04/03/2011

Les Monty Pythons jouent à Attari

Namaste.

J'en était resté à Delhi. Finalement, je me suis décidé pour aller voir le Temple d'Or à Amritsar, la ville des Sikhs, les mecs avec leurs turbans qui cachent leurs cheveux qu'ils ne coupent jamais. Au moins, sur ce plan là, je ne risquais pas d'être dépaysé.

Turban Armistar.jpg

Mon train est prévu à 6h40 (eh oui, j'ai une réservation pour l'aller) donc, tôt au lit après un excellent repas dans Prahanganj, un peu à l'écart du coin routard où je suis installé. Je me fais une orgie de poulet dans une préparation que je ne connaissais pas. Succulent. Seul bémol: le resto est plein et je mange entre des indiens qui bouffent vraiment comme des porcs. Il faut juste le savoir quand on s'installe, mais les 5 premières minutes sont toujours un peu choquantes.

Comme je n'ai pas de réveil, j'en achète un. Mécanique, ils n'ont que ca. Et il est bien mécanique: ca s'entend. Il fait tellement de boucan qu'on peut appeler ça un "empêcheur de sommeil" plutôt qu'un réveil. Pour être certain d'être éveillé, je demande à la réception de me téléphoner à 5h45. On ne sait jamais que cette merde de réveil ne fonctionne pas. Je mets un temps fou à m'endormir et à 4 heures le téléphone sonne pour me réveiller. Super. J'essaye de me rendormir mais bon à 5h nouvel appel. Je décide donc de me lever de terminer mon sac et de bouger. Comme je suis dans le gaz, je prends un rickshaw jusqu'à la gare qui est déjà pleine de monde, dont un tas de manifestants avec des drapeaux rouges qui ne sont pas du standard mais bien du parti communiste. Dommage car vu leur nombre ca aurait été sympa.

Je trouve ma plateforme, je m'y rends et la, on entend une annonce disant que le train est retardé et part à 10h40. Putain de merde: j'ai acheté cette saloperie de réveil de merde pour rien. Ni une ni deux, je reprends un rickshaw vers l'hôtel et vu que le check out est à midi, je refais un check in à 6h30 pour remonter me coucher et dormir 2 heures.

Apràs ça, re-check out: les indiens ne pigent plus si je suis en train d'arriver ou de partir mais je m'en fous. Je repars à la gare et en route pour Amritsar avec un départ à l'heure (enfin, on se comprend). Voyage de 7h30 sans histoire et arrivé sur place, re rickshaw vers le quartier du Temple d'or et ses guesthouses pas chères. J'en trouve une qui est à peine plus propre que les autres mais vraiment à peine. Quand j'ouvre le lit, je me rends compte que les draps ont servi à faire la dernière vidange de la mobylette d'un des gamins de l'hôtel car ils sont couverts de traces noires comme de l'huile. J'en profite pour leur faire nettoyer le sol qui est franchement dégueu. Il faut dire que l'hôtel est plein d'Indiens et que la propreté n'est pas leur intérêt principal. C'est la toute première fois que ça m'arrive, mais c'était exagéré.

A partir de là, visite quotidienne du Golden Temple, une des merveilles indiennes et un endroit plein de spiritualité comme je les adore. Je pourrais vous en parler durant des
pages et des pages mais vous verrez les photos qui seront les plus explicites. J'y suis venu 5 fois à toute heure du jour et même la nuit et j'y ai passe des moments idylliques. Même s'il n'y avait que cet arrêt, ce voyage serait une réussite.

Golden temple pano.jpg

Evidemment que j'y suis passé et repassé vu que je n'ai trouvé une place de retour vers Delhi que 4 jours plus tard et sur Waiting list en plus. Mais le gars de la SNCB derrière
le guichet m'assure que c'est tout bon. Je ne m'inquiète donc pas.

Amritsar est à 20 kms de la frontière pakistanaise et je sais qu'il y a une cérémonie quotidienne de fermeture de cette frontière à Attari. Je demande à l'hôtel comment on peut y aller et ils me disent qu'ils n'en savent rien du tout mais qu'en ville je trouverai peut être. Je sors de l'hôtel et je tombe directement sur un mec qui me propose d'y aller en jeep. Coup de bol, je me dis. Que nenni: il sont 15 sur les 50 premiers mètres en sortant de ma guesthouse à me proposer le même service.

En route donc pour la frontière. Trajet de 20 km relativement cool. Les Indiens roulent toujours comme des abrutis décérébrés (ouille, il faudrait des accents là) (Et voilà qui est corrigé Michel !) et on slalome entre tous les obstacles habituels. Arrivés sur place, c'est la cohue: les indiens se déplacent par centaines pour ce truc en plus des touristes. Finalement on est amenés dans une sorte de stade avec une route au milieu et une barrière au bout... qui est la frontière.

Border pano_01.jpg

Côté pakistanais, idem. Au départ, c'est le boxon vu que les deux camps hurlent pour supporter leurs soldats et je dois avouer qu'on est vachement plus forts que les Pakistanais. Les hommes sont séparés des femmes et les étrangers plus quelques VIP indiens ont un autre coin de la tribune. Après une petite heure d'invectives, commence la cérémonie. Impressionnant et surtout à mourir de rire pour tous les occidentaux. Je suis à cote d'un couple de tchèques et la fille va glousser du début à la fin. De l'autre côté, j'ai un Indien qui passe la cérémonie au téléphone en hurlant et en me balançant un drapeau indien dans la gueule.

Le comique, c'est que ces militaires partent vers la grille frontière en levant la jambe à la verticale (au risque de s'exploser la cloison nasale et puis ils marchent au pas de l'oie en accéléré un peu comme le gars qui doit aller de manière urgente aux toilettes mais qui ne veut pas le montrer...

Border_05.jpg

On dirait que ce sont les Monty Pythons qui ont orchestré le bazar mais on doit rester dignes car pour les Indiens c'est super important. Au final, les deux drapeaux sont descendus à la même vitesse et ramenés dans chaque poste de commandement.

Border pano_02.jpg

Ca valait vraiment la peine de venir... surtout qu'au moment de repartir, notre jeep a crevé et que la roue de secours est plate aussi.

Le temps de trouver une bassine, l'eau, le réparateur et la fuite (dans l'ordre) on doit être les derniers à rentrer au port. Mais quel souvenir. J'ai essayé de filmer avec mon appareil photo, on verra ce que ça donne.

Je vous laisse car il est l'heure d’aller rejoindre notre petit groupe pour aller souper sur une terrasse de Bundi dans la chaleur bien agréable de ce début de printemps. (Vous le sentez aussi?)

A+

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