18/03/2011

Il faut bien vérifier le cachet...

Voilà,

Ceci sera le dernier post de ce voyage en Inde... en attendant le prochain, of course.
Ici à Mumbai, il fait une chaleur incroyable, quelque part entre 37 et 40 degrés.
D'après des français croisés ce matin, ils auraient vu sur TV5 Monde que pour la journée
de mercredi, Mumbai était la ville la plus chaude du monde. Au sens propre, hein.

Bref, j'en étais à mon arrivée à Delhi pour embarquer vers Goa. Au check in, je remarque une file énorme pour l'embarquement et je demande à un responsable situé aux abords de la zone s'il faut faire toute cette file. Il me regarde et me demande ma destination. Je lui montre le mail qui fait office de billet et il appelle un jeune mec aux couleurs de la compagnie qui me fait signe de le suivre. On passe entre les cordelettes que les autres suivent docilement (ah les cons) et on se retrouve devant les hôtesses du check in, dans une file parallèle où il n'y a que moi. Mon nouveau pote me demande mon passeport et dès qu'un poste est libre, il fait signe aux gens de la file d'attendre et il vient avec moi faire le check in. Enfin, "avec moi" est un grand mot: je ne dis rien (pour une fois diront certains) et il s'occupe de tout. En 5 minutes, j'ai mon sac à dos qui est  parti et moi je suis en possession de mes deux cartes d'embarquement. Qui a dit qu'il y avait des files? Quelles files?

Je passe direct au contrôle et je me retrouve dans la zone réservée aux passagers des vols domestiques. Je commence par m'asseoir plus ou moins confortablement et je dors directement pendant une petite heure à mon avis. Après, je fais un jogging autour de la zone d'embarquement de peur de m'endormir. Finalement, je m'embarque pour un vol de 2 heures vers Mumbai.
Je crois que c'est 2 heures car je dors tout le trajet, à peine réveillé pour le lunch que je refuse.

Arrivé à Mumbai, on a un peu de retard et comme j'avais juste 1 heure entre les deux vols, je suis de nouveau à la bourre (pour changer diront les mêmes mauvaises langues que tout à l'heure, mais je m'en fous, j'ai les noms). Je remarque qu'on sort de l'avion par la porte A9 et que mon nouvel embarquement est prévu en A8, salle que je vois. Plutôt que de suivre le trajet indiqué par une responsable Kingfisher, je me dis que la porte vitrée permettant d'être directement dans la zone est très bien. Je prends donc mon air le plus détaché et mon petit sac à dos et je suis une autre responsable de la compagnie qui passe par la. Malheureusement, de l'autre cote, une femme flic/militaire/douanier/gendarme (biffez les mentions inutiles, mais elle est en uniforme et pas sympa, ce qui souvent va de paire d'ailleurs) vient me trouver en me disant que je dois passer le contrôle. Moi, je lui dis que c'est fait (à Delhi d'accord, mais c'était bien un contrôle oui ou merde?). Je lui montre d'ailleurs le cachet qu’ils apposent sur la languette accrochée au sac où la date figure en grand. Pas de bol, le nom de l'aéroport y est aussi mentionné. Je me retrouve donc entoure de 4 fl... euh, en fait ils ont tous le même uniforme en train de m'expliquer:

1. J'ai pas vu que c'était interdit

2. Je parle pas anglais bien très beaucoup

3. J'étais en retard

4. Je croyais que le contrôle de Delhi suffisait.

Finalement, je retourne au contrôle sous escorte (au départ je crois qu'ils m'arrêtent) et ils s'expliquent avec les contrôleurs derrière les rayons X. Mon sac repasse pendant que je suis fouillé en passant encore une fois devant tout le monde et hop le tour est joué. Bon, je suis le dernier à monter dans l'avion et dès que je suis à l'intérieur, on ferme tout et on décolle pour 45 minutes. Cette fois, je suis bien éveillé !

Arrivé à Goa, chaleur terrible. Je prends une moto taxi jusqu'à Madgao puis un bus local jusqu'à mon petit paradis habituel. Dans mes bagages, 5 jeunes et jolies suédoises qui ne connaissent pas Palolem. Finalement, elles resteront aussi une semaine sur place. En plus de toute la famille goanaise, je retrouve avec plaisir Philippe, un pote français rencontré sur place il y a quelques années et avec qui je suis en contact de manière sporadique.

A peine arrivé, je loue mon scooter, j'achète un hamac (je vais pouvoir ouvrir un commerce) et je m'installe pour 8 jours de farniente, balades en moto et aussi orgies de fruits de mer et de langoustes. Après le restant de mon voyage, je crois l'avoir mérité.

Après 8 jours sur place, retour en train de nuit vers Mumbai. Je partage mon compartiment avec une famille sikh très sympa et je passe un bon moment. Le voyage de 12 heures passe très vite et je m'installe pour deux jours dans mon hôtel habituel à Mumbai, sous la chaleur décrite au début de ce message.

Le grand hôtel Taj Mahal derrière lequel je loge est sous protection militaire (là, je les reconnais) renforcée et nous avons en permanence des hommes en armes et une auto mitrailleuse devant l'entrée de mon boui boui. Pas de risque qu'on vienne nous emmerder.

Pour le moment, j'attends mon taxi (dans 3 heures) qui me ramènera à l'aéroport de Mumbai où je promets que je passerai tous les contrôles normaux et même si une porte est ouverte, je n'irai pas.

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont partagé ce voyage avec moi, principalement mes  interlocuteurs Facebook qui m'ont bien fait rire. Je signale qu'un certain nombre de photos sont déjà sur Facebook. Merci surtout à Terence, qui en plus de s'occuper de mon appart, gère mon blog depuis Bruxelles. Pour info, vu que ce blog est très difficilement accessible depuis ici à cause de la pub que Skynet y fourgue en quantité industrielle, je vais très certainement changer de boutique, mais je vous tiendrai au courant.

Une dernière remarque pour la personne qui m'a demande de ramener des pièces carrées: je signale que d'après un vendeur rencontré dans Mumbai, les pièces indiennes ont toujours été rondes. La personne concernée se reconnaitra...

Demain, back home, dans le froid et la pluie (c'est comment déjà?) et des lundi, boulot. Fini de rire...

A+

Michel Gandhi

 

17/03/2011

"Et la navette gratuite, vous me la faites a combien?"

Et voilà, le retour à l'écurie approche. Pas trop motivé mais bon...

J'en étais resté à mon arrivée à Pushkar. La White House est un hôtel pas cher et très correct situé un peu à l'écart du boucan de la ville. Mais y a t il un endroit calme en Inde? J'ai des doutes. L'hôtel est tenu par une famille dont un des fils est une sorte de bonne à tout faire: il nettoie, répare, fait les check in, s'occupe du net, de l'installation des clients et en plus il est prêtre. Il oscille toujours entre trois tenues: une sorte de drap orange pour aller au temple, une tenue blanche immaculée à l'hôtel et il se ballade en caleçon quand il se change et qu'il ne trouve pas la tenue rangée par sa mère... ce qui arrive souvent.

Pour le reste, l'hôtel a un accord avec un masseur: il suffit de prendre rendez vous et il débarque dans une petite salle qui lui est attribuée. Super massage pour 350 Roupies, un vrai bonheur.

Dans l'hôtel, il y a un autre fils dont le rôle est de regarder que la télé fonctionne bien. A part ça, il cuisine aussi, et il cuisine même super bien. Le problème c'est que si vous venez à un moment crucial du match de l'Inde, à la coupe du monde de cricket, il faut un peu attendre, mais à part ca, son paneer tikka massala était un vrai délice.

Pushkar, c'est le lac d'une ville sainte entourée de centaines de boutiques de fripiers. Faites votre choix. C'est sympa mais pas trop longtemps.

En arrivant, mon prêtre en calecif m'a dit qu'il avait des billets de bus pour retourner à Delhi. Good news. La question est simple: j'ai un vol Delhi-Goa le 7 et on est le 4 au soir. Donc, soit je quitte le 5 au soir et arrive le 6 au matin à Delhi, soit je prends un bus de jour le 6, soit, je pars le 6 au soir et arrive le matin à Delhi avec mon vol qui décolle à 11h. C'est cette dernière option sportive que je choisis. En fait, le bus devrait arriver à 7h30-8h00 à Delhi et moi à 9h00 je dois être au check in. Bah, tant que j'en suis à faire des conneries.

Après deux jours d'âpres discussions pour acheter des ceintures en peau de chameau et d'autres babioles indispensables, me voila en route. Ca commence mal: arrivé au bus, j'ai la couchette n°10 et les couchettes vont de A à V. Le chauffeur me dit de m'installer n'importe où, ce qui est rassurant et je lui explique mon problème. Il me dit que le bus passe tout près de l'aéroport et qu'on va me déposer. Bonne nouvelle.
On quitte Pushkar pour un stop à Ajmer à 10 kms. En fait on s'arrête sur un terrain vague où le contrôleur monte. Il explique à la fille devant moi que son billet est non valide... et le mien aussi. Moi je fais un scandale et il appelle le patron de la société avec qui je m'explique et qui me dit "no problem" une soixantaine de fois. A 100, promis, je lui explose la tête. Entretemps on part au bus stop où le boss me fait descendre et ensuite monter dans un autre bus. Le premier était spécial touriste, donc propre, l'autre avait une couleur et surtout une odeur plus locale. On me fourgue le dernier cercueil à l'arrière, celui qui reste vide pcq il fait 1m40. Bon, je me plains plus, tant que je pars...

Finalement je fais une bonne affaire. Mon chauffeur roule comme un dingue, il a un klaxon trois niveaux, vraiment efficaces même si je me demande comment on peut dormir avec un mec qui sonne sa corne de brumes une quarantaine de fois par minute.

Il faut un truc incroyable: entre Jaipur et Delhi, en pleine nuit, la circulation est à l'arrêt. Avec le bus, il passe la berne centrale suivi par d'autres véhicules et roule à contre sens sur l'autoroute en augmentant la cadence du klaxon pendant 10 kms en croisant des bagnoles qui klaxonnent aussi. Moi, je suis convaincu qu'on va prendre un gars de face, mais non, tout se passe bien: après le bouchon, il reprend sa place dans le trafic comme dirait Francis Cabrel...

Problème, alors que l'aube pointe et au terme d'un freinage en catastrophe où il doit exploser ses plaquettes de frein, plus les disques et un peu l'essieu aussi, on entend le bang fatidique qui signifie le carton. Déjà que j'étais juste dans mon timing. Les indiens ne s'énervent pas, mais moi je vais voir l'accompagnateur pour lui dire que son pote aurait mieux fait de continuer à rouler à contresens: ca se passait plutôt bien... tandis que maintenant, mon vol est à l'eau (si je puis dire). Il me répond "no problem", preuve qu'il travaille bien pour le boss que j'ai croisé et me fait signe de prendre mes affaires. Je prends mon sac, descends sur l'autoroute et monte dans le bus derrière le notre qui est en fait de la même société. Je me réinstalle dans un cercueil et je passe à l'avant pour expliquer une troisième fois où je veux descendre (j'ai parfois l'impression de radoter un petit peu). Finalement 1h30 plus tard, on me fait signe de me grouiller et on me dépose sur le bord de l'autoroute à 50 m d'une sortie. Je ne sais pas où je suis ni où se trouve l'aéroport, mais le but est proche.

A ce moment là, un rickshaw remonte la sortie (donc à contresens, mais ici tout le monde fait ca) pcq il a vu des Indiens déposés par un autre bus. Quand il me voit, il abandonne les Indiens ayant flairé le pigeon. Il me demande directement 500 Rps pour m'amener à l'aéroport. Pour ce prix là, je sais qu'on peut presque aller à Goa directement, donc je me retrouve à 7h30 du matin, au milieu d'une bretelle d'autoroute à négocier avec un vieux chauffeur de rickshaw. Comme il dit n'importe quoi, je lui dis que dans le bus, quelqu'un m'avait dit de payer 50 Rps max. Il rigole, m'explique qu'il doit faire tout un ENORME tour et que je ne me rends pas compte, bref, finalement, il me dit que c'est 9 kms et qu'il veut 200 Rps. A l'arrivée, on se met d'accord sur 100, même si je sais que je pourrais descendre. Le mec m'embarque et au bout de 3 kms maximum, me débarque sur un parking où il y a une navette gratuite pour l'aéroport car les rickshaw ne peuvent pas aller plus loin. Je lui signale que c'était cher pour le petit trajet et il me dit que je n'ai pas encore vu la longueur du trajet de la navette sur laquelle, je le répète, il est écrit en grand FREE SHUTTLE. Il éclate de rire...
Donc, ce mec m'a compte dans le prix, le trajet de la navette gratuite. Moi je dis qu'ils sont trop forts. En plus il était super sympa.

A l'aéroport, je cherche un coin tranquille car dans mon sac qui doit aller en cabine j'ai plein de liquides dont je dois me débarrasser. En plus, je suis sorti du bus comme un voleur et sur la bretelle d'autoroute il était mal venu de commencer à ranger ma couverture et toutes mes petites affaires. Il y a des limites quand même.

Bon, demain, je vous raconterai comment j'ai failli terminer au poste plutôt que dans ma correspondance à l'escale de Mumbai.

Je vous laisse après une nuit blanche et une journée où la température est montée à quasi 40 degrés sur Mumbai aujourd'hui. Vivement le petit crachin bruxellois... Mais non, je rigole. Je supporte très bien...

Bonne nuit et à vendredi sur le sol belge...

Michel

 

14/03/2011

Moi, je dors à la Maison Blanche!!

Salut,

Je vous avais laissé à mon arrivée à Bundi.
Le premier soir, la mamy m'offre un chai (meilleur thé depuis que je voyage en Inde) et je m'installe dans son salon/salle à manger/dortoir familial (environ 10 personnes) quand deux de ses copines débarquent alors qu'elle nous racontait à moi et à une petite anglaise tous ses malheurs de veuve, chef d'entreprise et mère de famille nombreuse.
Les 3 vieilles discutent pendant qu'on boit notre thé et à la fin, les visiteuses s'approchent de la proprio et on sent le ton devenir larmoyant, puis tout à coup, le déluge: pendant 10 minutes, elle pleure à chaudes larmes pendant que les 2 autres lui pressent chacune une main... ce qui n'est pas malin, vu que ca l'empêche de se moucher, mais bon... Pendant ce temps là, l'anglaise joue avec son téléphone portable et moi qui n'ai que mon passeport sous la main (je viens de faire mon inscription), j'étudie comment on dit "royaume de Belgique" dans les 22 langues officielles de l'Union Européenne.
Finalement, elles se cassent et elles n'ont pas fermé la porte que la proprio est tout sourire et reprend son histoire.
Quelle comédienne...

Bundi est une petite cité sympa. Je visite le palais avec un guide car celui ci permet d'accéder à certaines zones qu'on ne peut voir seul. Le gars, il est autant guide que moi je suis petit rat à l'Opera de Varsovie et ses commentaires sont nuls à chier. A part me montrer les singes en disant "monkeys", il ne sert à rien. Heureusement que j'ai mon Lonely avec moi. A part ça, la visite vaut la peine et ce palais construit à flanc de coteau vaut la peine.

Des singes, il y en a partout à Bundi. D'ailleurs tous les accès des maisons sont grillagés et si vous laissez un truc traîner, les singes partent avec. Un espagnol de l'hôtel avait oublie son écharpe dehors, ben, elle doit être quelque part dans la montagne. La proprio n'a pas pleuré, mais elle l'a engueulé quand même. Quand elle fait sécher le linge à l'extérieur, il y a une petite bonne qui reste à coté du linge pour chasser les intrus. Le lendemain matin par contre, au réveil, il y a une dizaine de singe en train de jouer sur les cordes à linge en train d'essayer de démonter tout le bazar.

Quand je suis monté au fort, avec une pente super raide, on m'a conseillé un bâton, autant pour aider à grimper que pour chasser les macaques qui pullulent partout. Et quand je commence mon ascension, qui vient me proposer ses services? Le guide de la veille. Putain, j'ai failli inaugurer mon bâton à un usage pas nécessairement prévu au départ.

C'est à Bundi que j'ai fêté mon anniversaire aussi. J'ai passe un temps fou sur le net pour lire et répondre à tous les messages, mais c'était bien plaisant: le gars de l'internet café propose aussi des lassis au safran, noix de cajou et pistache à tomber par terre.

Pour mon anniv, j'ai été au resto avec 3 français et un Irlandais. Un des français vient en Inde tous les ans depuis 76 et parle Hindi.
Il était vachement intéressant à écouter car il a une vision vraiment de l'intérieur de ce qui se passe, un autre est un producteur plein de gouaille et enfin, la petite française est un phénomène: elle vient de Belfort... mais en vélo. Oui oui, elle a traversé l'Europe,
la Turquie, l'Iran et Oman avant de débarquer en vélo en Inde. On a passé la soirée à l'écouter complètement sous le charme de ce petit bout de femme qui a vécu des trucs incroyables et qui a heureusement rencontre un Irlandais sympa qui est en route pour
le même trip qu'elle. Moi, je dois avouer que j'éprouve une admiration sans borne pour ce genre de personnage. Et en plus elle est vraiment sympa. Pour ceux que ca intéresse, je vous transmettrai l'adresse de son blog que je n'ai pas sous la main.
Et dire qu'il y en a qui me prenne pour un aventurier... Pffff, à côté d'elle (et d'Ivan), je ne suis rien du tout...

Bon, après 3 chouettes journées à Bundi, en route pour Pushkar, ville sainte mais surtout ville de toutes les friperies qui se succèdent les unes aux autres. Après un trajet  dont la moitié se fait sur de la tôle ondulée (et en bus local ça se sent, surtout s'il n'a pas fait son entretien des 900.000 kms), je me retrouve dans cette ville que j'avais traversé furtivement il y a quelques années.

Le bus s'arrête à Ajmer et là, il faut changer pour Pushkar. A la gare routière ça grouille de rabatteurs bien visibles, comme je les aime.
Je sors à peine de mon bus qu'un mec m'aborde, m'amène au bon bus (celui qui part rapidement) en m'expliquant qu'il travaille dans le bâtiment et qu'il connait très bien Pushkar. Il doit être le seul maçon à parler aussi bien anglais, mais bon, je le laisse venir. Il ne faut pas 5 minutes pour qu'il me sorte une carte d'un hôtel pas cher, propre qu'il connait un peu mais dont il a la carte par hasard et que si je veux on peut venir me chercher. Je lui dis que j'ai déjà une résa, ce qui est faux mais qui a le don de lui rappeler qu'il a oublié quelque chose à l'épicerie du coin.

A peine sorti, le gugusse suivant monte dans le bus, l'air dégagé et se dirige vers moi avec un grand sourire en disant "Hello my friend, where are you going?". J'ai envie de lui répondre que je vais assister au doudou, mais pas sûr qu'il comprenne. Idem, il est renvoyé à ses chères études pendant que les gens du bus se marrent doucement.

En fait, je compte aller à l'hôtel White House conseillé par des touristes croisés à Bundi. Dormir à la Maison Blanche? Un rêve, non?

La suite demain, vu que j'aurai du temps: je quitte ma hutte à 10h30 et mon train est a 18h. En route pour 12 h de train pour remonter à Mumbai où la fournaise est encore pire que sur Goa. Je dois de toute façon faire des réserves de soleil pour l'été belge...

A+

Michel 

 

L'Inde en quatrième vitesse

Salut à tous,

J'en étais resté à Jaipur où j'ai passé une matinée de visite au pas de course. J'ai partagé un rickshaw avec un mexicain sympa qui voulait faire la visite de la ville en une journée. Il s'est contenté de me déposer au Palais des Vents, superbe bâtiment, large et haut... mais faisant 2 mètres de profondeurs. Etonnant.

Palais des vents - pano.jpg

Ensuite, je suis rentré à pied jusqu'à l'hôtel pour récupérer mes affaires et me rendre à la gare pour y attendre mon train.

A la gare, j'ai une fois de plus pu observer les gosses qui trainent dans les gares, portant de manière nonchalante un grand sac de jute blanc qu'ils remplissent de tout ce qu'ils trouvent (bouteilles vides, sacs, déchets divers) et qu'ils revendront pour (sur)vivre.
Comme je l'avais déjà constaté à Varanassi l'an dernier, ces gosses de 12 ans maximum (mais il y a des petits bouts de 5 ans maximum) ont tous, plié dans le creux de la main, une sorte de chiffon rose qu'ils enduisent régulièrement d'un liquide (colles? solvant? j'en sais rien)qu'ils sniffent toutes les 30 secondes. Ces gamins sont tous drogués au dernier degré et vivent dans une misère inimaginable pour des occidentaux.
En plus, on voit à leur attitude générale qu'ils ont en eux une violence inouïe qui leur permet sans doute de survivre dans ce monde incroyable.
Depuis longtemps, je me dis que si j'avais les moyens financiers de ne plus devoir travailler et par exemple de gagner au lotto, je crois que je consacrerais une grande partie de mon temps et sans doute de mon argent pour sortir ces gosses de ces gares.

Je suis donc finalement parti pour Kota où j'arrive après un peu plus de 3h30 de route. J'en suis encore à me demander si je vais rester sur place ou si je vais essayer de rejoindre Bundi, qu'un rickshaw m'embarque pour une traversée hallucinante de la ville. J'ai eu l'impression 10 fois qu'on  allait se jeter sous un camion, un bus, une voiture ou une girafe (mais non, je rigole) ou alors qu'on allait finir par se retourner... mais non, on arrive dans la Bus Station. Jamais été aussi content de voir des bus (à l'arrêt)... Et directement, il prend mon sac et me le dépose dans l'entrée d'un bus bondé. Comme on m'y invite, je monte et vu qu'il n'y a quasi plus de place, on me fait signe de m'asseoir sur la banquette placée dans le sens de la longueur à coté du chauffeur. Un Indien installe mon sac derrière le chauffeur dans la même cabine. 10 secondes plus tard, on démarre, pour s'arrêter aussitôt. En fait, mon sac bloque le levier de vitesse en première. Je prends donc mon sac sur les genoux... et sur ceux d'un papy assis à coté de moi qui va m'expliquer l'histoire de Bundi en parlant 10% anglais et 90% une langue locale. En résumé, j'ai rien compris. Faut dire que le chauffeur (dans ce cas ci on dit "pilote") était bien décidé à remonter à tout prix une colonne de camions. La connerie, c'est qu'après chaque dépassement il s'arrêtait pour charger ou décharger quelqu'un. Bref, pour un qu'on dépassait, il y en a 4 qui repassaient. Et ça, ça l'énervait...

On arrive finalement à Bundi mais moi j'ai toujours pas eu le temps de chercher un hôtel avec tout ça. Je reste donc dans le bus qui se vide pour vite trouver un truc à dire aux chauffeurs de rickshaws qui ne comprennent pas mon attitude et qui attendent au pied du bus.

Finalement, j'en prend un presque au hasard parce que le Lonely dit qu'il est tenu par une mère et sa fille et qu'en Inde, ça, c'est ultra rare. Après une rapide discussion sur le prix, j'embarque avec un mec qui doit être le frère du gars de Kota: ici pas de camion, mais des ruelles où il roule comme un malade. On prend presque tout un mariage dans le pare brise à la sortie d'un virage aveugle, ce qui le calme un peu. Finalement j'arrive vivant devant un superbe vieux bâtiment mais tout est noir. Le rickshaw s'est barré et donc, je n'ai plus qu'à pousser la porte. J'arrive dans une salle à manger où une mamy est en train de raconter à une jeune anglaise toutes les difficultés d'une femme à diriger un hôtel en Inde. Sa fille me montre une chambre très jolie, même si elle est, disons,
sommaire, et je redescends pour remplir les documents de l'hôtel, mais surtout pour avoir droit à la suite de l'histoire larmoyante de la mamy. Elle m'offre un chai et c'est plus qu'une compensation, c'est le meilleur thé que j'ai jamais bu en Inde. Un vrai délice.

Finalement je m'installe. Chouette chambre avec deux bémols: il ne faut surtout pas ouvrir une fenêtre car il y a des singes partout, mais alors vraiment partout et puis, la porte de la chambre et surtout de la salle de bain font environ 1m60 de haut. Pour me mettre directement au parfum, en sortant de ma douche, je me prends le chambranle sur le haut du crâne que je m'ouvre légèrement. La mamy débarque pour me rendre mon passeport et m'engueule parce que je saigne un peu. Ca commence bien.

Bundi en fait possède un palais bâti à flanc de montagne et tout en haut de cette haute colline, un superbe fort où je compte bien monter malgré la pente bien raide et la chaleur que je retrouve avec plaisir.

La suite au prochain épisode car il est presque 22h00 et que je vais aller manger une glace avant d'aller dormir. Ca me rafraichira.

Portez vous bien, soyez heureux et à très bientôt,

Michel

06/03/2011

Jaipur express

Bonjour à tous,

Après la soirée à la frontière pakistanaise, j'ai encore passé 2 jours complets à Amritsar.
Chouettes balades en ville et quelques visites intéressantes, dont un parc célèbre pour une tuerie perpétrée par l'armée britannique en 1913. En fait, sous l'influence de Gandhi les Indiens refusaient d'obéir aux anglais et à Amritsar, ils se regroupaient dans un parc de la ville sans armes évidemment. Les Anglais sont arrivés, ont bloqué l'entrée et tiré dans le tas, d'où plus de 400 morts en 3 minutes. Cette scène figure dans l'excellent film Gandhi. Le site est très bien fait et très émouvant.

Durant mes promenades, j'ai trouve un super réveil de voyage électronique (donc silencieux) et en plus avec une sonnerie pas possible capable de réveiller n'importe qui... L'autre brol a été offert en cadeau au gardien de l'hôtel d'Amritsar pour services rendus.

Après ca, vient mon retour d'Amritsar vers Delhi et le Rajasthan. Je me rends donc à la gare, confiant malgré mon ticket waiting list. Je suis d'abord baladé d'un bureau à l'autre avant qu'on me dise d'attendre le chef de train. Manque de bol, il me confirme que je reste sur la waiting list et donc que je ne peux pas embarquer.
Furieux (surtout pour avoir perdu 2 jours), je sors de la gare, car j'avais vu sur la route des sociétés privées de bus qui proposaient des trajets. Je passe d'abord ma colère sur les rickshaw (c'étaient les premiers sur mon chemin) et je finis par me mettre d'accord avec un vélo rickshaw qui a l'air d'avoir 110 ans. En plus, quand il pédale, je me rends compte qu'il les a ses 110 ans: il avance pas. En plus, plus je lui explique où je veux aller, moins il comprend.
Je lui dis donc d'aller au Temple d'Or et comme c'est sur la route je l'arrêterai.

Finalement quand je lui dis de me déposer, on est en descente et en plus il ne pige pas car il croit que je veux voir le Golden Temple. Bref, il s'arrête à 300m de là où il fallait mais je ne veux plus discuter et je remonte à pied.

Pas de bol, toutes les agences sont fermées sauf une qui fait aussi resto. Je lui demande un bus pour Delhi, il téléphone 10 minutes pour me dire qu'il n'a plus de sleeper mais uniquement des places assises, ce qui ne va pas du tout du tout du tout. J'insiste, il rappelle et hop, j'ai un sleeper pour Delhi. Super. J'attends dans le resto qui est vraiment un endroit sale et dégueulasse mais les gens sont très gentils. Je me contente de boire un coca car le reste, j'ai peur d'attraper une tourista rien qu'en regardant. C'est vraiment un des pires endroits que j'ai vu au niveau hygiène...

Le bus arrive. Normalement, le stop est à la gare mais il fait un détour pour venir me chercher avant d'y aller. Je m'installe sur ma couchette qui ressemble en fait à un cercueil mais bon, je serai couché tout le voyage, c'est déjà ça. Je déploie mes
affaires et arrivés à la gare, la foule débarque. En fait ces bus sont aménagés d'un coté avec des lits d'1m75 environ dans une boite sur deux niveaux et de l'autre côté, il y a deux sièges côte à côte et au dessus des couchettes doubles. C'est pas terrible mais c'est mieux que les bus gouvernementaux.

Je suis installé avec un ramdam pas possible dans le couloir quand un petit excité ouvre ma chambre et hurle que je suis sur son lit. On discute car je dis que c'est moi qui suis là, je lui confirme que le chef du bus m'a installé là et je refuse de bouger.
Il s'excite de plus en plus, me tirant par le bras, puis s'en prenant à mon sac mais les deux sont trop lourds pour ce nain de jardin qui est en train de refaire grimper la température. Je rêve de jouer à l'hélicoptère avec ce con dans le rôle des pales avant de l'envoyer hors du bus la tête la première. Finalement je me lève et heureusement le chef de bus arrive, me fait signe de me recoucher et continue à discuter avec mon pote pendant un temps fou. Je me dis que c'est sans doute moi qui ait reçu sa couchette quand j'ai insisté à l'agence de mon resto gastronomique.

Résultat, le lendemain à 6h30, on entre dans Delhi et c'est toujours un spectacle glauque et étonnant de voir les gens se réveiller par centaines le long des trottoirs.

Delhi AM.jpg

Arrivé au terminus, je ne sais pas quoi faire et je demande à un rickshaw s'il y a des bus pour
Jaipur (tant qu'on y est) et le gars me dépose direct à une agence pour 10 Rps. Ca veut dire qu'il aura sa commission mais je m'en fous.

Finalement, 15 minutes après être descendu de mon bus d'Amritsar, je suis en route pour Jaipur. Bon timing, même si au total j’aurai fait 16 heures de bus à la suite. Le trajet se passe sans problème même si la route Delhi-Jaipur est en travaux sur toute sa longueur, soit 250 kms. En plus quand on voit la circulation, il faut vraiment être dingue pour rouler dans ce pays. Non seulement la route est dans un état épouvantable mais en plus il y a des gens partout (normal: c'est l'Inde), ainsi que des tracteurs, des chars à bœufs, des vaches (j'ai dit que c'était l'Inde), des singes, des girafes, des ânes, des chevaux, des cochons sauvages, des chiens et au Rajasthan, des chameaux.

Rajasthan.jpg

Bref, le trajet dure 5h30 et arrivé à Jaipur, je me dis que je mérite bien un bon hôtel que je repère sur mon plan. Malheureusement, je ne sais pas où je suis dans la ville et donc je prends un velo-rickshaw. A Jaipur, ils ont la réputation d'être des voleurs de la pire espèce. Je me méfie donc deux fois plus quand je commence à vouloir discuter le prix de la course et qu'il ne veut rien entendre. Je sais qu'il va essayer de me plumer.
J'ai l'impression qu'il tourne en rond et finalement me dépose en disant que c'est 300 Rps pour un trajet qui en vaut 20 ou 30. Je ne m'énerve pas mais je lui tends 30 Rps qu'il refuse. J'étale les billets sur son siège et je traverse l'avenue. Peu de chance qu'il me suive.

Je me renseigne pour l'hôtel mais les rickshaw me disent tous que c'est 20 Rps: je sais donc que je suis tout prêt mais c'est tout. Il y en a un qui me suis et descends à 10: ok, je suis sur la bonne voie. A un moment, il devient agressif et me barre la route en me disant 20 Rps. En fait, je ne vois qu'au moment où je force le passage que je suis DEVANT l'hôtel et ce salopard me demandait encore de l'argent...

L'hôtel est superbe et il leur reste une chambre... mais cher: 19 euros alors que ma dépense moyenne est de 7 ou 8 euros par nuit. Finalement je craque et je m'installe dans ce super hôtel qui n'a rien à voir avec les autres. Déjà, ici, les draps sont nickels...

Le soir, je me paye une bouffe dans un super resto spécialiste en viande tandoori. Ca me change d'Amritsar où j'ai mangé uniquement végétarien.

Tandoori.jpg

Après ca, je regarde la télé sur un super écran plat: il y a du catch... mais ils ont tous des cheveux longs...
Entretemps, je suis passé à la gare pour prendre un billet pour le lendemain pour Kota, ma destination de départ à partir d'Amritsar.

Pour terminer, je voudrais dire qu'il n'y a pas de girafes sur la route de Jaipur mais je voulais voir qui faisait attention...

Bonne soirée

Michel

 

04/03/2011

Les Monty Pythons jouent à Attari

Namaste.

J'en était resté à Delhi. Finalement, je me suis décidé pour aller voir le Temple d'Or à Amritsar, la ville des Sikhs, les mecs avec leurs turbans qui cachent leurs cheveux qu'ils ne coupent jamais. Au moins, sur ce plan là, je ne risquais pas d'être dépaysé.

Turban Armistar.jpg

Mon train est prévu à 6h40 (eh oui, j'ai une réservation pour l'aller) donc, tôt au lit après un excellent repas dans Prahanganj, un peu à l'écart du coin routard où je suis installé. Je me fais une orgie de poulet dans une préparation que je ne connaissais pas. Succulent. Seul bémol: le resto est plein et je mange entre des indiens qui bouffent vraiment comme des porcs. Il faut juste le savoir quand on s'installe, mais les 5 premières minutes sont toujours un peu choquantes.

Comme je n'ai pas de réveil, j'en achète un. Mécanique, ils n'ont que ca. Et il est bien mécanique: ca s'entend. Il fait tellement de boucan qu'on peut appeler ça un "empêcheur de sommeil" plutôt qu'un réveil. Pour être certain d'être éveillé, je demande à la réception de me téléphoner à 5h45. On ne sait jamais que cette merde de réveil ne fonctionne pas. Je mets un temps fou à m'endormir et à 4 heures le téléphone sonne pour me réveiller. Super. J'essaye de me rendormir mais bon à 5h nouvel appel. Je décide donc de me lever de terminer mon sac et de bouger. Comme je suis dans le gaz, je prends un rickshaw jusqu'à la gare qui est déjà pleine de monde, dont un tas de manifestants avec des drapeaux rouges qui ne sont pas du standard mais bien du parti communiste. Dommage car vu leur nombre ca aurait été sympa.

Je trouve ma plateforme, je m'y rends et la, on entend une annonce disant que le train est retardé et part à 10h40. Putain de merde: j'ai acheté cette saloperie de réveil de merde pour rien. Ni une ni deux, je reprends un rickshaw vers l'hôtel et vu que le check out est à midi, je refais un check in à 6h30 pour remonter me coucher et dormir 2 heures.

Apràs ça, re-check out: les indiens ne pigent plus si je suis en train d'arriver ou de partir mais je m'en fous. Je repars à la gare et en route pour Amritsar avec un départ à l'heure (enfin, on se comprend). Voyage de 7h30 sans histoire et arrivé sur place, re rickshaw vers le quartier du Temple d'or et ses guesthouses pas chères. J'en trouve une qui est à peine plus propre que les autres mais vraiment à peine. Quand j'ouvre le lit, je me rends compte que les draps ont servi à faire la dernière vidange de la mobylette d'un des gamins de l'hôtel car ils sont couverts de traces noires comme de l'huile. J'en profite pour leur faire nettoyer le sol qui est franchement dégueu. Il faut dire que l'hôtel est plein d'Indiens et que la propreté n'est pas leur intérêt principal. C'est la toute première fois que ça m'arrive, mais c'était exagéré.

A partir de là, visite quotidienne du Golden Temple, une des merveilles indiennes et un endroit plein de spiritualité comme je les adore. Je pourrais vous en parler durant des
pages et des pages mais vous verrez les photos qui seront les plus explicites. J'y suis venu 5 fois à toute heure du jour et même la nuit et j'y ai passe des moments idylliques. Même s'il n'y avait que cet arrêt, ce voyage serait une réussite.

Golden temple pano.jpg

Evidemment que j'y suis passé et repassé vu que je n'ai trouvé une place de retour vers Delhi que 4 jours plus tard et sur Waiting list en plus. Mais le gars de la SNCB derrière
le guichet m'assure que c'est tout bon. Je ne m'inquiète donc pas.

Amritsar est à 20 kms de la frontière pakistanaise et je sais qu'il y a une cérémonie quotidienne de fermeture de cette frontière à Attari. Je demande à l'hôtel comment on peut y aller et ils me disent qu'ils n'en savent rien du tout mais qu'en ville je trouverai peut être. Je sors de l'hôtel et je tombe directement sur un mec qui me propose d'y aller en jeep. Coup de bol, je me dis. Que nenni: il sont 15 sur les 50 premiers mètres en sortant de ma guesthouse à me proposer le même service.

En route donc pour la frontière. Trajet de 20 km relativement cool. Les Indiens roulent toujours comme des abrutis décérébrés (ouille, il faudrait des accents là) (Et voilà qui est corrigé Michel !) et on slalome entre tous les obstacles habituels. Arrivés sur place, c'est la cohue: les indiens se déplacent par centaines pour ce truc en plus des touristes. Finalement on est amenés dans une sorte de stade avec une route au milieu et une barrière au bout... qui est la frontière.

Border pano_01.jpg

Côté pakistanais, idem. Au départ, c'est le boxon vu que les deux camps hurlent pour supporter leurs soldats et je dois avouer qu'on est vachement plus forts que les Pakistanais. Les hommes sont séparés des femmes et les étrangers plus quelques VIP indiens ont un autre coin de la tribune. Après une petite heure d'invectives, commence la cérémonie. Impressionnant et surtout à mourir de rire pour tous les occidentaux. Je suis à cote d'un couple de tchèques et la fille va glousser du début à la fin. De l'autre côté, j'ai un Indien qui passe la cérémonie au téléphone en hurlant et en me balançant un drapeau indien dans la gueule.

Le comique, c'est que ces militaires partent vers la grille frontière en levant la jambe à la verticale (au risque de s'exploser la cloison nasale et puis ils marchent au pas de l'oie en accéléré un peu comme le gars qui doit aller de manière urgente aux toilettes mais qui ne veut pas le montrer...

Border_05.jpg

On dirait que ce sont les Monty Pythons qui ont orchestré le bazar mais on doit rester dignes car pour les Indiens c'est super important. Au final, les deux drapeaux sont descendus à la même vitesse et ramenés dans chaque poste de commandement.

Border pano_02.jpg

Ca valait vraiment la peine de venir... surtout qu'au moment de repartir, notre jeep a crevé et que la roue de secours est plate aussi.

Le temps de trouver une bassine, l'eau, le réparateur et la fuite (dans l'ordre) on doit être les derniers à rentrer au port. Mais quel souvenir. J'ai essayé de filmer avec mon appareil photo, on verra ce que ça donne.

Je vous laisse car il est l'heure d’aller rejoindre notre petit groupe pour aller souper sur une terrasse de Bundi dans la chaleur bien agréable de ce début de printemps. (Vous le sentez aussi?)

A+