Les cousins Schumacher - 26/02/2005 A 15h00

| Page d'accueil |

Het laatste nieuws - 05/03/2005 A 07h52

»

22/09/2006

j' veux pas rentrer - 03/03/2005 A 08h24

 

Salut à tout le monde,

 

Tout d'abord un grand merci pour tous les messages reçus hier pour mon anniversaire. C'est bien sympa.    Je n'ai malheureusement pas le temps de répondre individuellement à chacun de vous mais le cœur y est. Je trouve cependant que vous vous plaignez un peu trop du froid, alors que, moi, je souffre de la chaleur depuis 5 semaines maintenant et que je viens de lire dans le journal local qu'à Bangalore, on a battu le record de chaleur pour un mois de février: 35,9 C sous abri le 18/02.

 

De toute façon j'ai décidé de ne pas regagner la Belgique tant qu'il n'y aura pas 15 degrés sur Bruxelles. Na!

 

Pour le reste, mon voyage se poursuit très agréablement. Je suis à Mysore et ce soir je pars pour Goa ou je vais me poser sur la plage pendant 6 jours en pensant à vous, à vos moonboots et à vos bonnets de laine...

 

Cochi fut pour moi un arrêt très agréable... dès que j'ai pu changer d'hôtel. J'ai eu une chambre très simple mais tout à fait correcte. En plus il y avait un robinet d'eau chaude dans la s.d.b. J'avais lu dans le Lonely qu'elle fonctionnait grâce à des panneaux solaires installés sur le toit.

 

Quand j'ai demandé au patron s’il y avait effectivement de l'eau chaude, il a regardé par la fenêtre (ciel bleu et grosse chaleur), s'est retourné vers moi et m'a dit "maybe". Cela semble donc signifier que l'énergie solaire en Inde ne fonctionne qu'au-delà de 40 degrés. Je ne vous conseille pas d'installer le système indien en Belgique, car vous risqueriez de devoir souvent vous passer de bain...

 

A Cochi, j'ai visité plusieurs palaces et sites intéressants même si les

Indiens ne seront décidément jamais des rois de la présentation de leurs

collections: soit vous avez un énorme néon qui vous aveugle, soit vous avez

besoin d'une lampe de poche tellement il fait sombre. En plus, ce qui est

étonnant ce sont les prix pratiqués: j'ai visite un palais superbe a Cochi

avec des plafonds en bois sculptés avec des peintures murales du XVIe siècle

superbes et l'entrée était de 2 Rps. Avant cela, je suis rentré dans des

musées (a Thanjavur par exemple) où j'ai payé 100 Rps pour ne quasiment rien

voir d'intéressant. C'est parfois frustrant.

 

A Cochi, il y a aussi des carrelets (ou filets chinois) sortes d'énormes structures en bois pyramidales supportant un énorme filet de pêche fonctionnant avec un contre-poids et devant être actionné par 4 à 5 hommes qui soulèvent et abaissent ce filet entre 200 et 300 fois par jour pour remonter une pêche maigrichonne. En effet, le tsunami a ramené la plupart des poissons vers le large et pour le moment ils ne sont pas vraiment revenus.

 

Ce qui est amusant, c'est que les pêcheurs vendent directement le poisson derrière le carrelet et qu'il y a 2 ou 3 endroits où l'on peut faire préparer son poisson pour quasiment rien. Pêché et mangé en moins de 30 minutes, difficile de trouver plus frais.

 

Avant de quitter Cochi, encore une anecdote dans la série "nos amis français et les langues étrangères". Dans un petit bar typiquement indien, un couple de français d'un certain âge et qui venait manifestement de débarquer ont demandé "you have ananas juice (prononcez "ju-hisse")?" Prudent, le garçon a répondu "no, no". Dès qu'il a eu le dos tourné, la dame a dit a son mari:

"c'est bizarre qu'ils n'en aient pas alors qu'on voit tant d'ananas partout..." A mon avis, elle n'est pas prête d'en boire. Moi, j'ai failli commander un pineapple juice, mais je me suis dit qu'ils n'avaient qu'a continuer à boire de l'eau.

 

Départ ensuite pour Bangalore en bus couchette A/C. Pour être A/C, il était A/C... Ca ressemblait plus à un camion frigorifique qu'à autre chose. J'ai eu beau multiplier les couches de vêtements, j'ai pris froid et j'ai la crève. Trajet de 13 heures sur ma couchette., c'est pas génial mais j'ai quand même pu dormir un peu malgré la taille de l'emplacement: en fait, la couchette doit faire 1,75m car je touchais des deux côtés. Donc, si vous avez un pote qui joue aux Spirous de Charleroi ou en NBA, ne l'emmenez pas dans ces bus, il n'entre pas, même avec un chausse-pied.

 

En arrivant à Bangalore, on a vu des accidents dans tous les coins, il y avait même un gars qui venait de passer sous les roues d'un camion et dont le corps disloqué n'avait pas encore été retiré. Premier cadavre indien cette année et pas le dernier, vu qu'en sortant de Bangalore une heure plus tard, on a été dépassés par une bagnole avec sur son fixe-au-toit, le cadavre d'un homme enroulé dans un drap entre le menton et les genoux. Spectacle incroyable... mais qui s'explique par le fait qu'il n'y a pas de funérarium en Inde et que les gens doivent amener eux-même leurs morts aux endroits de crémation.

 

Malgré tout, ça fout un choc. donc 3 heures plus tard arrivée à Mysore après avoir, par 3 fois traversé des villages du Karnetaka en pleines élections. Impressionnant: des dizaines de milliers d'hommes confluant vers un même endroit au même moment en vue de voter. Parfois sur presque un km, vous avez des hommes qui avancent collés les uns aux autres et viennent s'agglutiner face à une entrée trop étroite pour pouvoir avaler ce flux immense. J'espère que mes photos donneront au moins un aperçu de la situation.

 

Arrivée à Mysore où j'avais repéré un hôtel dans le Lonely. Nouvel guerre avec les rickshaws (j'ai l'habitude) car le gars voulait absolument qu'on passe d'abord à l'hôtel qu'il avait à me proposer (et où il reçoit une commission, of course). Ca donne un dialogue surréaliste:

 

- Hôtel Dasaprakash

- OK sir but hotel very old. Bombay Hotel better.

- No, hotel Dasaprakash.

- ok ok sir... but first stop hotel Bombay?

- No, first my hotel

- ok ok sir (10 sec)... but I think that Hotel Bombay better for you. I show you.

- NOOOOOOOO. Hotel Dasaprakash directly or I stop here.

- ok ok sir.

 

Et cet animal réussit quand même à passer d'abord devant l'hotel Bombay où il me demande si je suis vraiment sûr que je ne veux pas m'arrêter. C'est généralement à ce moment qu'une envie de meurtre me prend...Finalement, arrivé à l'hôtel, il fait mine de me précéder... dans le but de leur dire qu'il emmène un client en vue d'obtenir une commission que bibi devrait payer. Je lui hurle de rester assis car sinon je refuse de le payer.

 

A la réception de l'hôtel, ils se marrent doucement. J'y rencontre aussi 3 français sympas avec lesquels je pars me balader en ville. Un gamin nous aborde en parlant d'une sorte de festival qui aurait lieu. Il propose de nous accompagner et arrivés sur place, on se rend compte qu'il travaille pour une fabrique artisanale d'encens. Ca y est: mes envies de meurtres me reprennent...

 

Hier matin, lever à l'aube pour réserver mon voyage vers Goa. Arrivé à la gare, je trouve une brave dame responsable à qui je montre mon ticket de réservation rempli avec soin. Elle me demande ce que je fous et me dis que c'est vraiment pas le meilleur moyen (merci le Routard). Elle me concocte alors un itinéraire "super" dont elle me dit qu'il est easy... Jugez vous-mêmes: départ à 20h00 de Mysore avec arrêt à Hubli à 5h00 demain matin (j'ai intérêt à être éveillé car ce train remonte vers le nord) ensuite à 5h30 train pour Londa ou j'arrive à 7h35 et de là, il me reste 5 heures de bus jusqu'à Magdaon... point de départ des bus pour les plages. Ca va être du sport. Et elle me disait que c'était easy...

 

Ensuite commence le sport: la file d'attente est constituée de rangées de 7 chaises. Il faut s'asseoir tout au fond et chaque fois qu'un gars passe à un des 3 guichets, tout le monde se lève et avance d'une chaise. Chouette sport. 1h15 plus tard, j'ai tous mes tickets. Après, on se demande pourquoi les gens préfèrent les voyages organisés...

 

Apres ça, je pars visiter le palais royal, dont on dit qu'il est sans doute un des plus spectaculaires d'Inde. J'ai pas été déçu. Les maharadjas de Mysore ont construit leur palais avec pour but unique d'en foutre plein la gueule aux visiteurs (anglais): c'est un mélange de colonnes peintes dans toutes les couleurs, de portes en acajou ou en argent pur sculptées, de dorures, d'enluminures, d'or, de pierres précieuses et de tout ce qui peut valoir de l'argent, ainsi que de verrières immenses couvertes de dessins splendides.

 

Bon, c'est kitch, c'est baroque, ça frise souvent le mauvais goût, mais qu'est ce que c'est spectaculaire. C'est pas comme ça que je décorerais ma maison non plus d'ailleurs (en plus, il y a tellement de coins et de recoins que je n'arriverais pas à ranger toutes mes bd). Dommage que les photos soient interdites, car le spectacle était vraiment impressionnant.

 

Pas rassasié, je me suis rendu au zoo de Mysore dont on dit que c'est le plus beau d'Inde. J'y vois enfin de près des tas de bestioles vues de plus ou moins loin depuis 2 ans et c'est intéressant. Pour moi, le clou de la visite ce sont une dizaine de tigres... dont 2 tigres blancs su-per-bes. Les animaux sont dans des enclos immenses entourés de murs en béton et n'ont vraiment pas l'air trop mal. Enfin, ça reste quand même un zoo, hein!

 

Les zèbres par exemple sont trois sur la surface d'un terrain de foot... et moi, vous me connaissez: si je vois 3 zèbres sur un terrain de foot, j'ai envie de chanter à tue tête " Brogno tu pues, Brogno tu pues... ton frère aussi..." (pour comprendre celle là, il faut être belge, aimer le foot et si possible être supporter du standard, dans tous les autres cas, laissez tomber...).

 

Le soir, je me rends avec mes trois français et un autre français (qui a quitté son boulot à Bordeaux pour garder des vaches en Suisse) dans un superbe petit resto très sympa ou j'offre les cocktails de l'apéro avant de manger un succulent repas. A 5, avec les apéros compris, il y en avait pour moins de 25 euros... Chouette soirée sur une terrasse, terminée vers 23h30 (tard pour l'Inde).

 

Ce matin on est parti visiter un temple qui surplombe la ville et maintenant je vais aller faire un tour au marché avant de préparer mon sac pour mon épopée (quasi) finale.

 

Faites de jolis bonhommes de neige et à bientôt,

 

M.-le-bronzé

 

Les commentaires sont fermés.