21/12/2009

Les trous de balle de Mumbai... et d'ailleurs

Salut à tous,

De retour de mes 20 longueurs dans le Gange, je peux enfin vous livrer la suite de mes impressions de voyage.

J'ai donc quitté Orchha pour rejoindre Agra en train. Agra, j'y étais passé lors de mon premier séjour en Inde, mais j'avais fait un bref passage au Taj Mahal qui m'avait laissé un gout de trop peu.

J'ai donc pris un train pour un trajet court (5 heures de voyage en Inde, c'est rien du tout). Je me suis auto upgradé de place en cherchant le chef de train (le fameux T.T. indien qui n'est pas jaune), celui m'explique les règles de fonctionnement mais au lieu de me faire payer, me fait signe de rester bien tranquillement à la place où je suis, sans payer de supplément: peu de chance qu'il travaille à la SNCB un jour celui là...

Arrive à Agra, j'ai directement droit à la meute habituelle de rabatteurs: Agra et Varanasi ont la réputation d'avoir les rabatteurs et les rickshaws les plus collants d'Inde et ils tiennent à être fideles à leur réputation. A peine sorti du train, j'en ai une nuée qui s'accroche à moi et dont je n'arrive pas à me débarrasser. Une vraie plaie. Pour échapper aux rickshaws, je prends un taxi prépayé... mais un "convoyeur" se joint à nous: mauvaise nouvelle car ca signifie qu'il va essayer de m'aiguiller vers les hôtels où il touchera sa commission.

Et ca ne rate pas: durant tout le trajet il me bassine avec un hôtel qui facture les chambres 6 fois plus chers que ce que je paye. Dialogue de sourds: il veut me montrer "son" hôtel qui "est tout juste ce que je cherche", malgré mes dénégations. Comme prévu, le chauffeur s'arrête au pied de l'hôtel Maya (il me prends pour une abeille?) et moi je prends mon sac et fous le camp dans l'autre sens... avec le ticket "prepaid" sans lequel il ne sera pas payé. Il me poursuit et je lui assure que l'hôtel Maya lui en fera un autre... Finalement, je lui jette son ticket: c'est clair que je ne devrai plus trop compter sur les taxis à Agra.

Je finis par trouver un hôtel après 3 tentatives: le mien est crade de chez crade. Pour la première fois, non seulement je dors dans mon "sac a viande" mais en plus, je gonfle mon oreiller de voyage car celui de l'hôtel ressemble à une infection ambulante. Bon d'accord, c'est pas cher et j'ai vue sur le Taj à 70 mètres, mais je me demande si mon pote taximan n'avait pas raison: c'est combien le Maya finalement.

Le lendemain, je prends un bus local pour rejoindre Fathepur Sikrit, ville royale abandonnée après seulement 15 années d'utilisation pour cause de nappe phréatique insuffisante. Dans le genre "grands travaux inutiles"...

La visite est superbe même si durant tout le début je suis accompagné d'un "étudiant" qui me fait croire qu'il étudie la religion coranique alors qu'il a une bonne tronche de rabatteur pour je ne sais pas encore qui. Je joue le jeu jusqu'au moment ou il m'explique que c'est son grand père qui a fait la plupart des sculptures du site et que justement, lui et son frère ont une échoppe de vente de marbre taillé, juste à cote de là où nous passons. Quel heureux z'hasards, direz vous. Le seul hic, c'est que le site date du 16e siècle: on vit décidément très vieux dans la famille de ce brave garçon. Je le renvoie donc à son coran et à ses études brillantes après une belle discussion avec lui et son frère. 5 minutes après, je le croise vendant des colliers et des bracelets. Dur dur d'être étudiant.

Je passe une super journée sur ce site sous le soleil (désolé, je sais que chez vous, c'est plutôt moonboots et passe montagne). Comme d'hab, les trajets aller et retour se font dans des bus incroyables, a croire que c'est le grand père de mon nouvel ami qui les a fabriqué en même temps que la cité... mais je commence à être habitué: c'est le jour où j'aurai un bus en bon état que je serai surpris...

A Agra, je suis à 70 mètres du Taj et comme il y a un périmètre de sécurité de 100 mètres, j'ai droit a un peloton de militaires bien armés quasi sous ma chambre. C'est déjà ca.

Depuis les attentats de Mumbai en novembre 2008, l'Inde est traumatisée et comme les journaux parlent d'infiltration de nouveaux terroristes depuis le Pakistan, c'est un peu étrange: l'armée est présente partout, armée jusqu'aux dents et pas vraiment commode. Sur le site bouddhiste de Sanchi, mon petit sac à dos a été complètement vidé par un militaire pendant qu'un autre me tenait en joue. Pas rassurant. J'espérais juste qu'il ne doive pas éternuer...

A Mumbai, le week-end, les gens viennent voir les stigmates des attentats sur l'hôtel Taj Mahal et les serveurs du Café Léopold montrent les trous de balles au touristes (non Sophie P., il ne s'agit pas de notre ex-collegue hollandais et de sa collaboratrice préférée), mais des véritables impacts des tirs des terroristes. Ici à Varanasi, le Golden Temple, grand sujet de conflit entre hindous et musulmans est super protégé par des groupes de 6 à 10 militaires postés un peu partout. Pour info, je loge à 50 mètres de ce temple...

A Agra, la seule chose que je reproche à ces braves soldats, c'est que leurs beaux fusils n'aient pas été capables de faire taire ces p.... de chiens qui ont aboyé sous ma fenêtre pendant toute la première nuit. Qu'est ce que j'aurais aime entendre une bonne rafale d'arme automatique...

Deuxième jour, retour au Taj. Je me lève tôt pour voir le lever du soleil, mais en sortant de ma douche (si on peut appeler ce truc une douche), je prends un éclair en pleine face et la pluie s'abat sur Agra: bordel de merde, pour la première fois en Inde depuis que j'y voyage, il pleut en décembre, et quelle pluie. J'attends donc la fin de l'orage et malgré le prix prohibitif (on paye 750 Rps alors que les Indiens en payent 30), je retourne voir ce monument qui est sans doute, avec Angkor Vat, ce que j'ai vu de plus beau construit par l'homme en Asie (oui en Asie, parce que pour le reste, il y a quand même le Manneken Pis et l'Atomium, sans oublier le Stade de Sclessin). J'y ai passé plus de 4 heures en le photographiant sous tous les angles malgré l'absence de soleil.

Après 3 jours à Agra, je suis content de me casser car j'en ai marre de me faire harceler tous les dix mètres par des rickshaws qui veulent à tout prix me faire monter dans leur véhicule et par des marchands de tout poil qui veulent m'attirer dans leurs échoppes pour acheter tout les souvenirs débiles qu'on peut trouver autour d'un site touristique... y compris la superbe boule avec le Taj dedans et plein de neige qui vient quand on la secoue...

Bon, je vous laisse car le gars de l'internet café tourne autour de moi pour fermer et il commence à grogner: j'ai peur qu'il me morde si je continue.

Protégez vous bien du froid et de la neige, moi je vais boire un dernier lassi sur la terrasse intérieure de mon guesthouse avant d'aller dormir.

Michel

 

Commentaires

lieutenant-colonel Ben, dit, quel voyage!! Ici en effet beaucoup de neige, surtout en Ardenne où j'ai été avec la famille la semaine de Noël. Nous avons faillit passer la nuit dans un hôtel comme la voiture était caller dans la neige, 300 m de cet hôtel. Bon bref, nous sommes arrivés à destin!!! Hé Michel, amuse-toi et à bientôt?

Écrit par : Bruno Cogneau | 28/12/2009

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