Bonne année - 03/01/2004 A 11h13

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Dabbah-wallahs - 12/01/2004 A 09h17

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14/09/2006

Kal Ho Naa Ho - 12/01/2004 A 09h06

 
Salut à tout le monde depuis Mumbay (ex-Bombay),
 
C'est sous une chaleur de plus en plus tropicale (normal, on descend vers le sud) que je vous écris ce soir. Ici tout va pour le mieux.
 
Quoi de neuf sous le soleil? Pas mal de choses. Je vous avais laissé en arrivant à Ahmedabad chez une copine allemande qui nous a hébergés pendant deux jours et qui nous a fait voir la cité de l’intérieur. Alors qu'au départ cette ville n'est vraiment pas touristique, j'y ai passé deux journées vraiment intéressantes. En fait, en se donnant la peine, il y a des tas de choses à voir et la simple visite des vieux quartiers est toute une aventure. La première chose qui frappe quand on arrive d'une cite balnéaire, c'est la misère ambiante. Partout des gens vivent et dorment le long des routes, sur les trottoirs ou dans les terrains vagues, dans le dénuement le plus total. Certaines familles s'installent sous des bâches, alors que d'autres dorment à même le trottoir sur des journaux. C'est d'autant plus choquant qu'il s'agit d'une ville universitaire réputée et que le campus affiche fièrement toute la richesse d'une partie de la population. Comme toujours ce contraste si difficile à accepter pour nous occidentaux.
 
Nous avons profité de notre arrêt là-bas pour aller au cinéma. Kal Ho Naa Ho, ça ne vous dit rien? Il s'agit pourtant du plus grand succès de l’année en Inde. Le cinéma ici, c'est comme le reste: étonnant. Tout d'abord il y a du bruit tout le temps dans la salle. Un portable sonne? Pas de problème: on répond et on discute... Les films indiens ont tous la même structure: c'est long (3h30 minimum), il y a un belle histoire d'amour et c'est entrecoupé de chansons et de chorégraphies. Coup de bol: les chansons ici sont celles qu'on entend partout et tout le temps. Pour le reste, même si le film est essentiellement en hindi, une partie des dialogues est en anglais et l'histoire est plutôt simple à comprendre. Pendant les extraits musicaux, les gens s'animent dans la salle, frappent dans les mains, chantent. C'est trop drôle. Finalement, c'est vraiment sympa. Seul bémol: pendant toute la fin du film (soit 1h10 quand même...), tout le monde pleure, de tristesse ou de joie, mais les larmes coulent à flots. Et comme la salle partage les émotions de l’écran, c'est assez étonnant.
 
Nous avons aussi visité l'ashram fondée par Gandhi qui y a vécu pendant plus de 25 ans en rentrant d'Afrique du sud. C'est pas vraiment la même ambiance: il y règne un recueillement incroyable et une vénération pour cette homme à peine imaginable pour nous. Nous avons quand même eu droit à une longue séance de photos ou nous avons dû poser avec des tas de gens à côté d'une photo du Mahatma. Finalement, on s'habitue.
 
Nous avons aussi été voir un marche tibétain et tous les étudiants qui nous accompagnaient nous ont amené dans un resto tibétain clandestin (connu de tous les universitaires...). Installé dans une sorte d’étable minuscule, nous avons mangé des momos et autres spécialités tibetaines excellentes malgré le côté, disons, très rustique du resto (on mange assis par terre et les plats sont déposés sur des planches à même le sol). C’était extra pour un prix très honnête: 50 cents par personne... boisson comprise.
 
Pour quitter Ahmedabad, ce fut plus sportif. Tout d'abord la gare où nous faisons à tour de rôle la file pour réserver nos tickets avant d'entendre que tout est full jusqu'au surlendemain. Pas de problème: direction la gare des bus en rickshaw. Problème: un gars s'impose dans notre véhicule en voulant à tout prix nous vendre des tickets pour Diu d'ou nous venons. Ca donne exactement ceci:
 
Lui: vous voulez un bus? Pas de problème, très bons bus pour Diu.
Moi: Non, on va à Daman. On vient de Diu.
Lui: OK OK pas de problème venez avec moi.
Moi: Daman?
Lui: Non, Diu. Bus de Luxe, très beaux bus.
 
Et comme ca pendant plus de 5 minutes. Finalement je profite d'un ralentissement pour sortir du rickshaw et empoigner le gars pour le foutre dehors. A la gare de bus, on tourne pendant 15 minutes avant de trouver le bon quai où nous attendons le bus qui arrive vers 14h00. Bus local of course. Seul problème : on n'avait pas pensé que le trajet vers Daman ( et non vers Diu si l'autre abruti lit ce mail) durait 12 heures...
 
On se retrouve donc dans un bus pourri sans rien avec nous. Heureusement le bus est a moitié rempli et des le premier arrêt, les indiens descendent et reviennent avec tout le ravitaillement nécessaire qu'ils nous offrent: j'ai donc la chance de goûter les spécialités locales, souvent excellentes et très épicées. Je goûte un truc qui arrache bien la gueule et la brave madame me fait comprendre que c'est encore meilleur avec la sauce qui pique aux yeux rien qu'en la regardant. Finalement le trajet est super et tout le bus est d'accord pour nous faire descendre à une station en cours de route car le bus ne passe évidemment pas par Daman et que la station normale, à 2h00 du mat' risque d’être déserte. On nous arrêté donc dans une sorte de gare fantôme ou 5 personnes descendent avec nous pour trouver quelqu'un sur place qui puisse nous faire monter dans le bon bus. On nous confie donc a un gars à moitié bourré qui toutes les 30 secondes nous dira: "ok" en montrant sa montre. Ca veut dire que le retard est encore acceptable. Avec nous dans la station des femmes et des enfants vivants dans les rues et qui attendent sur les banquettes. J’achète des biscuits que je distribue aux bouts de choux.
Le bus arrive et nous montons: premier choc, le chauffeur carbure à l'extasy local et ne tient pas en place. Il rentre et sort de sa cabine une dizaine de fois en trois minutes et ses yeux sont ceux d'un dément. Ca promet. Second choc: on va récupérer a quelques kilomètres les passagers d'un autre bus qui est en panne (je suis même pas surpris). Pas de chance, ce bus était bourré (comme notre chauffeur) et je me retrouve coincé avec mon sac a dos (20kgs) sur les genoux et un  indien particulièrement sale qui me colle. Un vrai bonheur.
 
Finalement à 3h00 du mat' on arrive enfin. Je nous trouve un hôtel que nous quittons après la première nuit car trop cher pour le service (et pour nos pauvres bourses de routards). On trouve un hôtel sympa pour 2 jours de repos à Daman, sur la côte du Gujarat, un peu au nord de Mumbay. C'est sympa, on y fait d'immenses ballades et la bouffe est bonne. Seul problème: ici, les plages servent a la fois de dépotoir et de toilettes. C'est vraiment immonde. Tous les égouts de la ville débouchent directement sur la plage... que nous évitons soigneusement. Première conséquence: c'est pas ici que je mangerai du poisson...
 
Après 2 jours, en route pour Mumbay. Même problème pour trouver un bus, mais la, on change de monture: on voyage en train IIe classe. C'est sympa malgré les banquettes en bois, mais comme ce n'est que pour 4 heures, c'est supportable. Dans le train, des tas de gens circulent essayant de vendre un peu de tout au point de vue nourriture et boisson. Moins drôle: des mendiants et des handicapés passent aussi. Ce qu'on voit est parfois terrible. Je donne une pièce à un gamin dont la peau est bouffée par la lèpre, la gale ou une autre maladie. Il pue tellement que je donnerais n'importe quoi pour qu'il se casse rapidement. Arrivée à Mumbay. A partir de l’entrée en ville, le train roule encore 1h00 avant d'arriver a une station ou nous utilisons une des trois lignes locales de train de la ville.
 
Ensuite, nous trouvons un hôtel pas mal et pas trop cher pour la ville mais nous constatons que la rue est ultra bruyante et surtout que la paroi entre les chambres ne va pas jusqu'au plafond... c'est super pour l’intimité.
 
On passe la soirée avec des gens qui étaient au réveillon à Diu avec nous et puis, visite de Mumbay.
 
Je vous raconterai la suite demain car il est 23h30 et que je suis mort crevé car la chaleur nous a empêché de bien dormir ces derniers jours...
 
Bonne nuit à tous et à demain (peut-être)
 
 
M.

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