08/11/2007

Kumbh Mela

 

 

Salut à tous,

Pourquoi Nasik? Simplement parce qu'en arrivant à Mumbai, j'ai lu que la cérémonie du Kumbh Mela y débutait le 9 novembre et je me suis dit que les préparatifs devaient être intéressants.

La Kumbh mela vient d'une légende indienne selon laquelle les dieux et les démons se seraient battus pour le nectar d'immortalité et que ces gros maladroits ont laisse tomber 4 gouttes de ce nectar sur terre dans 4 villes devenues, forcement, saintes. Ces 4 villes, dont Nasik se relaient tous les 3 ans pour organiser cette cérémonie, la plus suivie au monde: en 2001, il y a plus de 75 millions de pèlerins qui y ont pris part en 2 mois et à la grande journée des bains, il y avait plus de 23 millions de personnes (selon les organisateurs, car selon la police, ils étaient seulement 18 millions).

J'ai donc traîné pendant deux jours autour des bains sacrés où les sadu et autres pèlerins commençaient à arriver. Je regrette un peu de ne pas avoir pu rester mais d'une part il n'y a plus une chambre de libre (of course) et d'autre part, ces rassemblements entraînent inévitablement des bousculades et des mouvements de foule qui causent à chaque fois des tas de morts.

Malgré tout, j'ai eu l'occasion de faire des dizaines de photos dont je suis, pour une fois, particulièrement fier. Autour du sanctuaire, c'est aussi la folie: tout ce qui peut être vendu à des pèlerins commence à sortir dans les rues. Vous imaginez le nombre de petites coupelles, vases, bâtons d'encens et autres fleurs nécessaires pour satisfaire 75 millions de pèlerins? Moi non plus, mais j'ai vu des trucs étonnants.

Comme les espaces de ventes dans les rues ne sont pas extensibles, une partie des vendeurs se sont réunis autour du rond point le plus embouteille de la ville et ont installe leurs marchandises sur la route au centre de ce rond point. Imaginez un instant, un marche s'installant tous les jours à 17 heures sur la dernière bande de circulation du rond point Montgomery à Bruxelles ou sur la place de l'Etoile à Paris? Vous pensez que ça serait le bordel? Ben oui...

En allant voir ce qui se vendait là au milieu, j'ai été aborde par une équipe de télé locale qui voulait absolument me filmer en train de négocier avec un de ces marchands. Leur camera me semblait intéressante et doit, à mon avis, déjà avoir filmé le retour de Ghandi d'Afrique du Sud. Chez nous, un tel engin trouverait sa place dans un musée mais pas ailleurs. Les gars ont même été assez sympas pour me refiler 2 billets de 10 Rpies en main pour faire plus vrai. La séquence à duré une éternité. Tout ce que le vendeur a pu me dire c'est: "it's for a candle" et moi je devais avoir l'air con pendant que les autres filmaient et que je ne savais pas quoi dire. Des qu'il a arrêté de filmer, le gars s'est jeté sur moi... pour récupérer ses roupies...

Pour le reste, qui dit ville sainte, dit aussi nourriture pure végétarienne et absence de boissons alcoolisées. Donc, pour mon poulet tandoori et ma kingfisher, je peux me brosser. Heureusement, il y a les délicieux thalis, repas typique des Indiens qui est constitue de plusieurs petits raviers contenant des aliments ou des sauces et qui se mangent avec des chapattis (pain local) ou du riz. On ne sait jamais vraiment ce qu'on mange mais c'est le plus souvent exquis.

A Nasik, j'avais repéré deux restos intéressants dans le Lonely: on a cherché le premier pendant presque une heure avant qu'on me dise que le proprio était mort et que le resto avait disparu. Un rickshaw me l'avait déjà dit en sortant de l'hôtel mais je ne l'avais pas cru car ici la tradition veut que pour qu'on vous amène là où on veut (c'est a dire la où l'Indien reçoit un backshich), il vous dira toujours que l'endroit n'existe plus, qu'il a brûlé ou que le proprio est mort. Bref, une balade pour rien avec mes deux soeurs Einstein.

Le lendemain, rebelote: on devait manger dans un resto situé dans un resto qui est complètement en travaux et envahi par des dizaines d'ouvriers (a 8h00 du soir). Bref on a chaque fois du improviser. L'avantage de ces deux filles, c'est qu'elle prennent systématiquement 3 plats pour elles deux et qu'il y a toujours trop. Je dois donc juste me prendre un petit plat (mon seul repas quotidien en dehors des fruits et des boissons comme le chai (thé) ou le lassi) et goûter leurs restes.

De toute façon, je leur ai trouve un bus pour Aurangabad et moi, je file vers le sud via Goa. Normalement je devrais avoir la paix.

Il continue à faire très chaud mais nous avons aussi quasi quotidiennement (Stef, ça veut dire un tous les jours ou presque) un orage plus ou moins important en fin d'après-midi. Celui de Nasik était vraiment impressionnant: pendant 20 minutes, des trombes d'eau ont noyé la ville et toute la vie s'est arrêtée: plus de foule dans les rues, plus de klaxons intempestifs. Et puis, la pluie s'arrête soudainement et tout reprend instantanément.

Pour le décalage horaire, comme on est en hiver, il est de 4h30 en ma faveur par rapport à Bruxelles, Paris, Mouscron ou Gosselies. Pour Londres et Verviers, faites le calcul vous-même. Il est donc 13h ici à Goa et 8h30 chez vous. Vous ne pensez pas qu'il est temps de vous lever? Moi j'ai déjà été nager, pris mon petit dej et lu pendant 1/2 heure sur la plage...

Je vous raconterai mon séjour à Goa dans mon prochain message: cet après-midi (pour moi) ou demain selon la situation électrique: on est plus souvent privé d'électricité qu'on en dispose depuis 3 jours et même si le cyber café a un générateur, il est impossible de survivre dans cette salle où la température monte à plus de 50 degrés sans l'airco... qui ne peut être assuré par ce même générateur.

Je vous laisse pour refaire un saut dans la mer.

Passez une bonne journée

Michel, touriste 

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