les Bronzés font du ski - 06/02/2005 A 14h21

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Carambole - 10/02/2005 A 13h31

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21/09/2006

Tsunami - 08/02/2005 A 16h43

 

Bonjour l'Europe,

 

Tout d'abord un bulletin météo lu dans le journal d'aujourd'hui:

Température Min.: 22

Temp. Max: 34

Taux d'humidité: 68%

Bref, je ne risque pas les engelures pour le moment.

 

Hier, lundi matin, j'ai quitté Madras en bus.

 

J'ai d'abord traversé toute la ville dans un bus local avant d'atteindre la plus grande gare de bus d'Inde. Les chauffeurs de Madras roulent vraiment comme des malades: ils foncent et slaloment comme s'ils étaient au volant de smart en laissant la fuite comme seul choix aux autres usagers.

 

Tous les 500 m, je ne pouvais m'empêcher de me dire que cette fois-ci c'était la bonne.

 

Les bus sont toujours dans un état aussi incroyable: pas de porte, pas de vitre et le sol est en tôle. Quand il y a un trou, pas de problème: on refixe un morceau de tôle au-dessus, ce qui donne à certains endroits une jolie épaisseur et surtout qui fait un très joli bruit de métal car tout cela est fixé de manière très très très personnelle.

 

A l'arrêt de bus, je trouve le bon bus qui est quasi vide. Miracle? Non car après 500 m, deux vieilles montent dans le bus avec un chargement incroyable de fruits et de légumes entassés dans des sacs de jutes énormes. Tout est mis dans l'allée centrale qui est ainsi totalement obstruée.

 

La route jusqu'à Mahabalipuram longe la côte et on peut y voir 5 ou 6 campements de fortune pour les réfugiés du tsunami. Ces camps sont montés par les autorités indiennes, sauf deux d'entres eux qui sont l’œuvre d'ONG allemandes. Ces camps sont installés dans une espèce de no man's land entre la plage et la route, sans un mètre d'ombre.

 

L'été va être rude pour tous ces gens qui sont pour la plupart des pêcheurs rescapés.

 

A Mahabalipuram, un proprio hôtel m'aborde pendant que je cherche et comme ça semble correct, j'embarque sur sa moto. L’hôtel est sympa avec des chambres installées au premier étage ( on ne sait jamais) avec un petit jardin où poussent deux énormes cocotiers. Il y a aussi un petit resto en terrasse très agréable.

 

Première impression d'une toute petite ville très agréable avec une très jolie plage. Je compte y passer quelques jours.

 

Les traces du tsunami n'y sont plus trop visibles à l'exception du bord de la plage. En effet, quelques gesthouses par chères donnent directement sur la plage et ce sont elles et les maisons de pêcheurs situées à l'arrière qui ont vraiment morflé.

5 vagues successives ont déferlé ici et ont atteint la hauteur respectable de 8 mètres (selon les officiels) et de 15 mètres (selon les villageois). Je me suis arrêté dans un de ces guesthouses pour boire un coup (vu la chaleur) et les deux gérants sont venus discuter avec moi.

 

Il faut dire que tous les hôtels du village sont relativement peu occupés: souvent moins de la moitié des chambres ont un locataire et le plus souvent ce sont des francophones.

 

Les deux gars m'ont expliqué de manière saisissante ce qui est arrivé en me montrant les photos qu'ils ont prises directement après la catastrophe. Imaginez un petit hôtel, une dizaine de marches pour atteindre la réception et les logements des familles des gérants. Ensuite, deux volées d'escalier en terrasse pour arriver aux niveaux des 6 chambres des touristes et tout en haut, recouvert d'un toit de chaume, une agréable terrasse de resto.

 

En fait, de la-haut, ils ont clairement vu la vague arriver de très loin et c'est ainsi que tous ces petits guesthouses ont soit emmené tout le monde sur les toits ou fait fuir les gens vers l'intérieur des terres. Les deux premières vagues ont frappé et envahi l’hôtel à plus d'un mètre au 1er étage ( donc la vague devait bien faire 7-8 mètres) avec une violence inouïe.

 

Ils m'ont montré les photos prises ce jour là et c'est incroyable: au rez de chaussée, ils avaient un énorme ventilo dont les pales ont été tordues complètement par la violence des flots. Sur les photos, on voit que tous les bateaux qui étaient sur la plage ont été emmené soit vers le centre du village, soit ce sont écrasés contre les façades.

 

Quand on est sur place, c'est vraiment très impressionnant. Ces gens ont tout perdu: leurs propres affaires personnelles ainsi que la plupart des matelas et des choses qu'il y avait dans les chambres.

 

La seule chose qui les a fait rire, c'est qu'au bout de la plage, il y avait un hôtel de luxe (110 dollars la nuit) avec des baignoires qui ont toutes été arrachées et que les gens ont vu partir avec le reflux.

 

Pour le reste, vous pouvez imaginer l'état des lieux après le passage du tsunami: tout, mais vraiment tout était broyé en lambeaux et envahi par de la boue et du sable.

 

Les jours suivants, les hôteliers ont nettoyé avec l'aide des villageois et des touristes restés sur place alors que tous les pêcheurs s'étaient enfuis dans les collines et que les bus étaient pris d'assaut par des gens terrorisés.

 

Les photos prises le 26 décembre sont vraiment très explicites...

Très vite, les hôtels se sont organisés et on commence à réparer les dégâts et à repeindre le tout: c'était leur seule chance car il fallait être prêt à accueillir les touristes.

 

Du gouvernement indien, ils n'ont vu personne... jusqu'à la semaine dernière ou un officiel est venu, est resté 3 minutes dans chaque hôtel et est reparti en disant: " je vois qu'il n'y a pas de problème chez vous, tout est en ordre". Ces gens ne toucheront sans doute jamais rien et comme en plus les touristes sont rares, leur avenir immédiat est très sombre.

 

A l'arrière des hôtels, il y a des tas de pêcheurs, privés de travail qui restent là, le regard vide attendant on ne sait quoi. Ils ont quand même installé une sorte d'échoppes avec une urne pour les dons. Comme la plupart des touristes je crois, j'y ai laissé quelques euros.

 

Aujourd'hui, je me suis tranquillement baladé dans cette charmante cité et demain, je ferai la visite de plusieurs sites assez remarquables dont un temple installé à même le rivage.

 

Passez une bonne fin de journée et à très bientôt,

 

Tintin, reporter

 

 

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