14/03/2011

L'Inde en quatrième vitesse

Salut à tous,

J'en étais resté à Jaipur où j'ai passé une matinée de visite au pas de course. J'ai partagé un rickshaw avec un mexicain sympa qui voulait faire la visite de la ville en une journée. Il s'est contenté de me déposer au Palais des Vents, superbe bâtiment, large et haut... mais faisant 2 mètres de profondeurs. Etonnant.

Palais des vents - pano.jpg

Ensuite, je suis rentré à pied jusqu'à l'hôtel pour récupérer mes affaires et me rendre à la gare pour y attendre mon train.

A la gare, j'ai une fois de plus pu observer les gosses qui trainent dans les gares, portant de manière nonchalante un grand sac de jute blanc qu'ils remplissent de tout ce qu'ils trouvent (bouteilles vides, sacs, déchets divers) et qu'ils revendront pour (sur)vivre.
Comme je l'avais déjà constaté à Varanassi l'an dernier, ces gosses de 12 ans maximum (mais il y a des petits bouts de 5 ans maximum) ont tous, plié dans le creux de la main, une sorte de chiffon rose qu'ils enduisent régulièrement d'un liquide (colles? solvant? j'en sais rien)qu'ils sniffent toutes les 30 secondes. Ces gamins sont tous drogués au dernier degré et vivent dans une misère inimaginable pour des occidentaux.
En plus, on voit à leur attitude générale qu'ils ont en eux une violence inouïe qui leur permet sans doute de survivre dans ce monde incroyable.
Depuis longtemps, je me dis que si j'avais les moyens financiers de ne plus devoir travailler et par exemple de gagner au lotto, je crois que je consacrerais une grande partie de mon temps et sans doute de mon argent pour sortir ces gosses de ces gares.

Je suis donc finalement parti pour Kota où j'arrive après un peu plus de 3h30 de route. J'en suis encore à me demander si je vais rester sur place ou si je vais essayer de rejoindre Bundi, qu'un rickshaw m'embarque pour une traversée hallucinante de la ville. J'ai eu l'impression 10 fois qu'on  allait se jeter sous un camion, un bus, une voiture ou une girafe (mais non, je rigole) ou alors qu'on allait finir par se retourner... mais non, on arrive dans la Bus Station. Jamais été aussi content de voir des bus (à l'arrêt)... Et directement, il prend mon sac et me le dépose dans l'entrée d'un bus bondé. Comme on m'y invite, je monte et vu qu'il n'y a quasi plus de place, on me fait signe de m'asseoir sur la banquette placée dans le sens de la longueur à coté du chauffeur. Un Indien installe mon sac derrière le chauffeur dans la même cabine. 10 secondes plus tard, on démarre, pour s'arrêter aussitôt. En fait, mon sac bloque le levier de vitesse en première. Je prends donc mon sac sur les genoux... et sur ceux d'un papy assis à coté de moi qui va m'expliquer l'histoire de Bundi en parlant 10% anglais et 90% une langue locale. En résumé, j'ai rien compris. Faut dire que le chauffeur (dans ce cas ci on dit "pilote") était bien décidé à remonter à tout prix une colonne de camions. La connerie, c'est qu'après chaque dépassement il s'arrêtait pour charger ou décharger quelqu'un. Bref, pour un qu'on dépassait, il y en a 4 qui repassaient. Et ça, ça l'énervait...

On arrive finalement à Bundi mais moi j'ai toujours pas eu le temps de chercher un hôtel avec tout ça. Je reste donc dans le bus qui se vide pour vite trouver un truc à dire aux chauffeurs de rickshaws qui ne comprennent pas mon attitude et qui attendent au pied du bus.

Finalement, j'en prend un presque au hasard parce que le Lonely dit qu'il est tenu par une mère et sa fille et qu'en Inde, ça, c'est ultra rare. Après une rapide discussion sur le prix, j'embarque avec un mec qui doit être le frère du gars de Kota: ici pas de camion, mais des ruelles où il roule comme un malade. On prend presque tout un mariage dans le pare brise à la sortie d'un virage aveugle, ce qui le calme un peu. Finalement j'arrive vivant devant un superbe vieux bâtiment mais tout est noir. Le rickshaw s'est barré et donc, je n'ai plus qu'à pousser la porte. J'arrive dans une salle à manger où une mamy est en train de raconter à une jeune anglaise toutes les difficultés d'une femme à diriger un hôtel en Inde. Sa fille me montre une chambre très jolie, même si elle est, disons,
sommaire, et je redescends pour remplir les documents de l'hôtel, mais surtout pour avoir droit à la suite de l'histoire larmoyante de la mamy. Elle m'offre un chai et c'est plus qu'une compensation, c'est le meilleur thé que j'ai jamais bu en Inde. Un vrai délice.

Finalement je m'installe. Chouette chambre avec deux bémols: il ne faut surtout pas ouvrir une fenêtre car il y a des singes partout, mais alors vraiment partout et puis, la porte de la chambre et surtout de la salle de bain font environ 1m60 de haut. Pour me mettre directement au parfum, en sortant de ma douche, je me prends le chambranle sur le haut du crâne que je m'ouvre légèrement. La mamy débarque pour me rendre mon passeport et m'engueule parce que je saigne un peu. Ca commence bien.

Bundi en fait possède un palais bâti à flanc de montagne et tout en haut de cette haute colline, un superbe fort où je compte bien monter malgré la pente bien raide et la chaleur que je retrouve avec plaisir.

La suite au prochain épisode car il est presque 22h00 et que je vais aller manger une glace avant d'aller dormir. Ca me rafraichira.

Portez vous bien, soyez heureux et à très bientôt,

Michel

Les commentaires sont fermés.