ça sent la fin… - 23/01/2004 A 15h02

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Voyage maudit? Maudit voyage! - 28/01/2004 A 17h39

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18/09/2006

Le dernier - 26/01/2004 A 08h51

 
Il s'appelle Prveen et il est né en août 1965 à Delhi dans une famille originaire du Rajasthan.
Son père est décédé durant son enfance et il fut élevé par ses grands-parents et par ses oncles. Il ne va pas à l’école et ne sait ni lire, ni écrire.
 
A 18 ans, il tombe amoureux d'une jeune fille de 17 ans qui est surtout d'une caste inférieure à la sienne. Il désire l’épouser mais les deux familles s'y opposent farouchement.
Les deux tourtereaux décident finalement de se passer de l'accord de leurs familles et s'enfuient ensemble.
Ils sont pourchassés par les frères et les cousins de la jeune fille.
 
Apres une véritable chasse à l'homme, ils sont rattrapés à environ 200 kms de Delhi et Prveen est littéralement massacré par ses poursuivants. Deux énormes cicatrices lui barrent toujours le front. A moitié mort, il est alors livré à la police pour... kidnapping. Cela doit lui valoir une peine de 12 a 15 ans d'emprisonnement en Inde. Au bout de 6 mois, son frère réussit à verser un bakchich au directeur de la prison et à le faire libérer.
 
Courageusement, il retourne dans la famille de sa dulcinée pour essayer de les convaincre de les laisser se marier. La famille finit par l'autoriser à l’épouser à condition de verser une importante somme d'argent. Ils lui donnent 6 mois pour réunir cette somme.
 
Renié par sa famille, il quitte Delhi et travaille quasiment 24h/24 dans différents trafics plus ou moins légaux pour réunir la somme. Au bout de 6 mois, il revient pour apprendre qu'elle a été mariée de force 6 semaines après son départ à un homme plus âgé venu du sud du pays.
 
Pendant un an, il la cherche en vain et il décide alors d'attendre, en espérant qu'elle pourra s'enfuir pour le rejoindre. Deux ans passent, sans nouvelle.
 
Sa famille lui propose alors de se marier avec une femme qu'ils ont trouvée pour lui. Sans ressources et désespéré, il accepte. Il voit son épouse pour la première fois le jour du mariage... et il reste de longs mois sans aucun contact physique avec elle. Il finira par lui faire 5 enfants, mais il continue d'affirmer que sa femme, il ne l'a jamais aimée et qu'elle n'est rien pour lui.
 
Aujourd'hui, il travaille sans relâche, dans le but de gagner assez d'argent pour que ses enfants, une fois adultes, puissent se marier selon leurs choix, sans contrainte.
 
Lui, il n'est pas heureux et il sait qu'il ne le sera jamais. Seuls comptent pour lui les quatre lettres tatouées sur son avant-bras: ONJA, le nom de la femme qu'il n'a jamais cesse d'aimer.
 
Cette histoire est celle de celui qui fut mon chauffeur pendant 16 jours dans le Rajasthan. Il m'a raconté son histoire, un soir, sur le toit d'un hôtel à Jaisalmer alors que nous buvions quelques bières. Elle m'a ému et j'ai chaque jour une pensée pour lui qui se bat contre ces traditions qui nous paraissent tellement inimaginables à nous occidentaux. Et pourtant...
 
Là-dessus, je vous laisse et je vous donne rendez-vous a Bruxelles dès demain, en espérant que je ne gèle pas sur place. 10 heures d'avion avec l'airco, sans trous dans les routes, avec un siège confortable et même des repas servis? C'est vraiment hyper relax, non? En plus, mes douleurs dorsales deviennent vraiment supportables.
 
Toutes mes photos sont développées et je ne suis pas peu fier de celles de mon fameux bus de Khajuraho. Elles sont, disons,... éloquentes.
 
Bonne semaine a toutes et tous et merci de m'avoir suivi tout au long de ces deux mois de voyage. L'e-mail m'a souvent permis de briser une certaine solitude et même les nouvelles, quasi quotidiennes de Philippe, Mathilde et consorts par Monsieur Brabant m'ont vraiment aidé durant ce voyage.
 
A+
 
 
Michel
 
 

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