là, toute la smala regagne les bus et je dois serrer toutes les mains une fois de plus. Juste après leur départ, apparaît Max, hilare qui observait le manège. Il n'en croit pas ses yeux, il est mort de rire. Des gens continuent a venir poser pour des photos et on décide de s'éloigner un peu du monde. Là, on s'installe et on profite enfin d'une eau vachement agréable. On nage pendant plus d'une heure avant de se sécher au soleil ( ca va les températures en Belgique?????).
 
Ensuite, on a la mauvaise idée de voir s'il y a moyen d'aller plus loin en vélo. En fait on rejoint l’extrémité ouest de l’île où se trouve une ville de pêcheurs exceptionnelle et où je retournerai  certainement dans les prochains jours. Enfin retour par le nord. Finalement, notre petite balade se transforme en un tour de 35 kms avec des vélos sans changement de vitesses et dans un état pas terrible... On est exténué en arrivant. Le soir on mange un petit truc en bord de plage et on discute avec un jeune homme qui parle anglais très couramment. Max explique mon "succès" auprès des populations locales et le gars nous en donne les raisons: j'ai la peau blanche, je suis grand (pour les indiens), volumineux (malgré les tas de kilos déjà perdus) et surtout chauve (ce qui est un signe de richesse pour les indiens) et j'ai les yeux bleus. En plus, le gars me dit que ce qui attire les gens comme ça, c'est que dès que je parle a un indien, je souris. Il semble qu'ils apprécient particulièrement.
 
Je croyais en arrivant a Diu tomber sur des nuées d'occidentaux mais en fait nous sommes très peu nombreux: il faut dire que le Gujarat, ça se mérite...
 
Je me sens bien ici. Je crois que je vais me poser un certain temps et essayer de récupérer un maximum avant d'aborder la seconde partie de mon périple.
 
J’espère que mes longs mails ne vous emmerdent pas trop. Merci pour les nouvelles que je reçois et passez toutes et tous un bon w-e ainsi que de bonnes fêtes pour ceux que je ne lirai plus d'ici là.
 
A+
 
 
Michel (live from the beach)