17/03/2011

"Et la navette gratuite, vous me la faites a combien?"

Et voilà, le retour à l'écurie approche. Pas trop motivé mais bon...

J'en étais resté à mon arrivée à Pushkar. La White House est un hôtel pas cher et très correct situé un peu à l'écart du boucan de la ville. Mais y a t il un endroit calme en Inde? J'ai des doutes. L'hôtel est tenu par une famille dont un des fils est une sorte de bonne à tout faire: il nettoie, répare, fait les check in, s'occupe du net, de l'installation des clients et en plus il est prêtre. Il oscille toujours entre trois tenues: une sorte de drap orange pour aller au temple, une tenue blanche immaculée à l'hôtel et il se ballade en caleçon quand il se change et qu'il ne trouve pas la tenue rangée par sa mère... ce qui arrive souvent.

Pour le reste, l'hôtel a un accord avec un masseur: il suffit de prendre rendez vous et il débarque dans une petite salle qui lui est attribuée. Super massage pour 350 Roupies, un vrai bonheur.

Dans l'hôtel, il y a un autre fils dont le rôle est de regarder que la télé fonctionne bien. A part ça, il cuisine aussi, et il cuisine même super bien. Le problème c'est que si vous venez à un moment crucial du match de l'Inde, à la coupe du monde de cricket, il faut un peu attendre, mais à part ca, son paneer tikka massala était un vrai délice.

Pushkar, c'est le lac d'une ville sainte entourée de centaines de boutiques de fripiers. Faites votre choix. C'est sympa mais pas trop longtemps.

En arrivant, mon prêtre en calecif m'a dit qu'il avait des billets de bus pour retourner à Delhi. Good news. La question est simple: j'ai un vol Delhi-Goa le 7 et on est le 4 au soir. Donc, soit je quitte le 5 au soir et arrive le 6 au matin à Delhi, soit je prends un bus de jour le 6, soit, je pars le 6 au soir et arrive le matin à Delhi avec mon vol qui décolle à 11h. C'est cette dernière option sportive que je choisis. En fait, le bus devrait arriver à 7h30-8h00 à Delhi et moi à 9h00 je dois être au check in. Bah, tant que j'en suis à faire des conneries.

Après deux jours d'âpres discussions pour acheter des ceintures en peau de chameau et d'autres babioles indispensables, me voila en route. Ca commence mal: arrivé au bus, j'ai la couchette n°10 et les couchettes vont de A à V. Le chauffeur me dit de m'installer n'importe où, ce qui est rassurant et je lui explique mon problème. Il me dit que le bus passe tout près de l'aéroport et qu'on va me déposer. Bonne nouvelle.
On quitte Pushkar pour un stop à Ajmer à 10 kms. En fait on s'arrête sur un terrain vague où le contrôleur monte. Il explique à la fille devant moi que son billet est non valide... et le mien aussi. Moi je fais un scandale et il appelle le patron de la société avec qui je m'explique et qui me dit "no problem" une soixantaine de fois. A 100, promis, je lui explose la tête. Entretemps on part au bus stop où le boss me fait descendre et ensuite monter dans un autre bus. Le premier était spécial touriste, donc propre, l'autre avait une couleur et surtout une odeur plus locale. On me fourgue le dernier cercueil à l'arrière, celui qui reste vide pcq il fait 1m40. Bon, je me plains plus, tant que je pars...

Finalement je fais une bonne affaire. Mon chauffeur roule comme un dingue, il a un klaxon trois niveaux, vraiment efficaces même si je me demande comment on peut dormir avec un mec qui sonne sa corne de brumes une quarantaine de fois par minute.

Il faut un truc incroyable: entre Jaipur et Delhi, en pleine nuit, la circulation est à l'arrêt. Avec le bus, il passe la berne centrale suivi par d'autres véhicules et roule à contre sens sur l'autoroute en augmentant la cadence du klaxon pendant 10 kms en croisant des bagnoles qui klaxonnent aussi. Moi, je suis convaincu qu'on va prendre un gars de face, mais non, tout se passe bien: après le bouchon, il reprend sa place dans le trafic comme dirait Francis Cabrel...

Problème, alors que l'aube pointe et au terme d'un freinage en catastrophe où il doit exploser ses plaquettes de frein, plus les disques et un peu l'essieu aussi, on entend le bang fatidique qui signifie le carton. Déjà que j'étais juste dans mon timing. Les indiens ne s'énervent pas, mais moi je vais voir l'accompagnateur pour lui dire que son pote aurait mieux fait de continuer à rouler à contresens: ca se passait plutôt bien... tandis que maintenant, mon vol est à l'eau (si je puis dire). Il me répond "no problem", preuve qu'il travaille bien pour le boss que j'ai croisé et me fait signe de prendre mes affaires. Je prends mon sac, descends sur l'autoroute et monte dans le bus derrière le notre qui est en fait de la même société. Je me réinstalle dans un cercueil et je passe à l'avant pour expliquer une troisième fois où je veux descendre (j'ai parfois l'impression de radoter un petit peu). Finalement 1h30 plus tard, on me fait signe de me grouiller et on me dépose sur le bord de l'autoroute à 50 m d'une sortie. Je ne sais pas où je suis ni où se trouve l'aéroport, mais le but est proche.

A ce moment là, un rickshaw remonte la sortie (donc à contresens, mais ici tout le monde fait ca) pcq il a vu des Indiens déposés par un autre bus. Quand il me voit, il abandonne les Indiens ayant flairé le pigeon. Il me demande directement 500 Rps pour m'amener à l'aéroport. Pour ce prix là, je sais qu'on peut presque aller à Goa directement, donc je me retrouve à 7h30 du matin, au milieu d'une bretelle d'autoroute à négocier avec un vieux chauffeur de rickshaw. Comme il dit n'importe quoi, je lui dis que dans le bus, quelqu'un m'avait dit de payer 50 Rps max. Il rigole, m'explique qu'il doit faire tout un ENORME tour et que je ne me rends pas compte, bref, finalement, il me dit que c'est 9 kms et qu'il veut 200 Rps. A l'arrivée, on se met d'accord sur 100, même si je sais que je pourrais descendre. Le mec m'embarque et au bout de 3 kms maximum, me débarque sur un parking où il y a une navette gratuite pour l'aéroport car les rickshaw ne peuvent pas aller plus loin. Je lui signale que c'était cher pour le petit trajet et il me dit que je n'ai pas encore vu la longueur du trajet de la navette sur laquelle, je le répète, il est écrit en grand FREE SHUTTLE. Il éclate de rire...
Donc, ce mec m'a compte dans le prix, le trajet de la navette gratuite. Moi je dis qu'ils sont trop forts. En plus il était super sympa.

A l'aéroport, je cherche un coin tranquille car dans mon sac qui doit aller en cabine j'ai plein de liquides dont je dois me débarrasser. En plus, je suis sorti du bus comme un voleur et sur la bretelle d'autoroute il était mal venu de commencer à ranger ma couverture et toutes mes petites affaires. Il y a des limites quand même.

Bon, demain, je vous raconterai comment j'ai failli terminer au poste plutôt que dans ma correspondance à l'escale de Mumbai.

Je vous laisse après une nuit blanche et une journée où la température est montée à quasi 40 degrés sur Mumbai aujourd'hui. Vivement le petit crachin bruxellois... Mais non, je rigole. Je supporte très bien...

Bonne nuit et à vendredi sur le sol belge...

Michel

 

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