07/01/2007

On s'arrête au Luxembourg?

 

 

(ce message aurait dû être posté depuis Bangkok, si j'avais eu un tout petit peu plus de temps)

 

Salut à tous,

je vous avais donc laissé le 1er janvier alors que j'attendais mon car pour rentrer sur Bangkok. J'en ai profité pour retourner faire un petit tour du côté du Marché du matin (...qui reste ouvert toute la journée) pour liquider mes derniers kips que je ne peux en aucun cas utiliser en Thailande alors que les baths thailandais sont utilisés comme seconde monnaie nationale au Laos.

Le problème de la monnaie laotienne, c'est qu'à force de dévaluer, on en arrive à avoir peur de changer plus de 20 USD à la fois. En effet, pour 1USD, on reçoit 10.000 kip et comme ils utilisent principalement des billets de 5.000, je vous laisse imaginer ce qui arrive quand, comme moi, vous changez 150 USD le jour de votre arrivée dans le pays... La bonne nouvelle, c'est que j'étais millionnaire, la mauvaise, c'est que je n'avais pas de brouette pour transporter mon fric...

Bref, le marché de Vientiane est une sorte d'énorme bazar où les rayons de fruits et légumes cotoient les cds et dvd locaux, les vrais/faux articles de confection tels que nous les connaissons en Europe, les joalliers ou les réparateurs de télés. Vous pouvez aussi y trouver des frigos, de la literie, des casserolles et tout ce que vous pouvez imaginer.

Je termine mes achats au rayon des montres dont on m'assure que ce sont des vraies. Je négocie une superbe Breitling pour 55 USD mais on coince sur ce prix alors que je ne voulais pas en donner plus de 50.

Bon, je retourne attendre mon bus à l'hotel au milieu de l'après-midi. En réservant le ticket, le gars de l'agence m'a dit qu'on viendrait me chercher directement à l'hotel. Vu que je suis dans une rue très étroite, je m'attends à être dropé par un tuk-tuk ou par un mini-van... et bien pas du tout: vers 17h05,le bus qui doit nous amener jusqu'à la frontière vient me chercher devant mon guest... comme il le fera pour la trentaine de passagers. Pendant plus d'une heure, ce grand bus va zigzaguer de guesthouse en guesthouse dans des rues beaucoup trop étroites pour qu'il puisse manoeuvrer. En plus, on s'arrête devant un tas d'hotels d'où personne ne sort finalement. En effet, après avoir fait cette tournée, on se retrouve à environ 50 mètres de mon hôtel où se trouve une sorte de check point où l'on récupère les derniers passagers. Bref, 1h30 après avoir embarqué, je suis à moins de 100 mètres de mon point de départ. Chouette organisation: ils sont quasi aussi doués que les Indiens (je parle des habitants du pays de Gandhi, pas de Geronimo) pour tout ce qui touche à l'organisation et aux horaires des transports...

En route donc pour le Pont de l'Amitié, seul passage terrestre entre le Laos et la Thaïlande jusqu'à la semaine dernière où un second pont a été inauguré. On nous débarque donc juste à la frontière où je suis à nouveau surpris par la facilité avec laquelle on passe la frontière laotienne: c'est à peine si le douanier regarde mon passeport. Par contre, son collègue qui réclame les 0,35 euro de taxe vu qu'on passe en dehors des heures d'ouverture gratuite de la frontière est vachement pointilleux. Heureusement qu'il me reste quelques kips.

De l'autre côté de la frontière, tout change: on passe d'un accompagnateur habillé de manière très simple (pantalon de toile, chemise informe et tongs) du côté laotien pour être accueillis par deux jeunes en veste en jeans et baskets avec de longs cheveux retenus par un bandana pour un des deux, du côté thaï. En plus, dans le bus il y a de la musique occidentale à fond la caisse.

Une fois qu'on est tous installés, on démarre pour moins de 3 minutes jusqu'à la frontière thaï pour l'entrée officielle dans le pays. Pas de problème malgré les attentats de la nuit précédente.

Dans le bus, alors qu'il y a un tas d'asiatique (donc de nains de jardins), je me retrouve à côté d'un allemand qui traverse la moitié de l'Asie en vélo et qui retourne à Bangkok en bus pour y récupérer sa femme. Il mesure quasi 2 mètres et on manque singulièrement de place. Comme pour nous narguer, un couple de thaï est assis juste devant nous et ils ne manquent pas de place, eux...

Bref, après la frontière, on s'arrête après 5 bonnes minutes pour manger un riz sauté dans un restoroute pour touristes; c'est pas le meilleur repas pris durant mon voyage, mais au moins ça cale pour la nuit.

On redémarre enfin. Il est 22h30, j'ai quitté mon hotel depuis 5h30 et on doit avoir fait moins de 80 kms depuis le départ. Après, heureusement, on va foncer. Pour moi, il est impossible de dormir et je m'assieds dans l'escalier entre les 2 étages de notre bus. Je suis rejoins par une hollandaise plus grande que moi qui ne sait pas dormir non plus. Elle voyage pour 7 mois et on discute de l'Asie durant tout le trajet jusqu'à Bangkok vu qu'aucun des deux ne peut dormir dans ce genre de véhicule. On est rejoint par un couple de Hollandais et par une Anversoise. Vers 1h du mat, on s'arrête dans un énorme complexe où se trouvent déjà une vingtaine de bus de nuit pour une petite pause. Ca nous fait tous penser aux départs d'étudiants pour les sports d'hiver avec l'arrêt obligatoire au Luxembourg pour faire le plein en essence, en cigarettes et en alcools divers.

 

Le bus fonce sur des routes en excellent état de sorte qu'il est 4h45 du mat quand on arrive à Khao Sand Road. Je retourne vers mon hotel de début de séjour où je précise que je paye pour la nuit suivante mais pas celle en cours. La gardienne de nut me prévient que c'est à partir de 6h00 du mat que la nuit suivante commence. Je décide donc de prendre tout mon barda et d'aller petit déjeuner en attendant 6h00. Heureusement que le quartier ne dort jamais. Sur une terrasse, je croise les nouveaux arrivants de la nuit, ceux qui sont en route pour le retour en Europe, les gars qui terminent leur nuit en mangeant des frites et en buvant une bière, les lève-tôt  et les putes qui n'ont pas trouvé de client pour la nuit. Vers 5h30, des moines passent dans la rue (perdus?) et se mélangent avec toutes les prostituées qui traînent. J'airais bien voulu photographier le mélange de ces deux mondes antinomiques mais je ne crois pas que c'était le moment....

 

A 6h00, retour à l'hotel où je prends une chambre et où je m'installe dans une chambre sans vouloir dormir vu que je veux être à 9h00 à l'ouverture des bureaux de Gulf Air. Je lutte jusqu'à 7h30 et je me lève, prends une douche et sors car je n'arrivais plus à lutter. Pour me rendre de l'autre côté de la ville, je prends une moto tax: c'est le plus dangereux, mais aussi le plus rapide. Il faut avoir rouler côte à côte à 70 kms/h entre un bus et un mur pour comprendre ce que c'est: ça vaut la peine, je vous le jure...

 

Arrivé sur place, l'employée me dit que pour le 3, le 4 et le 5 c'est full-full alors que pour le jour même c'est full. Je lui demande si je peux me rendre à l'aéroport et essayer de m'embarquer en payant le changement de billet, elle me dit que oui. Je reprends donc une moto-taxi pour rentrer, le gars fait un détour pour me montrer le lieu d'un des attentats du réveillon où des dizaines de flics sont en train de chercher des indices... au milieu des badauds et je rentre à l'hôtel. Douche et quelques achats, puis à 11h30 repas sur le pouce avant de prendre mon sac et de quitter l'hotel en leur précisant de garder ma chambre (payée!) jusqu'à 20h. Si à cette heure là je ne suis pas rentré, ils peuvent la louer. Je trouve une navette pour l'aéroport où je me rends le 2 janvier avec un billet de retour valable pour le 25 février. Une première pour moi!

 

A l'aéroport, j'attends l'ouverture du check in. La brave fille ne capte rien à mon problème vu qu'elle me dit qu'on est le 2 janvier ( je me doute qu'on est pas le 25 février, espèce d'andouille!) et elle appelle sa responsable qui finit par téléphoner à quelqu'un qui arrive 10 minutes plus tard. Je réexplique pour la 4e fois de la journée mon histoire et le gars disparait pendant 10 minutes qui me paraissent une éternité derrière son pc. Finalement, il me demande si je paye en Baths. Je lui demande de payer par Visa et il se casse avec ma carte en me disant que c'est 3500 Baths. Je suis tellement claqué qu'au lieu de diviser la somme par 45, je multiplie...ce qui me donne un chiffre astronomique bien trop élé vé pour moi. J'appelle la chef hotesse qui me rassure en me disant que ça fait environ 80 euros. Je suis gêné par ma connerie mais je suis tellement crevé que je me rends compte que j'ai plus vraiment mes derniers neurones connectés.

 

Finalement, je fais mon check-in et je passe la frontière. Je profite de toutes les installations de ce superbe nouvel aéroport, le plus grand d'Asie que certains d'entre vous découvriront certainement cet été. Par rapport à nos vieux aéroports européens, il a une qualité indéniable: il est super fonctionnel. Ca change de Roissy ou de Zaventem!

 

Finalement le retard est minime quand nous montons dans l'avion. celui vient de Honk Hong et est pleins de vieilles anglaises déchainées. En tant que "stand by", j'ai du bol: je dois prendre place au milieu du cheptel. La moitié d'entre elles me fait penser à la reine Elisabeth et l'autre moitié à Camilla. Elles passeront tout le trajet jusqu'à Bahrain à discuter sur 3 ou 4 rangées en criant de plus en plus fort. Dommage qu'il n'y ait pas moyen d'ouvrir les hublots, j'en aurais bien jeté quelques unes par dessus bord. Celle assise à côté de moi s'est levée 6 ou 7 fois sur le trajet. Fastoche pour dormir! Enfin, vu que l'avion est plein comme un oeuf, je me console en me disant que dans le tas, il y en a surement une qui a clamsé à Honk Hong et que c'est grâce à elle que j'ai pu récupéré une place. Je ne vais donc pas trop me plaindre.

 

A Bahrain, je dois me présenter dans un bureau pour faire valider la suite de mon voyage, mais comme on a 4 heures d'escale, tout roule... sauf que ma seconde nuit blanche d'affilée commence à me peser...  

 

La dernière partie du trajet est parfaite: on a enfin un avion de qualité et le service est impeccable. Donc, chez Gulf Air, tout se tient: si vous montez dans un avion correct, ous aurez un service de qualité. Par contre, si votre avion est une sorte d'épave rafistolée, dites vous bien que les hotesses sont dans le même état.

 

Arrivée à Roissy, les bagages sont annoncés avant d'être mis en attente... pendant juste une heure. Renseignement pris, l'ascenseur devant sortir les containers est tombé en panne! Je me disais bien que ça se passait trop bien!

Heureusement tout se passe finalement correctement et je peux prendre un tgv via Lille pour rejoindre Bruxelles... et mon lit. Avant de tomber dans les bras de Morphée, je suis quand même passé sur le net pour voir quelques destinations possibles pour mon prochain voyage... et surtout les périodes idéales pour s'y rendre. Alors, la prochaine destination pourrait être soit la Bolivie, soit Madagascar, soit le Népal, soit la Chine... ou éventuellement un retour au Laos pour faire le sud du pays, qui est, parait-il plus beau que le nord. Ca promet...

 

Dans les prochains jours, j'ajouterai encore un message en forme de bilan (il n'y aura que du positif... malgré Gulf Air) et je rajouterai bon nombre de photos. J'ai aussi quelques petits films sympas pris avec mon appareil photos que je vais essayer de caser quelque part avec l'aide de Terence.

 

Merci à toutes celles et à tous ceux qui m'ont suivi dans mon voyage. J'espère que vous y avez pris autant de plaisir à lire mes compte rendus que moi à les écrire. Merci encore pour tous les messages reçus, sous quelle forme que ce soit.

 

A très bientôt,

 

M.

 

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