10/01/2010

Les douches? Au prochain carrefour...

Salut à tous,

Après Vârânasî, ma destination était Calcutta, seule grande ville indienne pas encore visitée. Sur le quai de la gare, j'ai du attendre mon train pendant 2 heures (il venait d'Amritsar) et j'ai pu observer à la fois les singes qui passent le temps à se demander ce qu'ils pourraient piquer... et surtout si ca se bouffe et d'autre part, des gamins des rues, qui assis sur des ballots, sniffaient clairement quelque chose. En fait ils répandent du tip-ex sur un tissu et le malaxe pour en imprégner chaque centimètre. Ensuite ils le roulent dans leurs petites mains et le respire quasi en permanence. Dur dur de voir ainsi ces gosses de 6 ou 7 ans complètement shootés...

Dans le train, je me retrouve avec un chino-suisse et deux coréens dans mon compartiment. On s'amuse tellement que pour la première fois dans mes voyages, c'est une Indienne qui gueule en disant qu'il y a des gens qui veulent dormir.

A Calcutta, on partage un taxi à 4 pour se rendre à Sudder Street, quartier routard. J'ai déjà vu des chauffeurs givrés en Asie, mais les plus graves sont à Calcutta: le principe est de ne jamais laisser passer personne, ni piéton, ni autre taxi, ni quoi que ce soit. Incroyable ! Sur les 15 minutes de trajet, j'ai cru 10 fois que c'était bon. Faut dire que les bus roulent de la même façon: d'ailleurs les guides déconseillent de se déplacer en bus dans Calcutta car ce sont des dingues. Dans les jours qui ont suivi j'ai renoncé plusieurs fois à traverser une rue, simplement parce que ca me semblait top risqué. De vrais dingues.

A part ca, Calcutta est une chouette ville. Je m'y suis balladé pendant 3 jours (un avec Soojin la coréenne et 2 jours tout seul) et j'ai vraiment apprécié.

Plusieurs choses remarquables;

A Calcutta, il y a des bouches à eau un peu partout (pourquoi je dis "un peu partout", vu qu'il y en a partout) sur les trottoirs ou au bord des rues. Ce sont des bains publics où les gens viennent prendre leur douche, se brosser les dents, faire la lessive, laver la bagnole,... C'est vraiment incroyable à voir. Au début ça déstabilise de voir un mec se savonner pendant que les taxis fous le frôlent et qu’à coté une femme nettoie consciencieusement son sari. Finalement, il y en a tellement, qu'on s'habitue.

La circulation. Comme je l'ai dit plus haut, à Calcutta un taxi qui voit quelqu'un sur le point de traverser, il accélère encore, sans état d'âme. Ceux qui veulent vraiment traverser se lancent en agitant le bras pour bien dire qu'ils vont vraiment y aller. Les autres cherchent un feu rouge avec un flic qui s'assurera que la traversée se passe bien. Sidérant.

Les hommes-chevaux. Comme dans la Cité de la Joie, des hommes tirent encore leurs rickshaws à pied et ils courent dans les rues en transportant leurs passagers. Moi j'étais convaincu que ça n'existait plus mais c'est loin d'être vrai. Ca aussi c'est impressionnant à voir.

Les vaches. Et bien, c'est simple: il n'y en a pas à Calcutta. Enfin, je devrais peut être dire qu'il n'y en a plus. A mon avis, les vaches de Calcutta ont toutes été écrasées par des taximan locaux. Ca a dû être un vrai génocide et petit à petit, toutes les vaches ont fini écrabouillées au milieu de la chaussée dans cette ville tentaculaire. C'est vrai finalement: pourquoi des mecs qui ne s'arrêtent ni pour un vieillard, ni pour une femme avec un bébé feraient le moindre écart pour une vache qui n'agite même pas un bras en traversant.

A part ca, on a fêté Noel à 4 (ceux du train) et on a été manger dans un resto assez classe proposant de la nourriture locale super bonne. C'était une sorte de mix grill à la bengali. Avant ca, nous avons pris l'apéro dans un bar indien. C'est là que j'ai attaqué au Bacardi... Après le repas, nous sommes allés dans un bar à alcool qui ferment tous à 22h. Il était plus tard, mais pas de problème: le gars avait fermé la grille du magasin et les clients étaient agglutinés à cette grille... et il continuait à servir tout le monde. Welcome in India: il devait fermer à 22h et bien, il était fermé à 22h puisque la grille était baissée. Logique locale.

On est retourné sur la terrasse de l'hôtel pour y boire notre bouteille de Bacardi. On y a retrouvé pleins d'autres touristes avec la même idée. Seul problème: pas de verre. On a donc découpé le cul de bouteilles d'eau en plastique qui ont servi de supports à nos libations. Parmi nous, il y avait un Polonais qui avait acheté un pain et une bouteille de vin rouge... censés figurer le corps et le sang du christ. Nous, on a bu le vin rouge...

Mes ballades m'ont amené à visiter la maison des Sœurs de la Carite de Mère Teresa qui y est enterrée. Sa tombe est l'objet d'une véritable vénération. Il y avait une file énorme pour rentrer dans la Mission et ca n'avançait pas. En entrant j'ai compris: dans l'entrée, une crèche géante était installée et tous les indiens embrassaient les pieds du petit Jésus avant de toucher la main de la Vierge. Pas étonnant que ca prenne du temps.

J'ai aussi visité un vieux cimetière anglais, impressionnant, ainsi que les alentours du Mémorial Victoria. Y aller le 25 décembre c'était pas une bonne idée. Ce jour là est férié et tous les habitants de Calcutta se retrouvent dans le parc qui le jouxte. Tous? A mon avis, oui... et il faut savoir qu'ils sont plus de 20 millions. Oui je sais, ca fait du monde. Maintenant je le sais.

Dans mon prochain message, je vous expliquerai mon départ en avion de l'aéroport de Calcutta. Un grand moment de bonheur: je n'ai toujours pas compris comment mes bagages et moi avons réussi à voyager ensemble. Bref.

Portez vous bien, moi je retourne à l'eau.

Michel

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